Sélectionner une page
C'est quoi une drogue de synthèse ? C'est légal en France ?

C'est quoi une drogue de synthèse ? C'est légal en France ?

Contrairement aux drogues d’origine naturelle (cannabis, cocaïne…), les drogues de synthèse (MDMA, GHB…) sont obtenues à partir de molécules chimiques produites en laboratoire (clandestin). Lorsqu’elles sont absorbées par l’organisme, ces substances de synthèse modifient les fonctions du corps et du système nerveux central et ont des effets sur les pensées, les émotions, les comportements et l’humeur. Quelle est la liste des drogues de synthèse ? C’est quoi les Nouveaux Produits de Synthèse comme la 3-MMC dont on entend de plus en plus parler ? Quels sont les effets ? Les dangers pour la santé ? Est-ce légal en France ?

Définition : c’est quoi une drogue de synthèse ?

On distingue les drogues d’origine naturelle (ou drogues traditionnelles) qui sont composées de produits naturels ou confectionnés à partir d’ingrédients naturels (plantes) comme la cocaïne ou le cannabis et les drogues dites de synthèse (ou drogues synthétiques) qui sont fabriquées à partir d’ingrédients chimiques de synthèse et qui nécessitent, pour être obtenues, des manipulations et des réactions chimiques. Autrement dit, les drogues de synthèse sont obtenues sans avoir besoin d’une plante. Les drogues de synthèse sont surtout fabriquées sous forme de pilule, un conditionnement facile à transporter et à commercialiser. 

Quels sont les effets d’une drogue de synthèse ?

Les drogues de synthèse ont pour but de reproduire les effets de produits naturellement psychotropes. Les effets recherchés lors d’une consommation de drogue de synthèse sont :

  • La sensation d‘ivresse et d’euphorie
  • La sensation de vitalité (ce qui permet de rester éveillé très longtemps)
  • Ou au contraire, l’effet relaxant et sédatif (le rythme cardiaque est ralenti)
  • L’augmentation de la sensibilité et la facilitation des contacts (propriétés empathogènes et entactogènes) : les drogues de synthèse désinhibent
  • La désorientation (difficulté à se situer dans l’espace ou le temps, d’où la sensation de « planer ») et la modification des perceptions et des sens (la vue, le toucher…) 

Les effets ressentis peuvent être plus ou moins intense d’une prise à une autre et peuvent varier en fonction de différents paramètres :  la morphologie de l’usager, ses habitudes de consommation, le dosage du produit, l’effet cumulatif de plusieurs drogues, l’effet cumulatif avec l’alcool, l’environnement… En fonction de la drogue et du consommateur, les effets peuvent durer quelques dizaines de minutes, voire plusieurs heures.

Liste d’exemples de drogues de synthèse

Photo-pilules-MDMA
Comprimés de MDMA © portokalis – stock.adobe.com

Parmi les drogues de synthèse les plus connues, il y a :

  • la méthamphétamine
  • l’amphétamine
  • l’ecstasy ou la MDMA
  • le GHB 
  • la kétamine
  • le PCP (phencyclidine)

Elles peuvent se présenter sous différentes formes en fonction du type de drogue : en poudre, en buvard, sous forme liquide, sous forme de cristaux

Drogues de synthèse classées selon leurs effets
Effets hallucinogènes/perturbateurs Effets dépresseurs Effets stimulants

Ecstasy (MDMA)

PCP (phencyclidine)

Kétamine

GHB

Métamphétamine

Amphétamine

Qu’est-ce qu’un nouveau produit de synthèse (NPS) ?

Parmi les drogues de synthèse, il y a les nouvelles drogues de synthèse ou les Nouveaux Produits de Synthèse (abrégés NPS) qui désignent en France des substances psychoactives qui ont pour vocation d’imiter les effets des drogues naturelles (cocaïne, cannabis) ou les effets des drogues de synthèse (MDMA, Amphétamines…). Elles sont fabriquées avec des dérivés de pétrole, d’acétone ou d’acides et sont « moins chères » que les drogues qu’elles imitent. Ces produits sont vendus sur Internet sous des noms qui paraissent inoffensifs comme « sels de bain », « engrais pour cactus », « encens », « mélange de plantes séchées » alors qu’ils sont généralement plus puissants, plus dangereux et plus addictogènes que les drogues imitées. « Ces appellations utilisées sur les sites de vente en ligne visent à masquer la réelle nature du produit pour contourner la législation sur les stupéfiants. Ils comportent généralement la mention « Not for human consumption » (impropre à la consommation humaine)« , précise le site Drogues Info Service. En effet, le fait de ne pas contenir les mêmes structures moléculaires que les drogues de synthèse leur permet de duper la législation sur les stupéfiants (la plupart des NPS n’ont pas de statut juridique clair et on connaît rarement leur composition exacte car leurs recettes sont très souvent modifiées), confirme l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives (OFDT). Les NPS sont classés en 8 familles (les 3 premières familles sont celles les plus répandues en France) :

