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Comment bien vieillir après 50 ans ?

Comment bien vieillir après 50 ans ?

Qu’est-ce qui change quand on a 50 ans ? 

« On entend très souvent les personnes à 50 ans dire « j’ai du mal à récupérer », « je suis plus vite fatigué« , constate Aline Victor, conseillère en stratégie nutritionnelle. En effet, après 50 ans, l’organisme subit des changements physiques et hormonaux« . Dans les changements physiques, on peut citer le début de la perte musculaire et la baisse de l’acuité visuelle. « Ce sont les premiers signes qui doivent inciter à prendre soin de soi ». Des changements hormonaux, comme la ménopause chez les femmes, peuvent entrainer de la fatigue, du stress ou des tensions. « La ménopause est surtout responsable d’une prise de poids et de bouffées de chaleur mal acceptées par les femmes ».  A 50 ans, c’est aussi la période où les enfants quittent le nid. « Cet évènement est vecteur de modifications : une alimentation moins équilibrée ou un sentiment de solitude ».  

Quels sont les examens à faire après 50 ans ? 

Les bilans de santé sont nécessaires afin de prévenir l’apparition de certaines maladies. « C’est pourquoi il est recommandé de réaliser les examens de dépistage des cancers de la prostate pour messieurs, et du cancer du sein pour mesdames (mammographie), précise la coach. Sans oublier le dépistage du cancer colorectal (coloscopie). Bien évidemment il existe plusieurs bilans à réaliser tout au long de sa vie : bilan sanguin, visuel, de la peau, du cœur et enfin buccodentaire« . En complément, un test de densité osseuse peut aider à détecter les signes d’ostéoporose ou de perte osseuse, ce qui est courant avec l’avancée dans l’âge.

Quel sport faire après 50 ans ?

« On n’adapte pas le sport (on parle d’ailleurs d’activité physique, plutôt que de sport) à l’âge. C’est l‘activité physique que l’on adapte aux capacités de la personne. On connait des sportifs de 70 ans qui court toujours le marathon et à l’inverse des personnes de 50 ans qui détestent le sport et préfère leur canapé« , assure Aline Victor. A la cinquantaine, en période de péri ménopause, les femmes vont subir des chutes hormonales. « Cela peut engendrer des douleurs musculaires et tendineuses et une plus forte sensibilité à ces douleurs« , complète le Dr Victoria Tchaïkovski, médecin du sport. D’une manière générale, il n’y a pas d’âge pour pratiquer du sport, ni pour le commencer. « Si l’on veut commencer un sport, quel qu’il soit, à 50 ans, il est important de faire avant un bilan complet chez son généraliste (cardio, gynéco, densitométrie…) et de mettre en place une préparation physique entre 4 à 6 semaines. Objectif : gagner en masse musculaire afin d’éviter les blessures« . Selon le Dr Victoria Tchaïkovski, « aucun sport n’est interdit après 50 ans, si le patient bénéficie d’une bonne préparation physique et s’il reste raisonnable dans ses objectifs ».

Quelle alimentation après 50 ans ? 

A 50 ans, c’est l’âge de transition où il faut arriver à jongler entre une alimentation sans excès mais aussi sans carence. « L’apparition des premières maladies chroniques arrivent à 65 ans (hypertension, diabète, surpoids, MCV), insiste Aline Victor. Il est donc primordial d’avoir une bonne hygiène de vie en prévention dès 50 ans et même dès le plus jeune âge ». La règle de base dans une alimentation équilibré est de ne négliger aucun repas ni aucun groupe d’aliments. « Certains sont bien entendu à privilégier mais tous ont leur intérêt : protéines (animales ou végétales), céréales complètes et légumineuses, légumes, fruits, huiles végétales, oléagineux, produits laitiers (animaux ou végétaux), détaille Sarah Marin-Maire, diététicienne nutritionniste. Seule la catégorie des produits sucrés est non indispensable… si ce n’est le carreau de chocolat noir (minimum 85%) pour le plaisir ! » 

► Le petit déjeuner idéal devrait être composé d’une source céréalière complète : « du pain complet au levain (bio) si possible, poursuit la diététicienne. Tout simplement parce que plus un aliment est acide plus son indice glycémique (la vitesse à laquelle le sucre qu’il contient passe dans le sang) est bas !« . Ce qui signifie qu’un pain au levain maintiendra votre taux de sucre dans le sang stable bien plus longtemps qu’un pain à la levure. « Le pain blanc, les brioches ou encore les biscottes ont quant à eux ont un indice glycémique très élevé et risqueraient de vous pousser à grignoter dans la matinée« . Pour les adeptes, les flocons d’avoine complets ou encore les mueslis sans sucres ajoutés sont également une excellente source de glucides complexes à privilégier au petit déjeuner. « Des farines complètes ou semi-complètes peuvent également être utilisées pour faire des pancakes ou gaufres, sous leur version sucrée ou salée« . Il faut également intégrer une source de fibres, « que l’on peut combler avec un fruit frais : préférez-le entier, bio et de saison. Les jus de fruits sont à éviter ». Manger un produit laitier animal ou végétal est également possible mais non obligatoire : un yaourt animal ou végétal, un fromage blanc, du fromage ou fauxmage (fromage végétal), du lait animal ou végétal… « Veillez à bien les choisir natures : vous pourrez les aromatiser vous-même, sans sucre ajouté/additifs… L’idéal est de choisir vos produits laitiers BIO ». Et pour finir une portion d’oléagineux sous forme entière ou de purée : noix, noisettes, cacahuètes, noix de pécan, pistaches, amandes, purée d’amande complète, purée de noisettes, purée de cacahuètes… « Les oléagineux sont des sources très intéressantes d’acides gras essentiels (ceux que l’on ne retrouve que dans l’alimentation donc capitaux), ils contiennent 60% de lipides« . Ils sont également très riches en protéines et en fibres. « Ils sont également riches en magnésium, en calcium, en fer notamment, éléments dont nous avons (encore plus) besoin à partir de 50 ans« . La dernière catégorie importante pour le petit déjeuner est la boisson : « autant que de manger, se réhydrater le matin est très important. Privilégiez l’eau (pourquoi pas citronnée pour les adeptes) ou alors une tisane ou un rooibos« . Le thé et le café sont à limiter car ils sont des facteurs limitants de l’absorption calcium.  Ils favorisent l’élimination du calcium dans les urines et son absorption est diminuée (il en est de même pour le sel).

