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Que faire si on a le Covid (aujourd'hui) ?

Que faire si on a le Covid (aujourd'hui) ?

Il est toujours possible d’être positif au Covid mais il n’y a plus de protocole d’isolement. Désormais, si vous êtes malade, il faut aller chez le médecin et envisager avec lui les traitements de vos symptômes voire un arrêt maladie si votre état ne vous permet pas de travailler. Liste des règles en vigueur en 2023 pour les cas positifs au Covid.

Que fait si on a le Covid aujourd’hui ?lles règles si on est positif au Covid en 2023 ?

► Si vous pensez présenter les symptômes du Covid, vous pouvez aller faire un test en pharmacie ou au laboratoire.

► Si votre test est positif au Covid :

  • plus besoin de vous isoler, l’isolement n’est plus recommandé depuis le 1er février 2023
  • appliquer les gestes barrières (port du masque, lavage des mains, aération, télétravail si possible)
  • éviter le contact avec les personnes fragiles
  • consulter le médecin si besoin : il pourra prescrire des traitements pour soulager vos symptômes (fièvre, mal de tête…) voire un arrêt maladie si votre état ne vous permet pas de travailler.
  • plus besoin de déclarer vos cas contacts à l’Assurance maladie.

Combien de temps est-on contagieux ?

Selon les études menées depuis la diffusion du variant Omicron, on serait contagieux environ une semaine quand on a le Covid mais cette durée varie selon les individus a rappelé la présidente du Covars Brigitte Autran en octobre 2022 sur France Inter : « La charge virale varie énormément en fonction de la gravité de la maladie et de la symptomatologie. On n’excrète pas les mêmes quantités de virus si on a un virus qui infecte plutôt le nez ou plutôt la gorge. Il y a bien sûr une proportionnalité entre le nombre de particules virales qu’on produit et le nombre de contaminations qu’on risque de faire. »

Que faire si on est positif au Covid et non vacciné ?

Il n’y a plus de consignes d’isolement systématique pour les personnes positives au Covid, vaccinées ou non vaccinées.

Puis-je travailler si je suis positif au Covid ?

Oui si votre état de santé le permet. Les personnes positives au Covid ne sont plus tenues de s’isoler. En revanche, elles doivent respecter les gestes barrières donc porter le masque si vous devez travailler en présentiel par exemple ou demander s’il est possible de télétravailler. Si votre état de santé ne vous permet pas de travailler, il faut consulter le médecin traitant pour demander un arrêt maladie, comme pour n’importe quelles infections hivernales.

Peut-on avoir un arrêt de travail si on est positif au Covid ? 

Oui une personne positive au Covid peut bénéficier d’un arrêt de travail si elle ne peut pas télétravailler ou, si elle le peut, mais que son état de santé ne lui en donne pas la possibilité. En revanche, à compter du 31 janvier 2023, le dispositif dérogatoire de prise en charge des arrêts maladie liés au Covid-19 (sans jour de carence) est arrêté. Le médecin peut vous délivrer un arrêt maladie classique avec des jours de carence selon votre Convention professionnelle. Il en déterminera la durée avec vous, selon votre état de santé. 

Merci au Dr Thierry Prazuck, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses de l’Hôpital d’Orléans. Propos recueillis en novembre 2021.

Source : Lutte contre l’épidémie de Covid-19 : entrée en vigueur de plusieurs évolutions législatives à compter du 31 janvier 2023, Ministère de la Santé, 28 janvier 2023.


Source : JDF Santé

10 symptômes d'alerte d'une endométriose

10 symptômes d'alerte d'une endométriose

[Mis à jour le 27 mars 2023 à 12h12] A l’occasion de la Journée mondiale contre l’endométriose le 28 mars 2023, zoom sur une maladie gynécologique qui touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer en France. L’endométriose se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (tissu endométrial) qui se développe en dehors de l’utérus. Si l’endométriose est profonde, des lésions peuvent toucher différents organes : ovaire, rectum, vessie, vagin, ligaments utéro-sacrés… Et ces lésions entraînent (mais pas toujours !) l’apparition de symptômes. Comment reconnaître une endométriose ? Quels sont les signes évocateurs ? Quand et qui consulter ? Tour des 10 symptômes d’alerte d’une endométriose avec le Dr Olivier Donnez, gynécologue-obstétricien. 