  1. Les phénétylamines (exemple : le 2C-B)
  2. Les cannabinoïdes de synthèse (exemple : Buddha Blue ou le PTC)
  3. Les cathinones (exemple : la 3-MMC ou la 4-MEC dont les effets sont proches de la MDMA ou de la cocaïne)
  4. Les opioïdes de synthèse (exemples : les fentanyloïdes)
  5. Les tryptamines (exemples : la psilocine, psilocybine, DET, DMT)
  6. Les pipérazines (exemple : la BZP, la mCPP ou la TFMPP)
  7. Les benzodiazépines de synthèse
  8. Les arylcyclohexylamines/arylakylamines (exemple : la MXE)

Attention, les sites vendant ces nouvelles drogues de synthèse utilisent des serveurs hébergés dans des pays disposant de législations différentes […] « Par ailleurs, il ne faut jamais se fier aux informations sur la composition et les taux de pureté annoncés sur les sites de vente en ligne. En effet, la fabrication des drogues de synthèse n’est soumise à aucun contrôle. D’un lot à l’autre, des impuretés peuvent apparaître suite à une mauvaise synthèse et les pourcentages de produit actif peuvent être très différents. Parfois, la molécule commandée n’est même pas celle qui est livrée. Elle est remplacée par une autre molécule sans que l’usager en soit averti et sans qu’il en connaisse les effets et les risques », tient à avertir la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduits actives (MILDECA). L’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) a identifié quatre types de sites de vente en ligne problématiques :

  1. Les sites prétendument « commerciaux »,
  2. Les sites destinés à un public averti
  3. Les sites du  » deep web  » (réseaux cachés, non accessibles aux moteurs de recherche, avec des adresses confidentielles)
  4. Les sites de petites annonces et les réseaux sociaux qui servent de relais informationnels aux produits et aux sites

Les drogues de synthèse sont-elles légales en France ?

► Concernant les drogues de synthèse : elles sont considérées comme des stupéfiants et sont donc illégales en France (c’est aussi bien illégal d’en acheter que d’en consommer). En effet, le terme « stupéfiant » désigne ainsi toutes les drogues interdites, rappelle le site Drogue Info Service. En France, environ 200 substances psychoactives sont interdites. Pour interdire une substance, un arrêté est promulgué par le Ministre de la Santé, qui l’ajoute à la liste française des stupéfiants. En France, l’usage illicite de toute substance ou plante classée comme stupéfiant constitue un délit passible de peines pouvant atteindre jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende de 3 750 euros (art. L.3421-1 du CSP).

► Concernant les Nouveaux Produits de Synthèse : Le principal moyen de contrôle législatif des NPS demeure leur inscription sur la liste de toutes les substances classées comme stupéfiants en France. Cette liste en France est fixée par un arrêté du 22 février 1990, établie à partir des conventions internationales sur les stupéfiants de 1961 et 1971. Elle est régulièrement complétée depuis l’apparition des NPS. « La majorité des NPS consommés en France sont classés sur la liste des stupéfiants […] L’usage et le trafic des substances ou plantes classées comme stupéfiants sont prohibés, selon les termes de la loi du 31 décembre 1970, et le commerce à des fins pharmaceutiques ou industrielles est fortement régulé« , indique l’OFDT dans son rapport Drogues et addictions – Données essentielles de 2019. En théorie, tous les NPS sont illégaux en France. Mais pour échapper à la législation et aux radars des autorités, les fabricants changent les recettes, modifient les structures moléculaires et apposent des mentions « impropre à la consommation humaine » alors que ces produits ont clairement une vocation de drogues.   

Quels sont les risques et effets secondaires des drogues de synthèse ?

Une seule prise de drogues de synthèse peut déjà avoir des effets sur la santé et provoquer :

  • Nausées
  • Maux de tête
  • Perte de sensibilité
  • Hallucinations
  • Crises de panique
  • Convulsions
  • Risques respiratoires (avec insuffisance respiratoire, sensation d’étouffement)
  • Troubles de la mémoire
  • Paralysie
  • Hypertension
  • Forte fièvre
  • Troubles cardiaques
  • Sur le long terme : risques liés à la perte de poids (associé à l’absence de faim), insomnies chroniques, troubles de l’humeur, sensation d’épuisement, état dépressif, paranoïa, toxicité pour la plupart des organes du corps comme l’estomac, les reins, le cœur…
  • Le surdosage, qui peut survenir à chaque prise, même la première fois, et conduire au décès.