► « Lors du déjeuner et du dîner il sera important de veiller à consommer tous les groupes d’aliments, comme au petit déjeuner : une source de féculents complets (des pâtes, du pain, du quinoa, des légumineuses, du petit épeautre, du boulgour, des pommes de terre, des patates douce…), une source de fibres, vitamines et minéraux avec des légumes (bios et de saison de préférence pour toutes les qualités que nous leur connaissons), une source de protéines animales ou végétales pour prévenir et lutter contre la sarcopénie (fonte musculaire) liée à l’âge, une portion d’huile végétale et un produit laitier ou un fruit en dessert« . N’hésitez pas à terminer votre repas avec 1 ou 2 beau(x) carreau(x) de chocolat noir riche en cacao (85% de cacao minimum idéalement).

► « Il est un repas important dans la journée que nous oublions souvent et qui pourtant est essentiel : la collation« . Elle peut être simplement composée d’un fruit et d’une poignée d’oléagineux. « Ainsi, vous serez à l’aise pour patienter jusqu’au dîner sans fringale et bénéficierez de tous les bienfaits de ces aliments. Par ailleurs, la collation participe à la régulation de la glycémie, et facilite la digestion : mise en place d’un fractionnement de l’alimentation différent : de plus petits repas, mais plus nombreux« .
L’âge et la ménopause aidants, on entend souvent dire qu’il faut consommer plus de calcium et donc plus de produits laitiers pour préserver son capital osseux et éviter l’ostéoporose. « Mais il existe bien des alternatives à cette recommandation, si vous ne souhaitez pas consommer de produits laitiers ou diminuer votre consommation ». Par exemple, on peut également privilégier :

  • Des eaux riches en calcium comme l’Hépar, la Courmayeur ou la Salvetat pour protéger le capital osseux.
  • Les légumes verts à feuilles sont les plus riches en calcium : le poireau, le chou frisé, les épinards, la roquette, le cresson en sont de bons exemples.
  • Les légumineuses, pour varier vos sources de féculents sont également d’excellentes sources de calcium : haricots blancs, graines de lupin, haricots mungo, fèves et pois chiches seront vos meilleurs alliés.
  • Les oléagineux de votre petit déjeuner et votre collation en regorgent également : les amandes, les noix du brésil, les noisettes ou les graines de sésame.

Quels conseils pour prévenir les maladies après 50 ans ?

Voici quelques conseils pour prévenir les maladies après 50 ans :
Maintenez une alimentation saine et équilibrée. « En cas de diabète, un simple rééquilibrage alimentaire associé à la pratique d’une activité physique adaptée suffit très souvent à stabiliser la glycémie« , reprend Aline Victor. Manger correctement et suffisamment à chaque repas. 

Restez actif : L’exercice régulier peut aider à maintenir un poids santé, réduire le risque de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, le diabète et l’ostéoporose, et améliorer la qualité de vie.

► Faites des examens de santé régulièrement.

Évitez le tabac et l’alcool : Le tabac augmente le risque de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, le cancer et les maladies pulmonaires.

Limitez votre consommation d’alcool : La consommation excessive d’alcool peut augmenter le risque de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, les maladies du foie et certains cancers.

Surveillez votre tension artérielle et votre taux de cholestérol. La consommation excessive de sel peut favoriser l’hypertension. « En France, la consommation de sel est de 8 à 12g / jour où elle devrait être de 5 à 6g, constate Aline Victor. Les plats cuisinés industriels, les charcuteries, le fromage, le pain, les biscuits apéritifs, les conserves sont des produits très riches en sel. Si votre alimentation est riche de ces produits et que vous avez tendance à resaler tous vos plats, il est fort probable que vous mangiez trop de sel ».  

Merci à Sarah Marin-Maire, diététicienne nutritionniste et co-fondatrice de Make Me Healthy, au Dr Victoria Tchaïkovski, médecin du sport à la Clinique Drouot (Paris 9ème) et experte Compex, et à Aline Victor, conseillère en stratégie nutritionnelle et cheffe de projet Nutrition pour Nutrisens. 


Source : JDF Santé

Dysmorphophobie : visage, corps, comment s'en sortir ?

Dysmorphophobie : visage, corps, comment s'en sortir ?

Définition : qu’est-ce que la dysmorphophobie ?