1. Des règles douloureuses

Le symptôme le plus caractéristique de l’endométriose est la douleur. « Une douleur qui peut se manifester juste avant les règles, pendant les règles (dysménorrhée) ou même entre les règles. Il s’agit d’une douleur pelvienne qui est variable en fonction des femmes« , explique notre interlocuteur. La douleur pelvienne se situe au niveau du petit bassin, à l’arrière de l’utérus. Typiquement, elle se manifeste par une sensation de brûlure ou de décharge électrique au niveau du bas-ventre et peut irradier vers le bas du dos ou vers les jambes. 

2. Des douleurs pendant les rapports

« Certaines femmes se plaignent de douleurs au moment de rapports sexuels – on les appelle « dyspareunies » – qui surviennent soit dans certaines positions, soit dans toutes les positions. Ces douleurs surviennent généralement dans les positions dans lesquelles la pénétration est la plus profonde » (comme l’enclume ou l’Andromaque), indique le gynécologue-obstétricien. 

3. Des douleurs pelviennes chroniques

L’endométriose peut entraîner une douleur pelvienne récurrente (qui persiste plus de 6 mois) et survenir entre les périodes de règles. Ce caractère cyclique est d’ailleurs évocateur de la maladie. L’Inserm précise que 40% des femmes qui présentent des douleurs pelviennes chroniques seraient atteintes d’endométriose. 

4. Des brûlures urinaires

« L’endométriose peut entraîner des douleurs lors de la miction, comme des sensations de brûlure, qui peuvent faire penser à tort à une infection urinaire« , indique le gynécologue. L’endométriose peut également causer des douleurs à la défécation (expulsion des matières fécales), associées parfois à une présence de sang dans les selles.  

Symptômes d'une endométriose
Symptômes d’une endométriose © Roberto Biasini – Iryna Timonina / 123RF

5. Des règles abondantes

L’endométriose peut causer des hémorragies anormales qui se manifestent par des règles plus abondantes ou plus longues, que l’on appelle médicalement des ménorragies. On parle de règles abondantes quand :

► la période de saignements dure plus de 7 jours

► on perd plus de 80 ml de sang par cycle menstruel (cela représente en moyenne un changement de protection hygiénique toutes les heures)

► on perd d’importants caillots de sang de plusieurs centimètres. 

6. Des saignements anormaux hors règles

L’endométriose peut entraîner des saignements entre les règles (spotting s’ils sont légers et occasionnels ou métrorragies s’il sont abondants et quasi permanents) ainsi que des contractions de l’utérus qui provoquent des douleurs. « Ces saignements sont liés à une adénomyose, une forme d’endométriose interne qui envahit le muscle de l’utérus. C’est une forme d’endométriose fréquente entre 35 et 40 ans et plus rare chez la femme jeune« , précise notre interlocuteur. 

7. Une alternance diarrhée/constipation

L’endométriose peut également causer des douleurs liées au transit intestinal. « Si l’endométriose touche l’intestin, elle peut bloquer le transit, tandis que pendant les règles, l’endométriose va s’enflammer et provoquer une accélération du transit. Les femmes concernées par ce problème se plaignent donc d’une alternance de constipation et de diarrhée« , observe notre spécialiste. Des symptômes qui sont très invalidants au quotidien. 

8. Une infertilité

« On estime que 50% des patientes qui souffrent d’endométriose (pas forcément à un stade avancé) présentent des troubles de la fertilité. L’endométriose est souvent associée à l’idée de ne pas pouvoir avoir des enfants. Or, c’est faux. L’endométriose crée une infertilité quand elle est présente. Mais quand elle est traitée, il est tout à fait possible de tomber enceinte« , tient à rétablir notre interlocuteur. 