Comment se sortir d’une addiction aux drogues de synthèse ?

Comme pour toute dépendance à une drogue, un sevrage brutal et réalisé seul peut être très dangereux pour l’organisme. Il convient plutôt de faire appel à un spécialiste des addictions qui pourra proposer un traitement médicamenteux adapté, de faire une thérapie personnelle ou de participer à des discussions de groupe. Pour vous mettre en relation avec un spécialiste des addictions, dirigez-vous vers votre médecin traitant, une association (Association Addictions France, SOS Addictions, Groupe SOS…) ou un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

Sources :

– Drogues-info-service.fr

Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduits actives (MILDECA)

– Les drogues de synthèse, G.A.E Conseil, Experts des addictions en Entreprise

– Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives (OFDT)

– Société Française de Médecine d’Urgence

– Early Warning System on NPS, European Monitoring Centre For Drug and Drug Addiction

– Substances vénéneuses (Listes I et II, stupéfiants, psychotropes), Agence du médicament, ANSM, mise à jour le 30 août 2022. 


Source : JDF Santé

Scandale du chlordécone : dates, quels effets sur l'homme ?

Scandale du chlordécone : dates, quels effets sur l'homme ?

De 1972 à 1993, le chlordécone (aussi appelée « la chlordécone ») a été commercialisé sous les noms Képone® et Curlone® comme insecticide dans les cultures de bananiers en Guadeloupe et Martinique. Or, il pollue les sols et l’eau destinée à la consommation humaine et présente des risques pour la santé. Ce pesticide serait lié à une hausse du risque de cancer de la prostate, à l’origine aussi du « Syndrome de Kepone » et d’atteintes du développement du fœtus. Interdit dès 1976 aux Etats-Unis, il ne l’a été en France qu’en 1990 et des dérogations ont autorisé son utilisation jusqu’en 1993. Les conséquences de ce pesticide perdurent encore aujourd’hui aux Antilles. Plus de 90% des Antillais ont du chlordécone dans le sang selon l’étude Kannari de Santé Publique France parue en octobre 2018. « Le gouvernement a lancé un [quatrième] plan chlordécone pour la période 2021-2027 pour protéger au mieux la population antillaise face à la pollution à la chlordécone, et de prendre en charge les impacts liés à cette pollution » indique le ministère de la Santé. Quels sont les effets du chlordécone sur la santé ? Pourquoi cette affaire a fait scandale ? Où en est le procès ?

C’est quoi le chlordécone ?

Le chlordécone est un composé organochloré de synthèse absent à l’état naturel dans l’environnement. Il a été découvert en 1951, breveté en 1952 et commercialisé à partir de 1958 par la société américaine « Allied Chemical », sous les noms de Kepone® et de Curlone®.

Pourquoi est-il utilisé aux Antilles ?

Le chlordécone est utilisé pour la première fois comme pesticide aux Antilles (Guadeloupe et Martinique) en 1972 pour lutter contre le charançon, un insecte qui ravage les bananiers.

Image d'un charançon
Image d’un charançon © boedefeld-123RF

Pourquoi a-t-il été retiré ?

Les Etats-Unis interdisent la production de chlordécone en 1976 à cause de troubles neurologiques relevés chez des ouvriers de l’usine de production du pesticide. En 1990, le chlordécone est interdit en France mais des dérogations sont accordées aux Antilles pour l’utiliser jusqu’en 1993. La pollution des sols par le chlordécone aux Antilles est démontrée pour la première fois par des chercheurs de l’INRA en 1977 et la contamination des animaux sauvages en 1980. En 1999, il est admis que la pollution par le chlordécone contamine également l’eau destinée à la consommation humaine. « De nos jours, la pollution des sols au chlordécone persiste du fait de son exceptionnelle résistance à la dégradation biotique et abiotique. Par le biais de l’alimentation, les populations continuent à y être exposées » indique l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset).

Dates clés du scandale du chlordécone

► 1958. Le pesticide chlordécone est fabriqué dans l’usine américaine Hopewell en Virginie.

► 1972. Le pesticide est homologué en France sous le nom de Kepone®. Une autorisation provisoire de mise sur le marché est déclarée. Les agriculteurs des Antilles l’utilisent pour leur cultures de bananes.

► 1975. La fabrication de l’usine de Hopewell est interrompue car des défaillances graves ont été constatées dans le dispositif d’hygiène et de sécurité de la chaîne de production, donnant lieu à des pollutions aux abords de l’usine et à des effets toxiques sur les ouvriers de l’usine et sur les personnes habitant autour.