Trouble psychique de plus en plus répandu, la dysmorphophobie impacte environ 2% de la population mondiale, principalement des femmes. « Le sujet souffre d’une vision déformée de lui-même, en total désaccord avec la réalité, explique Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste et psychothérapeute. La personne pourra par exemple s’imaginer en surpoids et être en réalité maigre. Dans la plupart des cas, l’image que l’individu s’est construite est émotionnelle et ne découle en aucun cas d’un raisonnement lucide vis-à -vis de sa propre personne« . Le plus souvent, le défaut ou la légère imperfection se trouve sur la tête ou le visage. Mais n’importe quelle partie du corps peut être le focus d’attention. Souvent ces préoccupations quant à l’image corporelle débutent lors de l’adolescence. 

Comment reconnaître une personne qui souffre de dysmorphophobie ? 

Un sujet atteint de dysmorphophobie est obsédé par un défaut physique dont il va exagérer la plupart du temps l’importance : un nez trop imposant, des seins trop petits ou encore des cuisses trop larges. « La souffrance quotidienne éprouvée face à ce défaut est si importante que beaucoup feront tout et n’importe quoi pour l’effacer, jusqu’à parfois risquer leur propre intégrité physique« , poursuit le thérapeute. « Les femmes anorexiques souffrent majoritairement de ce trouble psychiatrique et s’imaginent toujours plus « grosses » qu’elles ne le sont vraiment. Les personnes accros aux interventions de chirurgie esthétique vont jusqu’à remodeler leur propre identité (changement de couleur des yeux par exemple) et elles sont de plus en plus nombreuses« . Le stress lié à la dysmorphophobie peut être très grave et entraîner des conséquences au niveau des activités quotidiennes, de tâches liées à son emploi, lors de situations sociales. Il peut également mener à des pensées suicidaires et des tentatives de suicide. 

Quelles sont les causes d’une dysmorphophobie ? 

La plupart des personnes éprouvent un mal être important vis à vis de leur propre image, souffrent d’un grand manque de confiance en elles et sont émotionnellement très fragiles. « Les réseaux sociaux ont d’ailleurs augmenté l’impact de ce trouble, notamment à cause de l’existence du « filtre« , enjolivant la réalité… ».

Y a-t-il un test pour savoir si on souffre de dysmorphophobie ? 

« Il existe bien un examen clinique pour diagnostiquer ce trouble, confirme notre interlocuteur. Il s’agira de mesurer l’importance des symptômes dans la vie du sujet, leur fréquence et leur durée« . 

Traitement : comment se sortir de la dysmorphophobie ?

Rencontrer un psychothérapeute est indispensable si l’on souhaite vaincre ce trouble de plus en plus répandu. « Comme la plupart des patients, le sujet voudra vaincre la dysmorphophobie le plus rapidement possible mais il faudra du temps pour apprivoiser le problème et changer progressivement le regard qu’il porte sur lui-même, analyse Rodolphe Oppenheimer. Perdre ou prendre du poids, remodeler un détail sur son visage, changer ce qui n’allait pas. Ce ne sera pas suffisant. C’est tout un processus d’acceptation psychologique qu’il faudra mettre en place par la suite ! ». La psychothérapie comme la psychanalyse sont conseillées dans le traitement de ce trouble car elles permettent aux personnes de remodeler leurs perceptions vis à vis de leurs propres corps et émotions.  « Enfin, la psychothérapie cognitive-comportementale (TCC) est grandement conseillée pour redéfinir les croyances envers son apparence physique. Au travers d’une exposition graduelle et mesurée, le sujet apprend à se voir différemment et à accepter certaines de ses particularités jusqu’à éprouver de la bienveillance envers sa propre image« . 

Merci à Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute, psychanalyste et enseignant en TCC à Clichy (92), auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, « La psychothérapie par téléphone », aux Editions Odile Jacob.


Source : JDF Santé

Traitement du cancer : chimio, hormono, radiothérapie…

Traitement du cancer : chimio, hormono, radiothérapie…

Liste des traitements contre le cancer

Le cancer est un terme générique qui regroupe plusieurs sous-groupes en fonction du type de tissu touché. Comme, par exemple : 

  • les carcinomes : les cancers se développent dans les tissus qui entourent les organes ou dans les cellules d’une glande, de son revêtement ou d’une muqueuse
  • les sarcomes : ces cancers touchent les tissus de supports, les os, la graisse, les muscles
  • les cancers hématopoïétique : les lymphomes – les cancers touchent les organes lymphoïdes – et les leucémies – les cancers touchent le sang
  • les tumeurs embryonnaires (chez l’enfant)
  • les tumeurs cérébrales

Les différents types de traitement actuellement à disposition sont :

  • la chirurgie
  • la radiothérapie
  • la chimiothérapie
  • l’immunothérapie
  • l’hormonothérapie
  • la thérapie ciblée

Comment est choisi un traitement contre le cancer ?

Plusieurs critères sont pris en compte par les cliniciens avant de choisir un traitement plutôt qu’un autre :

  • Le type (quel organe est touché) et le sous-type de cancer (petites cellules, grandes cellules, adénocarcinome, carcinome épidermoïde,…)  
  • Le stade de la maladie : le cancer est-il localisé, localement avancé ou métastatique ?  
  • L’état général du patient : « il s’agira d’évaluer la toxicité prévisible des traitements en fonction du profil du patient afin que l’on puisse adapter notre projet thérapeutique« . 

