Quelle est la définition d’une méthémoglobinémie ?
Aussi appelée le syndrome du bébé bleu lorsqu’elle touche les enfants, la méthémoglobinémie fait référence à un taux important de méthémoglobine dans le sang. « Dans les globules rouges, l’hémoglobine transporte notre oxygène. La méthémoglobine est un dérivé de l’hémoglobine qui transporte justement très mal l’oxygène dans les tissus« , explique François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes. Un taux de méthémoglobine normal de 0,5 à 1 % est présent dans le sang de chacun. Au-delà de ce taux, le patient se trouve dans le cadre d’une méthémoglobinémie.
Comment mesurer la méthémoglobine ?
Comme pour la mesure de l’hémoglobine, il est nécessaire de procéder à une prise de sang. Le dosage doit être effectué rapidement après la prise de sang car le taux de méthémoglobine diminue de 10 à 20% toutes les 8 heures. Les biologistes utilisent alors la technique spectrophotométrique, c’est-à-dire la capacité de la méthémoglobine à absorber la lumière.
Quelles sont les causes d’une méthémoglobinémie ?
Il existe deux causes à la méthémoglobinémie :
La méthémoglobinémie congénitale
La méthémoglobinémie acquise
C’est quoi la méthémoglobinémie congénitale ?
Cette forme est due à un gène entraîne un déficit de l’enzyme du NADH-cytochrome b5 réductase. Cette enzyme permet de réduire la méthémoglobine et de la transformer en hémoglobine. Ainsi, grâce à cette enzyme, le taux de méthémoglobine est maintenant en dessous de 1,0%. Dans le cas d’une méthémoglobinémie congénitale, le taux de méthémoglobine peut atteindre 20 à 45%.
C’est quoi la méthémoglobinémie acquise ?
La méthémoglobinémie acquise est contractée à cause d’une exposition à certains produits toxiques qui entraînent une oxydation de l’hémoglobine et la transforme en méthémoglobine. « Ces produits peuvent être certains médicaments, des anesthésiques locaux, des drogues comme du poppers, des aérosols contre les fourmis, des nettoyants industriels, des substances comme le polyphénol, des agents oxydants importés par l’eau du puits, des engrais, du fumier, certains conservateurs…« , liste notre interlocuteur.
Quels sont les symptômes d’une méthémoglobinémie ?
Des signes cliniques apparaissent lorsque le taux de méthémoglobine est supérieur à 10%.
► A partir de 10%, la personne touchée présente une cyanose : des taches bleutées apparaissent sur la peau et au bord des lèvres.
► Entre 30 et 50% de méthémoglobinémie, des signes d’anoxie, de léthargie, de tachycardie, des maux de tête et des troubles respiratoires apparaissent.
► Au-delà de 50%, la personne peut avoir une atteinte du cerveau, des troubles neurologiques, une détresse respiratoire.
► Lorsque le taux de méthémoglobine atteint 70 à 85%, la mort survient.
Traitement : que faire en cas de méthémoglobinémie ?
Dans le cas d’une méthémoglobinémie, qu’elle soit héréditaire ou acquise, les médecins prescrivent des composés réducteurs. Il s’agit le plus souvent de Vitamine C et de bleu de méthylène.
Merci à François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes.
« Un ganglion calcifié est un ganglion qui contient des dépôts calciques visibles en imagerie » explique le Dr Samia Boussouar, radiologue. Tous les ganglions lymphatiques peuvent se calcifier (nous avons des ganglions dans tout l’organisme sauf dans le cerveau). « Les ganglions calcifiés s’observent plutôt surtout au niveau du thorax, mais aussi de l’abdomen et du cou » nous apprend la radiologue.
Pourquoi un ganglion se calcifie-t-il ?
« Les calcifications ganglionnaires sont le plus souvent des séquelles d’une inflammation ou d’une infection comme une sarcoïdose, une tuberculose, ou d’un traitement (radiothérapie, chimiothérapie) contre un lymphome » indique le Dr Boussouar. Certaines maladies liées à des expositions professionnelles comme la silicose peuvent également entraîner la calcification de ganglions. De façon rarissime, un ganglion calcifié est une métastase ganglionnaire de cancer.