► 1976. Les Etats-Unis interdisent la production de chlordécone.

► 1977. Le rapport Snegaroff de l’INRA établit un lien entre l’utilisation du chlordécone et la pollution des sols et de l’eau peut-on lire dans un Rapport d’information de l’Assemblée Nationale.

► 1979. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe le chlordécone comme « cancérigène possible pour l’homme ».

► 1980. Le rapport Kermarrec souligne également le lien entre chlordécone et pollution des sols et de l’eau. La même année, les Etablissements Lagarrigue en Martinique obtiennent l’Autorisation de mise sur le marché du chlordécone.

► 1990. Le chlordécone est interdit en France mais des dérogations sont accordées aux Antilles jusqu’en 1993. « Une première décision du sous-directeur de la protection des végétaux, par autorisation du ministre de l’agriculture de l’époque, M. Louis Mermaz, datée du 6 mars 1992, accorde « à titre dérogatoire un délai supplémentaire d’un an d’utilisation du Curlone pour lutter contre le charançon du bananier, c’est-à-dire jusqu’au 28 février 1993«  souligne le rapport d’information de l’Assemblée Nationale. « La vente du Curlone pouvait donc se poursuivre, conformément au droit commun, deux ans après le retrait de l’autorisation de vente intervenu le 1er février 1990″.

► 2002. Eric Godard, chargé des eaux potables à la DDAS (ancien ARS) découvre des traces de chlordécone dans l’eau et lance une étude. Elle met en évidence la présence de chlordécone dans les sols et certains légumes cultivés plusieurs années après l’arrêt de l’utilisation du pesticide, ce qui démontre des conséquences durables sur l’environnement.

2006. L’Association médicale de sauvegarde de l’environnement et de la santé (Amses) en Martinique et L’Association guadeloupéenne d’action contre le chlordécone (AGAC) déposent plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui« , après des années d’empoisonnement de leurs îles au chlordécone. 

E. Macron reconnait la responsabilité de l'Etat dans le scandale du chlordécone
Emmanuel Macron reconnait la responsabilité de l’Etat dans le scandale du chlordécone en 2018 © Blondet Eliot-POOL/SIPA

2008. Le gouvernement français lance le premier Plan chlordécone pour lutter contre les effets de l’insecticide. (On en est actuellement au quatrième).

27 septembre 2018. Le Président de la République reconnait la responsabilité de l’Etat dans le scandale du chlordécone. « La pollution à la chlordécone est un scandale environnemental dont souffre la Martinique et la Guadeloupe depuis 40 ans. Tout cela c’est le fruit d’une époque qui est désormais révolue. (…) Ce fut aussi le fruit d’un aveuglement collectif«  déclare Emmanuel Macron dont les propos sont rapportés par Martinique la 1ère.

► Suivant les réquisitions du Parquet de Paris, la justice française prononce un non-lieu dans l’affaire du chlordécone (dépôt de plainte de 2006), les juges estimant que les faits sont prescrits. 

Quels sont les effets du chlordécone sur l’homme ?

Le chlordécone pénètre dans le corps par la voie orale. « Une augmentation des niveaux d’imprégnation par la chlordécone est observée avec la consommation de poissons » note Santé publique France en 2019. Il est absorbé par l’intestin et partiellement métabolisé dans le foie. Seulement une faible partie est ensuite éliminé par les selles, le reste est réabsorbé par l’intestin. Il s’accumule généralement ensuite dans le foie.

► « Les premières études du début des années 1960 sur des rats démontrent que le chlordécone provoque des troubles neurologiques caractérisés par des tremblements corporels et des membres, une atrophie testiculaire et des lésions hépatiques tumorales » précise l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset). « Des études de cancérogenèse chez l’animal de laboratoire sont à l’origine de son classement, en 1979, comme cancérogène possible pour l’Homme par le Centre International de Recherche sur le cancer (OMS)« . Par ailleurs, son mode d’action atteint les enzymes du métabolisme énergétique, des neurostransmetteurs et présente des propriétés hormonales qui le reconnaissent comme perturbateur endocrinien.

► En 2021, un rapport de l’Anses conclut « à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate ».

► « Un ensemble de symptômes [liés au chlordécone] sont regroupés sous la dénomination de « Syndrome du Képone » qui se caractérise par des atteintes neurologiques (tremblement des membres, incoordination motrice, troubles de l’humeur et de la mémoire récente, mouvement anarchique des globes oculaires) et testiculaires (modification de certaines caractéristiques spermatiques) » précise un Rapport d’office parlementaire du Sénat publié le 22 février 2023.