« Par exemple, lorsque le cancer est localisé, si l’état général du patient le permet, on utilise habituellement des traitements plus agressifs pour essayer de détruire définitivement la tumeur. Pour une maladie métastatique, le but est de contenir la progression du cancer le plus longtemps possible, avec des traitements au long cours que le patient doit pouvoir supporter sur le long terme sans que cela n’affecte trop sa qualité de vie. Si le patient est trop fragile, on utilise des traitements « allégés » adaptés à chaque personne« , illustre le Dr Pernelle Lavaud, oncologue médicale au centre de lutte contre le cancer Gustave-Roussy. « Lymphomes, leucémies, tumeurs localisées… on guérit les enfants aujourd’hui dans la majorité des cas, mais il faut pouvoir bien vivre ensuite. Le challenge actuellement, c’est d’opter pour les traitements qui laisseront le moins de séquelles possibles, notamment à l’âge adulte. Un enfant est un être en développement : ses organes et son système immunitaire sont immatures. On réfléchit donc en termes de séquelles, essentiellement pour la chimiothérapie, très toxique, et la radiothérapie, qui présente une grande toxicité cardiaque chez les jeunes enfants » indique le Dr Véronique Minard, oncologue pédiatrique à Gustave Roussy.

La chirurgie n’est pas envisageable dans tous les cancers

Combien de temps dure un traitement contre le cancer ?  

Cela dépend de plusieurs paramètres, notamment du stade de la maladie, du type de traitement et de la réponse au traitement. « Par exemple en phase métastatique, pour les thérapies ciblées, on continue tant que le traitement marche. Pour l’immunothérapie, un arrêt du traitement sera proposé  au bout de deux ans. Pour la chimiothérapie, plus toxique, elle dure généralement 4 à 6 mois avant une pause. Un protocole allégé pourra aussi être mis en place« , note le Dr Pernelle Lavaud. Un traitement par radiothérapie ne durera habituellement pas plus de 8 semaines, cela pourra être plus court. Elle ajoute : « on utilise parfois la chimiothérapie avant ou après la chirurgie, pour faire diminuer en taille la tumeur ou pour s’assurer qu’aucune cellule cancéreuse ne pourra s’installer ailleurs. Dans ce cas, cela ne dure généralement pas plus de trois à 4 mois ».

Quand opère-t-on ou pas un cancer ?

On opère les tumeurs cancéreuses solides dès que c’est possible et qu’elles sont accessibles. « Quand la tumeur est opérable, on la retire lors d’une intervention chirurgicale. On peut décider ensuite  de prescrire ou non un traitement adjuvant, comme la chimiothérapie« , précise le Dr Pernelle Lavaud. La chirurgie n’est pas envisageable dans tous les cancers, comme par exemple contre les lymphomes et les cancers du sang.

Quand propose-t-on la radiothérapie ?

« La radiothérapie consiste à délivrer localement des rayons, ou radiations ionisantes, qui provoquent des dégâts majeurs au niveau de l’ADN. Comme les cellules cancéreuses ne parviennent pas à réparer ces lésions aussi bien que les cellules saines, elles ne peuvent plus se multiplier et/ou meurent« , explique l’Institut Curie sur son site Internet. La radiothérapie peut être utilisée dans un but :  
Curatif : « On l’utilise dans ce cas à forte dose, par exemple chez une patiente avec un cancer du sein, ou contre un cancer du poumon quand la tumeur n’est pas opérable. Le but est alors la guérison du patient« , précise l’oncologue.
► Palliatif : « il s’agit alors de soulager le patient dans le cas de métastases osseuses par exemple. On prend dans ce cas en charge les symptômes de la maladie« , ajoute-t-elle.

Quand propose-t-on la chimiothérapie ?

La chimiothérapie est un traitement systémique, administré par voie veineuse ou orale. Il s’agit de substances chimiques, des médicaments qui passent par le sang, et qui visent à éliminer les cellules cancéreuses, quelle que soit leur localisation dans le corps. « Elle peut être administrée avant chirurgie ou radiothérapie pour diminuer la taille de la tumeur, ou après afin de s’assurer qu’aucune cellule tumorale ne reste dans le corps. Elle atteint également les métastases (multiplications de cellules cancéreuses à distance du site primaire de la tumeur, ndlr). La chimiothérapie utilise des produits toxiques qui tuent les cellules tumorales mais aussi des « bonnes » cellules, d’où les effets secondaires connus de la chimiothérapie comme la perte de cheveux, les troubles digestifs…)« , précise le Dr. Lavaud.

Quand propose-t-on une thérapie ciblée ?

Il est aujourd’hui possible de réaliser un profilage moléculaire des cellules tumorales. On étudie leur ADN et leur ARN à la recherche de mutations ou autres anomalies qui pourront être prises pour cibles thérapeutiques. « On dispose pour certaines de ces mutations de thérapies ciblées (par voie veineuse ou en comprimé) qui reconnaissent les cellules cancéreuses mutées et les ciblent spécifiquement« , explique la spécialiste. A ce jour, il n’y a pas de thérapie ciblée à disposition pour l’ensemble des mutations des tumeurs. La possibilité de ce type de thérapie dépendra donc de la mutation. « C’est une révolution, notamment dans le traitement du fibrosarcome, un cancer qui touche les muscles, chez le petit enfant. Dans 90% des cas, on obtient une réponse à la thérapie ciblée« , ajoute Véronique Minard.

Quand envisager l’hormonothérapie ?

L’hormonothérapie fait également partie des traitements systémiques. Elle est utilisée contre les cancers hormonodépendants, des tumeurs qui se nourrissent des hormones pour se développer. Ces cancers concernent essentiellement des cancers du sein chez la femme et des cancers de la prostate chez l’homme. Le traitement bloque l’hormone pour arrêter de nourrir le cancer et l’empêcher de se développer.