9. Une douleur à l’épaule

Dans de rares cas, il arrive que les lésions se trouvent très à distance de l’utérus, par exemple au niveau du diaphragme, c’est-à-dire assez haut au niveau de l’abdomen. « Et ces lésions peuvent occasionner des douleurs en dessous des côtes pendant les règles. Ces douleurs peuvent même remonter au niveau des épaules. Les lésions d’endométriose superficielle se déposent dans les endroits les plus bas. Comme les femmes passent les deux tiers de leur temps assise ou debout, l’endroit le plus bas du ventre est le cul-de-sac de Douglas, autrement dit, la partie qui se trouve juste derrière l’utérus et c’est là que les femmes ont mal le plus souvent. En revanche, lorsqu’elles sont allongées, la partie la plus basse de l’abdomen se trouve juste derrière le foie. il peut y avoir de l’endométriose à cet endroit-là. Une femme qui se plaint de douleurs à l’épaule pendant les règles doit être entendue. Ce n’est pas anodin, même si ça reste rare« , détaille notre expert. 

10. Un mal de dos

Il y a des symptômes qui sont liés à des maladies qui sont à un stade plus avancé en termes de douleurs. « Une douleur au niveau du milieu du dos pendant les règles peut être un signe de souffrance rénale. En effet, dans des cas extrêmes, une endométriose qui s’est étendue peut toucher les uretères (tuyaux qui amènent l’urine du rein vers la vessie) et empêcher l’urine d’aller dans la vessie. L’urine s’accumule dans le rein, ce qui à terme, impacte son fonctionnement et dans les cas les plus sévères, entraîne une perte totale de la fonction du rein« , alerte le Dr Donnez.

► Si vous constatez la survenue d’un ou plusieurs de ces symptômes, il est important d’en parler à son médecin traitant ou à son gynécologue qui pourra ensuite vous orienter vers des spécialistes si une endométriose est suspectée. Des examens (par exemple, une échographie pelvienne, une résonnance magnétique pelvienne…) pourront être réalisés pour poser un diagnostic.  

Une endométriose sans symptômes, ça existe ?

A savoir aussi que certaines formes d’endométriose sont asymptomatiques et évoluent silencieusement. Dans ce cas, la maladie est généralement découverte de façon fortuite.

Merci au Dr Olivier Donnez, gynécologue-obstétricien à la Polyclinique Urbain V, établissement Elsan, qui fait partie de l’ensemble des Hôpitaux Privés du Vaucluse à Avignon. 


Source : JDF Santé

Les 6 signes d'un problème de prostate

Les 6 signes d'un problème de prostate

La prostate est une glande qui fait partie de l’appareil reproducteur masculin, située sous la vessie, en avant du rectum. Son principal rôle est de produire le liquide prostatique, riche en enzymes, en protéines et en minéraux qui aident à protéger et à nourrir les spermatozoïdes. A partir de 45-50 ans, il est conseillé de faire surveiller sa prostate et de consulter son médecin en cas de signe anormal. Douleurs, fuites urinaires, brûlures, difficultés d’érection… Ce sont tous des symptômes qui peuvent révéler un problème de prostate. Explications avec le Pr Aurel Messas, chirurgien-urologue à l’Hôpital américain de Paris. 

1. Un jet d’urine lent et saccadé

Un besoin fréquent d’uriner (appelé médicalement pollakiurie), surtout quand ça a lieu la nuit, peut révéler un problème au niveau de la prostate. « L’adénome de la prostate (ou hypertrophie bénigne de la prostate), une tumeur bénigne qui correspond à l’augmentation de volume de la prostate, peut avoir un impact sur la fonction urinaire, ce qui va générer des troubles et un inconfort urinaires (besoins fréquents d’uriner avec de petites quantités d’urine à chaque fois, jet urinaire faible ou nécessité de « pousser » pour uriner, sensation de ne pas avoir vidé complètement sa vessie ndlr), indique le Pr Messas. Il s’agit d’une maladie assez fréquente. Chez les hommes âgés de 50 ans et plus, près de 80% d’entre eux ont anatomiquement un adénome. Mais tous ne vont pas avoir des troubles, ou des symptômes liés à cet adénome de la prostate. Aussi, un patient sur deux va avoir besoin d’un traitement médicamenteux pour résoudre ses troubles urinaires« . En cas de troubles urinaires, il convient de consulter son médecin généraliste ou un urologue, spécialiste des affections urinaires et génitales chez l’homme, afin de faire un examen clinique ou des examens complémentaires utiles au diagnostic.  