► L’exposition pré ou post-natale au chlordécone est associée à des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissons indique une étude menée par des chercheurs de l’Inserm en 2012.

Sources :

– Impacts de l’utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d’évolution, Sénat, 22 février 2023

– Le chlordécone, un scandale d’Etat, Franceinfo 1 le portail des Outremer

– Chlordécone aux Antilles : les risques liés à l’exposition alimentaire, Anses, 9 décembre 2022

– Etudes destinées à identifier les dangers et risques sanitaires associés à l’exposition au chlordécone, IRSET, 7 décembre 2022

– Cancer de la prostate en lien avec les pesticides incluant le chlordécone, Anses, mars 2021

– Imprégnation de la population antillaise par la chlordécone et certains composés organochlorés en 2013-2014 : Étude Kannari, Santé Publique France 2019

– Impact de l’exposition au chlordécone sur le développement des nourrissons, Inserm, 17 septembre 2012


Source : JDF Santé

Myoclonie : définition, causes, symptômes, stopper

Myoclonie : définition, causes, symptômes, stopper

Définition : qu’est-ce qu’une myoclonie ?

« Une myoclonie est une contraction musculaire involontaire liée à la contraction très brève d’un muscle« , définit le Dr Laurent Vercueil, neurologue, neurophysiologiste et épileptologue au CHU Grenoble Alpes. Cette secousse peut être localisée, c’est-à-dire circonscrite à un muscle ou être généralisée et ébranler tout le corps.  Les myoclonies sont fréquentes. « C’est le deuxième mouvement anormal après les tremblements » informe le Dr Vercueil.

Qu’est-ce qu’une myoclonie d’endormissement ?

Il existe des myoclonies physiologiques (normales) dont les myoclonies d’endormissement. « L’immense majorité de la population connaît ces myoclonies qui surviennent lorsque le sommeil arrive de façon assez brutale » explique le Dr Verceuil. Cette grande secousse au moment de l’endormissement qui peut parfois réveiller la personne a plutôt lieu lorsque les gens sont très fatigués, tendus. Le stress favorise ces myoclonies. Autre type de myoclonie physiologique : un sursaut en réponse à une stimulation inopinée. « Le plus souvent c’est un bruit fort comme un coup de klaxon qui entraîne cette myoclonie. Celle-ci est très particulière car la contraction musculaire n’est pas si rapide que cela » informe le neurologue. Dans les myoclonies physiologiques, il y aussi le hoquet qui est une myoclonie du diaphragme.

Quels sont les symptômes d’une myoclonie ?

Une myoclonie se manifeste par une secousse comme un « petit choc ». Cette secousse peut être ressentie à un endroit du corps ou au niveau de tout le corps. « Les myoclonies liées à l’épilepsie sont plus massives et se caractérisent souvent par de grandes secousses axiales avec parfois un déséquilibre«  indique le Dr Vercueil. Lors d’une myoclonie d’endormissement, la personne a une grande secousse qui peut la réveiller ou réveiller son conjoint. « Souvent cela génère l’impression d’être tombé(e) » souligne le médecin. La myoclonie liée à un stimulus crée un sursaut.

Quelles sont les causes d’une myoclonie ?

Les myoclonies pathologiques peuvent être d’origine épileptiques ou non épileptiques.

► « Lorsque la myoclonie est épileptique, elle est liée à une décharge des neurones dans le cerveau lors d’une crise d’épilepsie ce qui entraîne une secousse musculaire »

► Les myoclonies sont la plupart du temps des myoclonies non épileptiques. « Les plus fréquentes touchent les personnes âgées. Il s’agit de minipolymyoclonus appelées ainsi car les personnes ont de nombreuses petites secousses au niveau des mains et des doigts. » décrit le Dr Vercueil. Ces myoclonies corticales sont liées à l’effet sur le cortex cérébral de différents facteurs dont le vieillissement.

► Les myoclonies peuvent avoir pour origine également des facteurs généraux, lorsque les reins fonctionnent de façon insuffisante, ou lors de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. La prise de certains médicaments (antihistaminiques, certains antidépresseurs comme l’amitriptyline, certains antibiotiques par exemple la pénicilline et les céphalosporines) peuvent également être la cause de myoclonies cela car ils peuvent rendre le cortex trop excitable.

Comment pose-t-on le diagnostic d’une myoclonie ?

Le diagnostic de myoclonie n’est pas facile à faire car c’est un événement très rapide. « C’est la plainte du patient qui va faire penser aux myoclonies » tient à préciser le neurologue. Un électro-encéphalogramme (EEG) va montrer le signal électrique de la décharge de l’ensemble des neurones dans le cerveau lorsque la myoclonie est épileptique. Le diagnostic des myoclonies corticales peut aussi être fait avec un électro-encéphalogramme (EEG) mais c’est plus compliqué. « Il faut récupérer le signal EEG et le traiter informatiquement afin de trouver le point de départ dans le cortex » explique le Dr Vercueil.