Quand envisager l’immunothérapie ?

Cette fois, il ne s’agit pas de s’attaquer directement aux cellules tumorales mais de booster le système immunitaire du patient pour que celui-ci soit capable de cibler la tumeur. « Les cellules tumorales endorment le système immunitaire qui ne parvient pas à les reconnaître. Le but de l’immunothérapie est de le réveiller pour que ce soit les lymphocytes qui aillent tuer les cellules cancéreuses, comme il le ferait pour une bactérie par exemple« , illustre Pernelle Lavaud. « Chez l’enfant, dont le système immunitaire est encore très immature, les chiffres concernant la réussite de traitements basés sur l’immunothérapie sont mauvais. Ils fonctionnent dans seulement 5% des cas« , ajoute Véronique Minard.

Des traitements naturels peuvent-ils accompagner le malade ?

« Ce qui nous importe surtout, c’est qu’il n’y ait pas d’interaction médicamenteuse avec le traitement du patient, en termes de toxicité et d’efficacité. Par exemple, on sait que des antioxydants vendus en pharmacie peuvent protéger les bonnes cellules mais aussi les mauvaises, ce qui est donc contre-productif, d’autant plus qu’il peut y avoir des interactions avec nos traitements. Si le patient y tient, on demande tous les composants et on voit avec notre pharmacien s’il peut prendre ce traitement naturel« , tranche Pernelle Lavaud. Certains produits naturels peuvent toutefois soulager les symptômes du patient. « Les médicaments dérivés du cannabis peuvent par exemple diminuer les nausées chez certains patients, des infusions ou autres peuvent aussi agir sur tel ou tel symptôme. Il n’y pas d’interdiction stricte mais il faut que tout cela soit bien connu et encadré par l’équipe soignante« , poursuit notre experte.

Quels traitements en cas de cancer métastatique ?

« Un cancer métastatique ne s’opère habituellement pas : le but des traitements ne sera plus de guérir mais de retarder le plus longtemps possible la progression de la maladie. Le patient devra garder un traitement toute sa vie. On ne peut donc pas avoir recours à des traitements trop agressifs qui l’épuiseront rapidement et ne lui permettront plus de supporter d’autres traitements par la suite. Il se verra prescrire des traitements moins agressifs pour ralentir la maladie et maintenir la meilleure qualité de vie possible« , note la clinicienne. L’équipe soignante aura alors recours à un traitement systémique pour traiter l’ensemble du corps et détruire les cellules qui se sont détachées de la tumeur, circulent dans le sang et provoquent des métastases.

Quels traitements en cas de rechute du cancer ?

La reprise d’un traitement déjà essayé ou l’introduction d’un nouveau traitement peuvent être proposés. « Si la période sans récidive a été longue alors on peut parfois avoir recours au même traitement parce qu’il avait fonctionné un certain temps. Si, inversement, on a eu de bons résultats seulement sur peu de temps, cela ne sert habituellement à rien de réessayer le même traitement, on se doute que le traitement ne fonctionnera pas. On choisit donc au cas par cas, en fonction de la sensibilité initiale aux traitements et selon les différentes molécules disponibles« , répond le Dr Pernelle Lavaud.

Plus le cancer est diagnostiqué tôt, plus le patient a de chances de guérir

Quels traitements ou médicaments en phase terminale ?

« On décide d’arrêter les traitements en fonction de deux critères : existe-t-il un traitement potentiellement efficace qu’on n’a pas encore essayé ? Et si oui, le patient pourra-t-il supporter ce traitement ? Si on répond non à l’une ou l’autre de ces questions, les traitements proposés seront uniquement à visée symptômatique« . Il s’agira alors de soulager le patient, de maintenir le plus possible sa qualité de vie et son confort via la prise en charge des douleurs, des symptômes respiratoires, des symptômes psychologiques…

Quelle est l’efficacité des traitements du cancer ?

Plus le cancer est diagnostiqué tôt, quand il est encore localisé, plus le patient a de chances de guérir. Cela dépendra aussi de la chimiosensibilité du cancer : « Certaines tumeurs sont très sensibles à la chimiothérapie, comme les cancers du sang ou les cancers des testicules, d’autres beaucoup moins, comme les cancers du pancréas, par exemple« .  Il n’est jamais possible de prédire de manière certaine qui répondra favorablement ou non aux traitements, ni sur combien de temps.

Merci aux Dr Pernelle Lavaud et Véronique Minard, oncologues, pour leur expertise.


Source : JDF Santé

TasP (VIH) : c'est quoi, quand le prendre ?

TasP (VIH) : c'est quoi, quand le prendre ?

Définition : qu’est-ce que le TasP ? 

Le TasP est une stratégie de prévention pour réduire la transmission du VIH, en particulier dans les couples hétérosexuels. « TasP (Treatment as Prevention) ou traitement antirétroviral comme prévention, signifie qu’une personne séropositive pour le VIH qui a une charge virale indétectable depuis 6 mois sous traitement efficace et qui est observante de son traitement et du suivi médical ne transmet plus le virus« , explique le Dr Charlotte Methorst, urologue. « VIH indétectable = zéro transmission« .

Quelles sont les indications du TasP ? 