2. Des problèmes d’érection

Des problèmes d’érection (dysfonction érectile plus ou moins importante) peuvent parfois être associés à un adénome de prostate. Mais c’est loin d’être systématique. « Dès qu’on parle de prostate, chez le patient apparait la crainte
que les traitements pourraient toucher à sa sexualité, donc à sa capacité à avoir des érections et donc une sexualité épanouie. Or, pour rappel, actuellement, nous arrivons à éviter dans la grande majorité des cas ces troubles
« , tient à rassurer le Pr Messas. Important à savoir : un cancer de la prostate n’entraîne généralement pas de problèmes d’érection. 

3. Une incontinence urinaire

L’incontinence urinaire (fuites urinaires) peut être due à un adénome de la prostate. En effet, une prostate qui augmente de volume peut faire pression sur l’urètre et entraîner des fuites. Toutefois, « si un patient a des troubles urinaires, il y a très peu de chances que ça soit lié à un cancer. En effet, ça commence à devenir assez rare en France de découvrir un cancer au stade où il provoque des troubles urinaires. Ceci grâce au dépistage du cancer par prélèvement sanguin du PSA. Il permet de dépister le cancer des années avant que celui-ci provoque le moindre symptôme », nous explique le Pr Messas.

4. Des brûlures quand on urine

Une sensation de brûlure dans le bas-ventre ou à la miction peut être le signe d’une prostatite, qui correspond à une inflammation douloureuse de la prostate qui peut être liée à une infection bactérienne. Il convient d’en parler à son médecin sans tarder. 

Schema-prostatite
Schéma d’une prostatite © o_a – stock.adobe.com

5. Des douleurs pelviennes

De la même façon, une douleur ressentie dans la zone pelvienne (zone située entre le scrotum et l’anus) ou dans la région lombaire, le pénis ou les testicules peuvent être révélatrice d’une prostatite. Cette douleur peut se caractériser par des mictions qui font mal, un inconfort au niveau des organes génitaux ou une sensation de pression dans le rectum. Une prostatite doit faire l’objet d’une consultation chez un médecin qui pourra prescrire des médicaments (en plus des antibiotiques si la prostatite est d’origine bactérienne) pour soulager la douleur. 

6. Des urines teintées de sang

La présence de sang dans les urines (hématurie en langage médical) peut être révélatrice d’une prostatite ou d’un adénome de la prostate (plus rarement). S’il ne faut pas s’alarmer dans la majorité des cas, des urines sanguinolentes, qu’elles soient ponctuelles ou répétées, ne sont pas anodines. En cas de sang dans les urines, il convient d’en parler à son médecin généraliste ou son urologue qui pourra réaliser une analyse de l’urine, une imagerie de l’appareil urinaire afin de visualiser les reins et les uretères et, au besoin, une cystoscopie, un examen médical permettant d’étudier la paroi interne de la vessie afin d’y déceler d’éventuelles anomalies.

Merci au Pr Aurel Messas, chirurgien-urologue à l’Hôpital américain de Paris. Propos recueillis lors du webinaire consacré à la prostate le 10 février 2023. 


Source : JDF Santé

Quand faire l'amour après un curetage ?

Quand faire l'amour après un curetage ?

Qu’est-ce qu’un curetage ?

Le curetage, technique auparavant réalisée à l’aveugle, n’est plus pratiqué. Désormais, les professionnels parlent d’une hystéroscopie opératoire. « Avec une curette, on gratte toute la cavité utérine. Grâce à l’hystéroscopie, le curetage n’est plus réalisé à l’aveugle mais via une petite caméra qui projette l’image sur un moniteur« , précise Odile Bagot, gynécologue obstétricienne. Cette intervention peut être pratiquée après un arrêt naturel  de grossesse afin de retirer les tissus résiduels de la cavité utérine, il doit se faire tout en douceur afin d’éviter des synéchies (accolement des parois de l’utérus) ultérieures. « On peut aussi pratiquer un curetage appuyé, une endométrectomie, par exemple chez des femmes en préménopause qui souffrent de saignements abondants« , complète la spécialiste.

Peut-on avoir des rapports après un curetage ?