Quel traitement pour soigner des myoclonies ?

Le traitement des myoclonies dépend de la cause. Les médicaments anti-épileptiques fonctionnent pour les myoclonies épileptiques. Les myoclonies non épileptiques sont traitées avec des médicaments de la famille des benzodiazépines, par exemple le Valium®. Ces traitements diminuent les décharges. « Il faut souligner le caractère délicat de la balance bénéfices-inconvénients chez des personnes vulnérables en ce qui concerne les benzodiazepines » conclut le neurologue.

Merci au Dr Laurent Vercueil, neurologue, neurophysiologiste et épileptologue au CHU Grenoble Alpes


Source : JDF Santé

Prochaine éclipse solaire : dates 2023, totale, en France ?

Prochaine éclipse solaire : dates 2023, totale, en France ?

Une éclipse est un phénomène qui se produit lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignés. La dernière éclipse solaire visible en France a eu lieu le 25 octobre 2022. Deux éclipses sont prévues en 2023. Pour rappel, il ne faut pas regarder directement le Soleil, sans lunettes spéciales dotées d’un film filtrant (aux normes CE), un solarscope (projection par écran) ou un instrument d’astronomie lors d’une éclipse. Les lunettes de soleil ne suffisent pas : les risques pour la rétine (lésions rétiniennes graves) sont bien réels, alors faites attention ! 

Définition : c’est quoi une éclipse ?

Le terme « éclipse » vient du verbe « éclipser » synonyme de « cacher ». Une éclipse solaire a lieu quand la Lune s’immisce entre le Soleil et la Terre. Les trois astres sont donc parfaitement alignés, ce qui entraîne la disparition temporaire du Soleil dans l’ombre de la Lune. On distingue plusieurs types d’éclipse :

  • L’éclipse totale : l’astre disparaît complètement
  • L’éclipse partielle : l’astre disparaît partiellement
  • L’éclipse annulaire : il ‘agit d’une éclipse partielle qui laisse apparaître un anneau de l’astre (comme celle du jeudi 10 juin 2021)

Schéma d’une éclipse solaire

Schéma d'une éclipse solaire
Schéma d’une éclipse solaire © Sergey Sizkov – 123RF

Quelles sont les dates des prochaines éclipses en 2023 ?

Une éclipse se produit lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignés. Voici le tableau des prochaines éclipses solaires :

Date de l’éclipse solaire Heure de visibilité maximale (Paris) Type d’éclipse
20 avril 2023 Non visible Totale
14 octobre 2023 Non visible Annulaire
8 avril 2024 Non visible Totale
2 octobre 2024 Non visible Annulaire
29 mars 2025 12h01 Partielle

Quelle est la date de la prochaine éclipse totale en France ?

La prochaine éclipse totale du Soleil en France métropolitaine aura lieu le 3 septembre 2081.

Peut-on regarder une éclipse sans lunettes ?

Non. Si regarder le soleil en face peut s’avérer dangereux pour les yeux, pendant une éclipse solaire c’est encore plus vrai car la luminosité change brutalement avec la réapparition du disque solaire. « Les rayons ultra-violets et infrarouges du soleil peuvent brûler la rétine de manière irréversible, assure le Dr Monique Quillard, médecin généraliste. Il suffit pour cela de fixer le soleil pendant quelques secondes. Le phénomène est d’autant plus dangereux qu’il est indolore. Les victimes de ce type de brûlure ne s’en rendront compte que quelques heures plus tard, avec le déclenchement de violentes céphalées« . Les enfants doivent être tout particulièrement protégés. Leurs yeux sont plus fragiles que ceux des adultes, car le cristallin laisse passer davantage de rayons. Les personnes atteintes de maladie oculaires doivent également être très vigilantes et se protéger. Donc pas d’éclipse sans lunettes !

Quelles lunettes mettre pour regarder une éclipse ?

lunettes pour éclipse
Lunette pour éclipse © melastmohican-123rf

Des lunettes « spéciale éclipse » sont vendus quelques jours avant l’événement. Vous les trouverez auprès des grandes enseignes type Nature&Découverte, Fnac ou Decathlon, ou auprès des bureaux de tabac et des marchands de journaux. Elles sont en générale vendues entre 2 et 3 euros l’unité. Veillez à ce qu’elles portent le marquage CE (Communauté européenne) et un numéro de référence INRS. Il est conseillé de n’utiliser que des lunettes neuves pour éviter tout risque d’une détérioration de la surface après de longs stockages, sans protection particulières, dans nos habitations, conseille l’Observatoire de Paris. 