« La mise sous traitement antirétroviral précoce permet une meilleure réponse immunitaire pour la personne concernée, lui assurant une meilleure qualité de vie sur le long terme, poursuit la spécialiste. Elle représente également au niveau individuel et collectif un des moyens de prévention les plus efficaces« . « Plusieurs études et modélisations affirment que si toutes les personnes séropositives étaient dépistées et traitées, on assisterait à la fin de la transmission du VIH d’ici à 2050« . Le TasP n’est pas recommandé pour toutes les personnes atteintes de VIH, mais uniquement pour celles qui présentent une certaine charge virale.

Quand prendre le TasP ? 

Il est recommandé de démarrer le traitement antirétroviral (TAR) dès que le diagnostic de VIH est confirmé. « En effet, le traitement précoce permet de maintenir une charge virale indétectable, de préserver le système immunitaire et de réduire les risques de transmission du VIH« , souligne le médecin. 

Quelle différence avec la PrEP ? 

La PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) est une autre stratégie de prévention du VIH qui consiste à donner des médicaments antirétroviraux (ARV) à des personnes qui ne sont pas infectées par le VIH pour réduire leur risque d’infection. Alors que le TasP est utilisé pour réduire le risque de transmission du VIH chez les personnes déjà infectées par le VIH. « En éliminant les risques de transmission lorsque les personnes séropositives sont sous traitement et ont une charge virale indétectable depuis au moins six mois, les ARV deviennent aussi un moyen de prévention efficace, assure l’urologue. Ils complètent ainsi l’offre de prévention déjà existante avec les outils de réduction des risques que sont le préservatif, le TPE, le dépistage et la PrEP« . En 2008, le Dr Bernard Hirschel déclare que les personnes séropositives traitées ayant une charge virale indétectable ne peuvent plus transmettre le virus VIH. « En 2009, le rapport Lert-Pialloux souligne le rôle préventif des traitements antirétroviraux. En 2011, l’étude HPTN 052 démontre, chez des couples sérodifférents majoritairement hétérosexuels, une réduction de la transmission du VIH de 96% lorsque la personne séropositive est sous traitement antirétroviral. Les études Partner 1 (2014) auprès des couples principalement hétérosexuels et sérodifférents, et Partner 2 (2018), confirment un taux de transmission du VIH égal à zéro avec la prise d’ARV, en l’absence de tout autre moyen de prévention (préservatif, PrEP, TPE) ».

Comment se faire prescrire le TasP ? 

« Pour se faire prescrire le TasP (Treatment as Prevention), il est recommandé de consulter un médecin spécialiste en maladies infectieuses ou en VIH, préconise le Dr Methorst. Il/elle pourra faire un bilan de santé et prescrire un traitement antirétroviral (TAR) si cela s’avère nécessaire ». Il est important de noter que le TasP n’est pas recommandé pour toutes les personnes atteintes de VIH, mais uniquement pour celles qui présentent une certaine charge virale, une certaine CD4 ou des facteurs de risque de morbidité ou de mortalité liées au VIH. « Il est également recommandé de suivre régulièrement un suivi médical et de faire des contrôles de charge virale et de CD4 pour s’assurer que le traitement est efficace et pour détecter tout éventuel développement de résistance aux médicaments« .

Quels sont les effets secondaires du TasP ? 

« Le TasP (Treatment as Prevention) est généralement bien toléré, mais il peut causer certains effets secondaires généralement mineurs« , reconnait le Dr Methorst. Parmi eux :

  • Des nausées, des vomissements, de la diarrhée ou des douleurs abdominales
  • Des maux de tête, des étourdissements ou des vertiges
  • Des troubles du sommeil ou de l’humeur
  • De la fatigue ou de la léthargie
  • Des douleurs musculaires ou articulaires
  • Des éruptions cutanées ou des démangeaisons
  • Des changements de poids ou de la graisse corporelle

Le TasP est remboursé à 100% par la Sécurité sociale

Quelles sont les contre-indications du TasP ? 

« Il n’y a pas de contre-indications absolues pour le TasP (Treatment as Prevention), cependant certaines personnes ne peuvent pas être traitées avec certains médicaments antirétroviraux en raison d’autres conditions de santé ou d’interactions médicamenteuses« , insiste notre interlocutrice. Les contre-indications les plus courantes incluent :

  • Les allergies aux médicaments antirétroviraux
  • Les maladies hépatiques sévères
  • Les maladies rénales sévères
  • Les grossesses ou les femmes qui allaitent
  • Les interactions médicamenteuses avec d’autres médicaments que vous prenez

Il est important de discuter avec son médecin de toutes les conditions de santé et des médicaments que vous prenez avant de commencer le traitement antirétroviral. 

Quel est le prix du TasP ? 

« En France, le traitement antirétroviral pour les personnes atteintes du VIH est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie« , confirme l’urologue. Cela signifie que le traitement est entièrement gratuit pour les patients, sans aucun frais à leur charge.

Est-ce remboursé ?

En France, le TasP est remboursé à 100% par la Sécurité sociale pour les personnes atteintes de VIH. 

Merci au Dr Charlotte Methorst, urologue au Centre Hospitalier Intercommunal des Quatre Villes de Saint Cloud (92). 


Source : JDF Santé

Aspergillose : transmission, symptômes, en guérir

Aspergillose : transmission, symptômes, en guérir

Définition : qu’est ce qu’une aspergillose ?