Durant les  jours qui suivent un curetage, il est conseillé de ne pas avoir de rapport sexuel, ni de prendre de bain ou de se rendre à la piscine. 

Au bout de combien de temps ?

On peut généralement reprendre une activité sexuelle dans les 8 à 10 jours qui suivent l’intervention. « Toutefois, dans le cadre d’une hystéroscopie opératoire, cela dépend surtout du geste pratiqué. Je recommande de poser explicitement la question à son praticien afin d’avoir une réponse précise. Si l’intervention est plus complexe, dans le cadre du retrait d’un fibrome par exemple, il conviendra d’attendre 3 semaines« , précise Odile Bagot. 

Si les saignements ne s’arrêtent pas spontanément, il faut consulter un médecin

Quelles précautions prendre ? 

Après une hystéroscopie opératoire, il convient de consulter un spécialiste 8 jours à 1 mois après l’intervention. Des légers saignements sont normaux dans les jours qui suivent, entre 6 et 10 jours. S’ils ne s’arrêtent pas spontanément ou qu’ils sont abondants, il est important de consulter son médecin. 

Quels sont les risques de rapports sexuels après un curetage ?

Le risque est lié à la dilatation du col de l’utérus qui, s’il reste un peu ouvert pourrait permettre le passage de germes. Il convient d’attendre que le col soit bien refermé pour éviter tout risque de d’endométrite, cette infection de l’endomètre causée par un germe qui remonte vers le col de l’utérus. « L’endométrite est la principale complication après une fausse couche« . 

Merci à Odile Bagot, gynécologue obstétricienne et auteure de Mon Guide de Survie Gynéco chez Marabout.


Source : JDF Santé

Syndrome VEXAS : symptômes, traitement, c'est quoi ?

Syndrome VEXAS : symptômes, traitement, c'est quoi ?

Définition : qu’est-ce que le syndrome VEXAS ? 

Le syndrome VEXAS est un acronyme pour Vacuoles, Enzyme UBA1, chromosome X, Autoinflammatoire, Somatique. Il s’agit d’une maladie rare liée à des mutations du gène UBA1, situé sur le chromosome X, au niveau des cellules myéloïdes. « Ces mutations sont dites somatiques, c’est qu’elles ne sont pas présentes à la naissance et apparaissent au cours de la vie« , explique le Pr. Sophie Georgin-Lavialle, médecin interniste à l’hôpital Tenon. Ainsi, le plus jeune patient décrit au monde avec cette maladie a 46 ans. Le syndrome VEXAS a été décrit pour la première fois par une équipe américaine en octobre 2020. « Avant que cette mutation ne soit découverte, on diagnostiquait à ces patients une polychondrite ou une manifestation inflammatoire associée à une probable hémopathie« , développe la spécialiste. Quand l’article est sorti en 2020, de nombreux patients ont pu être diagnostiqués via un séquençage de leur ADN. 

Quelle est la cause du syndrome VEXAS ? 

« En vieillissant nous développons tous des mutations. Les personnes qui développent des mutations dans ce gène UBA1 en particulier vont développer le syndrome VEXAS car la mutation entraîne un excès d’inflammation dans le corps« , répond le médecin. Toutefois, impossible à l’heure actuelle de savoir pourquoi un individu, plutôt qu’un autre développera cette maladie. 

La maladie touche très majoritairement les hommes âgés de plus 50 ans

Quels sont les symptômes du syndrome VEXAS ? 

Les patients présentent une anémie, de la fièvre et des symptômes rhumatologiques, dermatologiques et ont de l’inflammation dans le sang :  

  • Fièvre
  • Douleurs des grosses articulations 
  • Lésions cutanées 
  • Grande fatigue 
  • Anorexie 
  • Perte de poids 

Certains patients souffrent de chondrite, une inflammation des cartilages des oreilles et du nez. On peut aussi retrouver à l’imagerie des anomalies dans les poumons. « Il n’y pas de phase aiguë. On constate parfois des poussées mais l’inflammation est présente en permanence« , note  Sophie Georgin-Lavialle. 

Comment est posé le diagnostic ?