Quels sont les symptômes en cas de ganglion calcifié ?
Un ganglion calcifié ne donne aucun symptôme puisqu’il s’agit en fait d’une séquelle d’un processus inflammatoire ou infectieux ou d’un traitement. « C’est un signe de guérison aussi le plus souvent nous banalisons ce ganglion calcifié » rassure le Dr Samia Boussouar.
Est-ce qu’un ganglion calcifié est signe de cancer ?
« Les métastases ganglionnaires sont très rarement calcifiées« souligne le médecin. Et ce n’est pas ce ganglion calcifié qui révèle la tumeur. « Le ganglion calcifié est au second plan. C’est le bilan d’extension en imagerie de la tumeur qui peut fait découvrir un ganglion. Nous ne faisons pas de diagnostic de cancer sur une métastase ganglionnaire calcifiée sauf cas très particulier ».
Quels examens pour reconnaître un ganglion calcifié ?
L’examen de référence pour voir un ganglion calcifié, et de façon générale pour observer les ganglions (taille, morphologie, calcifications…) est le scanner. « Une radiographie thoracique ou abdominale permet de découvrir des ganglions calcifiés de très grande taille ou s’ils sont très nombreux » précise la radiologue.
Comment soigner un ganglion calcifié ?
Le plus souvent, il s’agit d’un processus de guérison après une inflammation ou une infection. Le ganglion lymphatique qui a été inflammation est en voie de guérison. C’est pourquoi un ganglion calcifié est quasiment toujours bénin et ne demande pas de traitement.
Merci au Dr Samia Boussouar, radiologue dans le service d’Imagerie Cardiovasculaire et Thoracique (ICT) – Hôpital Universitaire Pitié-Salpêtrière Groupe hospitalier, et membre du bureau de la Société d’Imagerie Thoracique (SIT).
Quelle est la définition d’une hernie diaphragmatique ?
La hernie de coupole diaphragmatique touche environ 1 naissance sur 3 500 à 5 000 par an. Il s’agit d’une malformation congénitale qui relève d’une anomalie de fermeture du diaphragme. Cela empêche la séparation entre l’abdomen et le thorax permettant aux viscères de s’introduire dans la cavité thoracique, compromettant alors le développement des poumons. Dans 70 à 80% des cas, la hernie se produit du côté gauche.
Quels sont les symptômes d’une hernie diaphragmatique ?
« Lorsque le bébé est in utero, il n’a pas besoin de ses poumons pour respirer car il est branché au cordon ombilical. A la naissance, ces enfants ne peuvent pas respirer seuls. Si on peut on peut prédire le volume des poumons en prénatal grâce à l’échographie, on ne peut pas anticiper la manière dont les poumons vont fonctionner après la naissance », explique Alexandra Benachi, professeur en gynécologie-obstétrique, membre du Centre de Référence Maladie Rare: Hernie de coupole diaphragmatique
Quelles sont les causes d’une hernie diaphragmatique ?
L’origine de la hernie diaphragmatique reste encore méconnue. D’après le Pr Benachi, les causes de la hernie diaphragmatique sont rarement héréditaires, et davantage sporadiques. « Parfois, la hernie peut être associée à des anomalies des gènes ou des chromosomes telles que la trisomie 18, mais cela reste rare. » Il est également très rare, mais possible, que la hernie ne se manifeste qu’à l’âge adulte lors d’un effort de toux, de poussée ou d’une infection.
Qui consulter en cas de hernie diaphragmatique ?
In utero, ce sont les obstétriciens spécialisés en médecine fœtale qui prennent en charge le fœtus et sa mère. A la naissance, le réanimateur prend en charge le nourrisson. Une fois opéré par un chirurgien pédiatre, et stabilisé, le bébé passe en chirurgie pédiatrique ou en pédiatrie générale. Des centres de référence existent à Lille, Clamart et Marseille.
Quels examens pour diagnostiquer une hernie diaphragmatique ?
« En cours de grossesse, le diagnostic est fait lors d’une des échographies de dépistage proposées pendant la grossesse. Dans certains cas, la hernie peut être vue au premier trimestre mais le diagnostic est le plus souvent fait au deuxième trimestre. Une amniocentèse pour rechercher les anomalies chromosomiques possiblement associées est proposée », explique Alexandra Benachi.