L’aspergillose est une infection due à la prolifération de champignons de type Aspergillus. Les aspergillus sont très présents dans l’air sous forme de spores. « L’aspergillose bronchopulmonaire allergique, plus fréquent chez les patients atteints de mucoviscidose, se présente comme un asthme résistant aux traitements habituels, explique le Dr. Jean-Philippe Santoni, pneumologue. L’aspergillose invasive est une urgence médicale et touche les sujets immunodéprimés, en particulier les patients qui ont subi une greffe de moelle, les patients soumis à un traitement immunosuppresseur à la suite d’une greffe d’organe, les patients hospitalisés en réanimation en particulier pour une grippe grave ou une infection par COVID-19″.

A quoi est due une aspergillose ?

Champignon Aspergillus
Champignon Aspergillus © drmicrobe-123RF

Dans 80% des cas, cette affection est due à l’espèce Aspergillus fumigatus. Mais d’autres souches, comme l’Aspergillus niger, l’Aspergillus nidulas ou l’Aspergillus versicolor, peuvent également être en cause. Le type Aspergillus regroupe plus de 300 espèces de champignons différents. Ils prolifèrent dans les sols humides et se retrouvent ensuite dans l’air. C’est là qu’ils peuvent contaminer l’Homme. 

Comment se transmet l’Aspergillus ?

Dans la plupart des cas, le système immunitaire permet de combattre l’affection. Mais si les muqueuses respiratoires sont altérées ou le système immunitaire affaibli, le risque de développer la maladie est plus grand. C’est notamment le cas chez les personnes atteintes d’asthme, de mucoviscidose, d’antécédents de sarcoïdose ou de tuberculose, de traitement anticancéreux, de transplantation d’organes… 

L’aspergillose est-elle contagieuse ?

Non, car la contamination se fait essentiellement par inhalation de spores. C’est une infection fongique qui ne se transmet pas d’une personne à une autre.

Quels sont les symptômes d’une aspergillose ?

L’aspergillose broncho-pulmonaire est la forme la plus fréquente chez l’homme. Elle est responsable de difficultés respiratoires, de toux, de sifflements et de crachats de sang. Elle touche parfois la peau, entrainant des rougeurs et autres boutons. « Parfois, l’infection peut s’accompagner de fièvre, de douleurs thoraciques, hémoptysies, de fatigue importante et entrainer une perte de poids, en particulier dans les formes invasives« , précise le Dr. Santoni.

Quels sont les examens pour dépister une aspergillose ?

Le diagnostic s’appuie sur un examen clinique, complété par une analyse biologique du sérum (sérologie) après prise de sang, et des cultures de sécrétions bronchiques pour recherche de champignons. « Une radiographie ou un scanner thoracique, plus précis, sont utiles pour les patients à risques« , ajoute le pneumologue.

Quel est le traitement pour soigner une aspergillose ?

Il repose sur la prise de traitements anti-mycosiques. Cependant, certains types d’Aspergillus ne répondent pas bien aux traitements, et nécessitent une association médicamenteuse pour en venir à bout. En parallèle, pour améliorer la respiration, la prise de corticoïdes en pulvérisation ou par voie orale. « En revanche, le traitement d’une aspergillose invasive est une urgence qui doit être initiée en milieu hospitalier« , prévient le Dr. Santoni.

Existe-t-il un vaccin contre l’aspergillose ?

Des recherches sont en cours, mais pour le moment, aucun vaccin n’existe contre cette infection fongique.

Peut-on guérir d’une aspergillose ?

Oui, il est possible de guérir de cette infection. Mais parfois, le traitement médicamenteux ne suffit pas : pour éviter des complications (notamment une hémorragie intra-bronchique), un traitement chirurgical peut être envisagé afin de retirer l’aspergillome (« boule » de champignons) présent.

Merci au Dr. Jean-Philippe Santoni, pneumologue et membre de la Fondation du Souffle.


Source : JDF Santé

Médicament de substitution : c'est quoi, pour arrêter la drogue ?

Médicament de substitution : c'est quoi, pour arrêter la drogue ?

L’humoriste Pierre Palmade, impliqué dans un grave accident de la route le 10 février 2023, « était positif à la cocaïne et aux médicaments de substitution » rapportent nos confrères du Parisien, faisant visiblement référence aux traitements de substitution aux opiacés (morphine, héroïne par exemple) prescrits pour soigner la dépendance d’un patient. Quels sont les médicaments de substitution autorisés en France ? La méthadone ? Quels sont leurs indications et effets secondaires ? Y-a-t-il des risques à les prendre en même temps que des drogues ? Réponses avec le Dr Margaux Kosim, addictologue.

C’est quoi des médicaments de substitution ?

Quand on parle des « médicaments de substitution » c’est généralement pour désigner les traitements de substitution aux opiacés (TSO). Les opiacés étant les dérivés de l’opium qui provient du pavot : héroïne, morphine, codéine… Ces traitements ont un mécanisme d’action similaire à celui de la drogue dont est dépendant le patient. « Ces médicaments (la buprénorphine et la méthadone) sont également des opiacés, leurs molécules ont le même mécanisme d’action que l’héroïne par exemple en se fixant sur les mêmes récepteurs » indique le Dr Margaux Kosim, addictologue. « En traitement chronique, ils font partie d’une prise en charge globale dont l’objectif est la fin de la dépendance et de la consommation de drogue. Ils se présentent sous la forme de sirop, comprimé ou injection administrés quotidiennement. Nous avons également à disposition en France un traitement de substitution dont l’action se prolonge sur un mois » ajoute l’addictologue.

Dans quels cas sont indiqués les médicaments de substitution ?