La protéine C réactive, marqueur de l’inflammation, est en permanence très élevée dans le syndrome VEXAS. Cette inflammation est associée à une anémie particulière dans ce syndrome, appelée anémie « macrocytaire », c’est à dire que les globules rouges sont bien plus gros que la normale. « Habituellement, l’inflammation donne une anémie microcytaire. Ainsi, on pense que des mutations touchent également les progéniteurs des globules rouges, ce qui modifie leur taille« , précise notre interlocutrice. Elle ajoute : « une altération de l’état général, de la fièvre, de l’inflammation et une anémie macrocytaire doivent vraiment mettre sur la piste du syndrome VEXAS, surtout si le patient présente des lésions cutanées ». Si l’on fait une ponction de moelle osseuse, on peut observer des vacuoles dans les progéniteurs myéloïdes ce qui a donné la lettre V de l’acronyme VEXAS. Le diagnostic est ensuite confirmé par une analyse génétique faite par une simple prise de sang. 

Qui est le plus touché par le syndrome VEXAS ?

La maladie touche très majoritairement les hommes – qui n’ont qu’un seul chromosome X – âgés de plus 50 ans. La moyenne d’âge des patients se situe aux alentours de 65 ans. « Chez les femmes porteuses de la mutation, le deuxième chromosome X prend le relai et la mutation n’est pas exprimée. Sur les 5% de femmes identifiées à ce jour en France, toutes présentent une monosomie X, elles n’ont qu’un seul chromosome X« , détaille l’interniste. 

Y a-t-il des cas en France ? 

Depuis que la mutation du gène UBA1 est connue, « plus de 250 patients ont pu être diagnostiqués en France« . Cette maladie est présente dans tous les pays du monde. « Nous disposons toutefois de peu de données venues d’Afrique noire, probablement par manque d’accès au séquençage génétique« , souligne-t-elle. 

Traitement : comment soigner le syndromeVEXAS ? 

La plupart des patients répondent bien aux corticoïdes. Mais ces médicaments ont de nombreux effets secondaires. « Le but est donc de réduire les corticoïdes à la dose minimale. On teste donc actuellement des traitements anti-cytokines  – les anti-interleukine 1,les anti-interleukine 6, les inhibiteurs de JAK« , énumère Sophie Georgin-Lavialle. Chez les sujets plutôt jeunes, avec des symptômes lourds et des mutations sévères, une greffe de moelle osseuse est en outre envisageable, et constitue le seul traitement curatif disponible à ce jour. 

Est-ce un syndrome mortel ?

Alors que la maladie vient seulement d’être décrite, les médecins ne disposent pas de suffisamment de données pour être précis sur cette question. « Actuellement, selon nos données encore partielles, on observait un taux de mortalité de 18 % à 5 ans avec une moyenne d’âge de 70 ans environ. L’espérance de vie n’était pas très altérée. Nos prochains résultats seront plus révélateurs car ils seront bâtis sur deux fois plus de patients », explique Sophie Georgin-Lavialle. 

Merci au Pr. Sophie Georgin-Lavialle, interniste à l’hôpital Tenon et professeure à la faculté de médecine Sorbonne université pour son expertise. 


Source : JDF Santé

Uvéite : symptômes, temps de guérison, est-ce grave ?

Uvéite : symptômes, temps de guérison, est-ce grave ?

Une uvéite correspond à l’inflammation de l’uvée dans l’oeil. Dans l’immense majorité des cas, elle est « antérieure » : l’œil est rouge, douloureux, sensible à la lumière et il y a une baisse de vision. Elle guérit à l’aide de gouttes anti-inflammatoires prescrites par un médecin (pas d’automédication !). Qu’est-ce qui provoque une uvéite ? Est-ce grave ? Comment la soigner ? Réponses. 

Quelle est la définition d’une uvéite ?

« L’uvéite est un terme très générique qui correspond à une inflammation de l’uvée. L’uvée désigne toutes les structures vasculaires de l’intérieur de l’œil. qui sont : l’iris, le corps ciliaire et la choroïde« , explique d’emblée le Dr Ludovic N’Kosi, Chirurgien Ophtalmologiste, co-fondateur du Centre Ophtalmologique Paris 17 – SOS Oeil. Pour l’anecdote, l’uvée a une couleur pourpre qui ressemble à la couleur du raisin (en latin, « raisin » se dit « uva »). 