► Ne pas fabriquer ses lunettes soi-même en observant le soleil à travers un CD ou une radiographie. De la même manière, des lunettes de soleil classiques ne sont pas suffisantes et ne protégeront pas vos yeux.

Quelles différences entre l’éclipse solaire et lunaire ?

L’éclipse solaire diffère de l’éclipse lunaire qui survient quand la Terre se glisse entre la Lune et le Soleil. 

Comment regarder une éclipse avec des feuilles de papier ?

Pour ne prendre aucun risque, le plus simple est d’observer l’éclipse par projection. « A la maison, prenez deux feuilles de papier blanc. Faites un trou d’épingle au centre de l’une des pièces. Tournez le dos au soleil et tenez la feuille avec le trou d’épingle en face de vous, de façon à ce que le soleil brille par le trou d’épingle et reflète sur l’autre feuille de papier. Une image de l’éclipse sera projetée sur la deuxième feuille. La qualité de l’éclipse solaire que vous pouvez observer avec ce simple appareil est vraiment étonnante« , recommande le Dr Quillard. Le « solarscope » est un moyen pratique et peu coûteux (dispositif disponible dans les commerces spécialisés).

Merci au Dr Monique Quillard, médecin généraliste.


Source : JDF Santé

Tri-iodothyronine libre (T3-FT3-T3L) : c'est quoi, taux normal ?

Que veut dire T3, FT3 ou T3L dans une prise de sang ?

La tri-iodothyronine (T3) et la tri-iodothyronine libre (FT3 ou T3L) sont des hormones produites par la glande thyroïde. Avec la thyroxine (T4), elles font partie des principales hormones thyroïdiennes. « De manière générale, la tri-iodothyronine (T3) et la tri-iodothyronine libre vont augmenter le métabolisme. Elles peuvent notamment augmenter la fréquence cardiaque et vont agir sur la thermorégulation. Elles agissent aussi sur le métabolisme« , commente Gaël Saintenoy. A noter : une partie de l’hormone T4 se transforme en hormone T3. Seule l’hormone FT3 est active, et elle peut faire l’objet d’un dosage spécifique

Quand est indiqué un dosage sanguin de T3 et de FT3 ?

Un dosage sanguin des hormones thyroidiennes T3 et FT3 peut être prescrit pour mettre en évidence d’éventuelles hypo et hyperthyroïdies (production trop basse ou trop élevée d’hormones thyroïdiennes). Le dosage sanguin de T3/FT3 s’accompagne
généralement d’un dosage sanguin de FT4/T4. « La T3 n’est plus beaucoup prescrite. En première intention, c’est le dosage de la TSH qui permet l’exploration d’une dysthyroïdie. Si la TSH est augmentée, on a une carence en hormones thyroïdiennes. Le dosage de T3 est réservé aux dysthyroïdies connues à T3 anormales et aux recherches d’adénomes à T3. On peut mesurer la FT3 pour voir la
fraction d’hormones thyroïdiennes agissant sur les différents organes 
, explique le spécialiste.

Taux de T3 normal

Les valeurs normales du taux sanguin de T3 se situent entre 1.07 et 3.37 nmol /L. Il est à noter que cette valeur diminue avec l’âge.

Taux de FT3 normal

Les valeurs normales du taux sanguin de FT3 sont comprises entre 3 et 8,5 3.37 nmol /L.

Taux T3 et FT3 bas

« Lorsqu’on a une carence en hormones F3 et FT3, on se sent fatigué, comme dans n’importe quelle carence en hormones thyroïdiennes. On est un peu lent dans son expression et dans ses actions », détaille Gaël Saintenoy. Une diminution peut s’expliquer en cas de : 

  • Hypothyroidie, 
  • Pathologies hépatiques ou rénales graves, 
  • Chez les personnes âgées.

T3 et FT3 élevés

« Les personnes ayant ces valeurs-là augmentées ont un métabolisme très rapide. Elles sont très vives, très toniques », analyse le biologiste. Une augmentation s’explique en cas de : 

Merci à Gaël Saintenoy, biologiste.