« Les médicaments de substitution sont prescrits par un médecin dès lors que le patient souhaite une prise en charge pour arrêter toute consommation de drogues, pour reprendre sa vie en main et être réhabilité dans la société » souligne notre interlocutrice. Ils accompagnent l’arrêt de la prise d’opiacés. « Parfois, certains patients sous traitement de substitution consomment en parallèle de la drogue. C’est pourquoi la prise en charge médicamenteuse est indiquée en complément d’un travail psychothérapeute tournée vers la stabilisation du patient » précise le Dr Kosim.

Flacon de méthadone
Flacon de méthadone © Bernard Chantal – stock.adobe.co

Quel est le rôle des médicaments de substitution ?

Les médicaments de substitution visent à prévenir les symptômes du manque et ses effets secondaires tels que le delirium tremens. On commence par de fortes doses qui sont ensuite adaptées selon les symptômes. « Les médicaments occupent les récepteurs opioïdes et grâce à cette occupation, le patient n’aura pas l’envie irrépressible, ce que l’on appelle le « craving » de recherche de drogue et de l’effet de celle-ci, développe l’experte. L’héroïne a eu une durée d’action très courte (effet « flash »), la personne addicte en ressent le besoin plusieurs fois dans la journée. Les médicaments ont une durée d’action plus longue qui couvre toute la journée, et ne nécessite qu’une prise quotidienne (voire mensuelle). Ainsi, le traitement stabilise la personne, stoppe le mésusage de l’opiacé ainsi que toutes les conséquences dans la vie du patient« .

Quels sont les médicaments de substitution aux opiacés autorisés en France ?

Il existe 2 médicaments de substitution aux drogues en France :

  • la buprénorphine (comprimé ou injection sous cutanée pour une libération prolongée)
  • la méthadone (sirop ou comprimé)

Quelle est la durée du traitement de substitution ?

La prise d’un traitement de substitution aux opiacés est d’abord initiée par le patient. « La dépendance aux opiacés est une maladie chronique avec des risques de rechute, le traitement est pensé sur du long terme. L’arrêt du traitement engendre un risque de retour à la drogue parce que le cerveau n’oublie pas le manque » avertit l’addictologue. Généralement, ce n’est pas le médecin qui décide l’arrêt du traitement mais le patient qui en exprime la volonté. Dans ce cas, il doit être accompagné minutieusement tout en gardant en tête le risque de rechute et d’overdose liée à une nouvelle prise de drogue. Certains patients arrêtent le traitement au bout d’une courte durée, d’autres le conservent sur une durée prolongée, et le traitement devient chronique.

Le traitement de substitution se prend-il à domicile ou à l’hôpital ?

Lors de la mise en place du traitement, le patient rejoint un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou un service hospitalier. « Il est accompagné par un médecin qui établit la molécule la plus adaptée et quelle dose le stabilise et prévient l’effet de manque. La méthadone ne peut être prescrite que par un médecin d’un CSAPA et délivrée sous ordonnance. La buprénorphine peut être initiée par un médecin généraliste, de préférence addictologue » défend notre interlocutrice. Une fois le patient stabilisé et équilibré, le médecin pourra délivrer une ordonnance du traitement sur 1 mois maximum en autonomie (pour la forme comprimé) que le patient ira chercher en pharmacie. Pour les injections, le patient se rend une fois par mois à l’hôpital ou en centre. D’autres patients, moins stabilisés, se rendent quotidiennement dans le centre pour recevoir leur comprimé.

Existe-t-il des médicaments de substitution à l’alcool ?

Il n’existe pas de médicament de substitution à l’alcool, le traitement accompagnant le sevrage alcoolique ne repose pas sur le même mécanisme que les médicaments de substitution adaptés aux opiacés. « On accompagne l’arrêt de l’alcool par une hospitalisation ou un accompagnement en ambulatoire. Pour apaiser la période de sevrage et prévenir le risque de rechute, sont indiqués deux médicaments : l’acamprosate et la naltrexone » explique l’addictologue. « Pour l’alcool, le sevrage physique dure environ une semaine. Le maintien de l’abstinence et le sevrage psychologique, n’ont pas de durée prédéterminée, chaque cas est spécifique. L’alcoolisme est aussi une maladie chronique avec risque de rechute » rappelle le Dr Kosim. 

Quels sont les médicaments de substitution au tabac autorisés en France ? 

Les patchs de nicotine ou les gommes à mâcher sont des médicaments de substitution à la substance addictive (nicotine) contenue dans le tabac.

Quels sont les effets secondaires et contre-indications aux médicaments de substitution ?

« Les effets secondaires sont connus et gérables (constipation, sueurs, céphalées…) et le bénéfice-risque est positif. Ces traitements sont connus depuis les années 90 par les équipes médicales et les patients. Par contre, nous faisons face à une problématique de mésusage des comprimés de substitution : revente, injection, vol etc. C’est pourquoi la prescription est encadrée et la prise en autonomie ne concerne que les patients véritablement stabilisés » rapporte notre experte. « Les contre-indications peuvent concerner une des deux molécules mais il est très rare qu’il y ait un interdit à moins d’une insuffisance hépatique très sévère par exemple » soutient le Dr Kosim. C’est plutôt une question de dosage. La grossesse n’est pas une contre-indication au traitement de substitution, au contraire. « On surveille de près la femme enceinte et la préparation à l’accouchement en avertissant les équipes gynécologiques parce que le bébé expérimentera le syndrome du manque. Il faudra alors lui prodiguer des soins adaptés » conclut l’addictologue.

Merci au Dr Margaux Kosim, addictologue du Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière.


Source : JDF Santé