Qu’est-ce qu’une uvéite antérieure ? 

Pour schématiser, il y a trois parties dans l’œil : une partie « avant », une partie intermédiaire et une partie « arrière ». La partie « avant » ou « antérieure » de l’uvée est tout ce qui est en avant de l’iris (la partie qui donne la couleur de l’œil). Ainsi, quand l’inflammation touche la partie antérieure de l’iris : on parle d’uvéite antérieure. C’est l’uvéite la plus fréquente (elle représente près de 80% des uvéites). L’uvéite antérieure guérit toujours si le traitement est mis en place de façon précoce et assidu, mais elle est associée à un risque de récidive.

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Schéma de l’anatomie de l’œil et d’une uvéite © designua – 123RF / Journal des Femmes Santé

Qu’est-ce qu’une uvéite postérieure ?

L’uvéite postérieure correspond à l’inflammation de la choroïde et/ou de la rétine. Elle est beaucoup plus rare que l’uvéite antérieure. « C’est l’uvéite la plus grave car elle est associée à un risque accru de baisse d’acuité visuelle définitive, voire de cécité« , prévient le Dr N’Kosi. Les symptômes sont d’évolution rapide et il y a un risque de séquelles irréversibles. 

Quels sont les symptômes d’une uvéite ?

Les signes d’une uvéite antérieure (la plus fréquente des uvéites) :

  • Un œil rouge
  • Un œil douloureux 
  • Une baisse de la vision
  • Une sensibilité à la lumière (photophobie) : c’est généralement le premier symptôme d’appel pour les uvéites qui récidivent.

► Les signes d’une uvéite postérieure : 

  • Une baisse de vision brutale ou rapidement progressive (quelques jours)
  • La perception de mouches volantes (appelée « myodésopsies »), comme des petits points noirs qui passent en permanence dans le champ de vision
  • L’œil n’est ni rouge ni douloureux

► Il y a aussi l’uvéite intermédiaire qui encore plus rare. Son signe principal : la perception de mouches volantes. 

►Enfin, l’uvéite peut être totale (on parle alors de panuvéite), touchant les secteurs de l’œil à la fois. 

L’uvéite touche-t-elle un seul œil ou les deux yeux ?

« L’uvéite antérieure touche le plus souvent un œil à la fois et quand elle récidive, peut toucher le même œil ou l’autre (et inversement). Une atteinte simultanée des deux yeux est possible, mais plus rare« , explique-t-il.   

Quelles sont les causes d’une uvéite ? 

« Il y a près d’une centaine de causes d’uvéites connues« , souligne notre interlocuteur. Les uvéites sont majoritairement causées :

► Soit par des infections. Les plus fréquentes sont :

  • Virus de l’herpès
  • Virus du zona
  • Tuberculose
  • Toxoplasmose
  • Syphilis

► Soit par des maladies auto-immunes (pour combattre une infection, le corps développe des anticorps. Il arrive que des anticorps s’attaquent aux structures de l’œil). On peut par exemple citer :

  • La sarcoïdose
  • La spondylarthrite ankylosante
  • La polyarthrite rhumatoïde

► Il arrive parfois que les causes sont inconnues (on parle d’uvéite idiopathique), soit parce que l’uvéite est liée à une maladie qui ne s’est pas encore manifestée chez le patient, soit parce que l’uvéite est liée à une cause qu’on ne connaît pas encore. 

L’uvéite est-elle héréditaire ?

« Non, l’uvéite n’est pas héréditaire. Mais il existe des prédispositions génétiques, autrement dit, des terrains génétiques qui favorisent les maladies auto-immunes pourvoyeuses d’uvéites« , rétablit le Dr N’Kosi. 

Comment diagnostique-t-on une uvéite ?