Source : JDF Santé

Attention aux chenilles épineuses, leur venin peut être mortel

Attention aux chenilles épineuses, leur venin peut être mortel

Une étude parue le 23 février dans le Public Library of Science (PLOS) met en garde contre les chenilles Lonomia, qui constituent « une grave menace pour la santé humaine« . Leur venin est mortel pour l’Homme si la prise en charge n’est pas immédiate. Elles sont répandues principalement en Amérique du Sud et en Guyane françaiseplusieurs cas d’envenimation mortelle (transmission de venin à un humain) sont rapportés chaque année. Ces chenilles tueuses appartiennent à l’espèce Lonomia et avant l’étude, deux sous-catégories de cette espèce avaient été recensées : Lonomia achelous et Lonomia obliqua. La chenille Lonomia est un genre de papillon nocturne. Les chenilles de Lonomia vivent en colonie, par groupe de plus de 50 espèces. Elles sont inactives la journée, statiques sur des troncs d’arbres et « se réveillent » la nuit pour se nourrir des feuilles des arbres. 

Colonie de chenilles Lonomia
Colonie de chenilles Lonomia © Leonardo-Adobestock

Le venin cause un syndrome hémorragique sévère

Les épines qui recouvrent leur corps contiennent du venin hémotoxique pour l’Homme. Il provoque un syndrome hémorragique sévère avec :

  • hémorragie diffuse
  • insuffisance rénale
  • lésions cérébrales
  • le décès dans les cas les plus graves

« L’envenimation par Lonomia obliqua peut être considérée comme un facteur de risque important pour le développement d’une insuffisance rénale aigue potentiellement mortelle, ainsi que pour le développement d’une insuffisance rénale chronique » souligne une étude publiée en 2006. Les accidents impliquant des humains proviennent lorsque la peau humaine entre en contact avec la colonne vertébrale de la chenille qui libère alors son venin. Ils surviennent généralement en journée lorsque des personnes se retrouvent en contact avec les chenilles au repos contre les arbres. Les chercheurs ont également remarqué que les chenilles Lonomia, à l’origine situées dans les zones forestières, se déplacent petit à petit vers les milieux urbains, près des maisons ou des plantations de palmiers à huile, ce qui pourrait en faire « un risque professionnel« . Par ailleurs, les changements climatiques à venir, et notamment la déforestation en Amérique tropicale, augmenteront le risque d’accidents avec ces chenilles venimeuses pour les populations humaines.

​​​​​​60 espèces de chenilles venimeuses découvertes

Il existe au moins quatre espèces de Lonomia présentes en Guyane française

Au Brésil, le ministère de la Santé a rapporté 1 930 cas entre 2001 et 2006 d’envenimation par les chenilles de Lonomia. En Colombie, le premier décès date de l’année 2000 et depuis, environ 10 cas par an sont signalés à l’Institut national de la santé Des décès ont également touché le Pérou, l’Argentine et la Guyane française. En Guyane française, trois cas d’envenimation par Lonomia ont été signalés au cours des 25 dernières années. « Nos résultats révèlent qu’il existe au moins quatre espèces de Lonomia présentes en Guyane française » indiquent les chercheurs. Ils ont découvert qu’il n’existe pas seulement 2 sous-espèces des chenilles Lonomia, mais 60 espèces dont 7 sont fortement suspectées ou connues pour causer des envenimations graves chez l’homme. « Le nombre d’espèces décrites au cours de la dernière décennie au sein du genre [Lonomia] a augmenté de 300% ce qui indique que la diversité du genre a été sous-estimée. […] L’inflation du nombre d’espèces du genre et la découverte que d’autres espèces sont également susceptibles d’être très venimeuses suggère qu’il est peu probable que les deux espèces [à date reconnues] soient les seules espèces impliquées dans les cas d’envenimation humaine » précisent les chercheurs de l’étude.

Un antivenin a fait ses preuves au Brésil

« Grâce aux informations fournies [par l ‘étude], les autorités sanitaires peuvent accroître la surveillance dans les zones à risque et concevoir des stratégies de réponse adéquates englobant l’énorme diversité des espèces [de chenilles tueuses]. Bien que les accidents avec des chenilles venimeuses ne soient pas (encore) considérés comme des maladies tropicales négligées, leurs schémas épidémiologiques correspondent à ceux-ci, en ce sens qu’ils affectent les communautés appauvries et font face à de grands défis en matière de diagnostic et de traitement » concluent les chercheurs qui insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches sur le sujet. Il existe actuellement un antivenin produit au Brésil qui a fait ses preuves sur les deux sous-espèces référencées antérieurement à la publication de l’étude. Mais aucune donnée ne prouve actuellement qu’il est adapté aux nouveaux genres de chenilles Lonomia découvertes.

Sources :

– Les chenilles mortelles et venimeuses de Lonomia sont plus que les deux suspects habituels, Public Library of Science (PLOS), 23 février 2023

– Insuffisance rénale aiguë provoquée par la toxine des chenilles de l’espèce Lonomia obliqua, Toxicon, janvier 2006


Source : JDF Santé