Dans le cas d’une uvéite antérieure : si l’œil rouge et les douleurs peuvent être supportables pour certains patients, la photophobie entraîne généralement une consultation en urgence. Le diagnostic d’une uvéite est fait par l’ophtalmologiste qui va mesurer l’acuité visuelle du patient et faire un examen de l’œil (à la lampe à fente pour la partie antérieure et à l’aide d’un fond d’œil pour la partie postérieure. « Les uvéites postérieurs et intermédiaires peuvent être un peu plus traîtres et insidieuses car les patients peuvent ne pas s’en rendre compte (l’uvéite est généralement unilatérale et touche qu’un seul des deux yeux). Il peut donc y avoir un retard de diagnostic », ajoute notre interlocuteur. 

Quel traitement pour soigner une uvéite ?

La prise en charge dépend du type d’uvéite, l’uvéite antérieure étant, rappelons-le, beaucoup plus fréquente que l’uvéite postérieure ou intermédiaire. « La prise en charge d’une uvéite antérieure est en ambulatoire (sans hospitalisation) et consiste en l’administration de gouttes anti-inflammatoires dans l’œil plusieurs fois par jour (en général, une fois par heure pendant les 48 premières heures et après on diminue progressivement selon la récupération du patient). Le traitement dure au grand minimum un mois (en pratique, il dure plutôt 1 mois et demi-2 mois pour éviter un « rebond inflammatoire »). Il faut poursuivre le traitement jusqu’au bout même si ça va mieux. L’uvéite postérieure, qui est plus grave, nécessite souvent une hospitalisation pour pouvoir administrer les médicaments par les veines (et atteindre le fond de l’œil, là où il y a l’inflammation, ndlr). L’hospitalisation permet également une surveillance accrue et rapprochée en cas de perte de vision ou si on se rend compte que le traitement ne fonctionne pas correctement« , nous explique le chirurgien ophtalmologiste. Si l’uvéite est de cause infectieuse, il convient bien entendu de traiter l’infection en cause. 

Les symptômes s’estompent au bout d’une semaine avec le traitement.

► Attention : dans la majorité des cas, une uvéite récidive. Cependant, il ne faut pas s’auto-médiquer (un patient peut avoir un fond de traitement qui lui reste chez lui par exemple). « C’est très mauvais car le traitement nécessite d’être pris selon un protocole défini. Pris seul, sans consulter un ophtalmologiste, il y a un risque d’effets secondaires liés au traitement qui peuvent être graves (sur le long terme, les complications peuvent être le glaucome et la cataracte)« , insiste notre interlocuteur.   

Quel est le temps de guérison d’une uvéite ?

« En général, environ une semaine après la mise en place du traitement, les symptômes s’estompent et le patient va beaucoup mieux. Toutefois, s’il arrête le traitement brutalement, il repart à zéro et l’uvéite ne sera pas guérie. Il faut donc faire une décroissance progressive du traitement jusqu’au bout pour ne pas que l’inflammation revienne« , insiste l’expert. 

Est-ce grave ? Quelles complications ?

Généralement, les uvéites antérieures guérissent toujours quand le traitement est pris dans les temps et de manière assidue. Néanmoins, les symptômes d’une uvéite ne disparaissent pas tout seuls. « Sans prise en charge, ils peuvent s’aggraver et entraîner des complications : hypertension oculaire, décollement de rétine et baisse d’acuité visuelle définitive ou cécité. Il y a également les complications liées au traitement de l’uvéite qui sont la cataracte et le glaucome« , indique le Dr N’Kosi.  

Comment prévenir une uvéite ?

« Il n’y a aucun geste de prévention pour éviter d’avoir une uvéite« , répond le chirurgien ophtalmologiste. Les personnes qui n’ont jamais eu d’uvéite peuvent tarder à consulter car elles ne savent pas toujours reconnaître une uvéite. En revanche, pour les personnes qui ont des antécédents d’uvéite, elles doivent consulter rapidement dès qu’elles ressentent les premiers symptômes (en général, le premier symptôme est la sensibilité à la lumière) afin de débuter un traitement précoce. Plus le traitement est mis en place tôt, moins il sera long. La durée totale du traitement dépend du niveau d’inflammation qui lui même dépend du moment où le diagnostic a été fait. 

Merci au Dr Ludovic N’Kosi, Chirurgien Ophtalmologiste, Cataracte, paupières et réfractive, Centre ophtalmologique Paris 17 – SOS Œil​​​​​​​


Source : JDF Santé