Quelles sont les chances de survie ?
Toutes formes confondues, il existe 60% de chances de survie. Certains enfants peuvent cependant présenter des séquelles respiratoires, neurologiques ou, plus rarement, orthopédiques. « Lorsqu’ils sont tous petits, on recommande de ne pas les inscrire en crèche pour éviter qu’ils attrapent des virus respiratoires. Souvent, les trois premières années sont plus compliquées, mais une fois passée les trois ans, les enfants ont une vie quasi normale« , assure le Pr Benachi. Cependant, « en fonction de la mesure du poumon, de la position du foie et du côté de la hernie – c’est plus grave si celle-ci est positionnée à droite – dans certains cas on sait qu’on ne pourra rien faire«
Quel est le traitement d’une hernie diaphragmatique ?
Seule la chirurgie peut traiter la hernie diaphragmatique car celle-ci permet de remettre en place les viscères abdominaux et de refermer le diaphragme.
Quand envisager l’opération ?
« Les enfants présentant une forme peu sévère sont opérés dès les premiers jours. Autrement, il faut attendre que le nourrisson soit stabilisé pour l’opérer. Dans les formes les plus sévères, certains sont opérés in utero. La chirurgie in utero a fait l’objet de deux très gros essais internationaux l’année dernière et aujourd’hui on la propose systématiquement aux parents. »
Merci au Pr Alexandra Benachi, gynécologue-obstétricienne membre du Centre de référence Maladie Rare : hernie de coupole diaphragmatique (Groupe Hospitalier Paris Saclay . – Bicêtre/Antoine Béclère)
Le tabac figure en tête des facteurs de risque de développer une gingivite, cette maladie due à une inflammation de la gencive. « Concrètement, le tabac altère la gencive et surtout le parodonte qui est le tissu de soutien de la dent, soit l’os qui tient celle-ci. La gingivite est une inflammation de la genciveet qui progresse à bas bruit. Mais si elle n’est pas prise en charge suffisamment tôt, elle mène à une résorption des tissus qui soutiennent la dent. C’est ce qu’on appelle la parodontite, un déchaussement qui, sans traitement, conduit à une perte des dents« , explique le Dr. Binhas, chirurgien-dentiste. Si la gingivite est réversible lorsqu’elle est traitée suffisamment tôt, la parodontite est irréversible sans intervention. « La prise en charge passe, selon la situation, par recréer de l’os artificiellement« , note notre expert.
Fumer fait-il mal aux gencives ?
La gingivite progresse à bas bruit, elle peut être asymptomatique et donc n’être à l’origine d’aucune douleur.
Pourquoi a-t-on mal aux dents quand on fume ?
Le tabagisme est à l’origine de douleurs dentaires du fait du déchaussement de la gencive. « Au bout d’un moment, le déchaussement laisse apparaître le collet, cette zone située entre la couronne et la racine de la dent, et qui est beaucoup plus sensible que l’émail. La dent devient alors douloureuse« , précise Edmond Binhas.
L’arrêt du tabac est le seul moyen vraiment efficace contre les risques liés au tabagisme
Par quel procédé le tabagisme abîme-t-il les dents et les gencives ?
La gingivite et la parodontite sont les pathologies les plus fréquentes liées au tabac. « Concrètement, le tabac crée une constriction des vaisseaux au niveau des gencives. Elles sont alors beaucoup plus sensibles à l’attaque de la plaque dentaire. La gencive étant moins irriguée, des poches parodontales se créent par la fonte des tissus qui soutiennent la dent. Viennent alors s’y insérer la plaque dentaire et les bactéries à l’origine de la gingivite puis de la parodontite« , expose le chirurgien-dentiste. Le tabagisme peut être à l’origine de plusieurs autres pathologies : la mauvaise haleine, la formation d’aphtes, la langue noire et villeuse… Il s’agit là de pathologies inconfortables mais toutefois bénignes. Le tabac est aussi responsable de cancers de la bouche, une tumeur peut se développer sur la langue, les joues, le palais, les lèvres ou les gencives. Le tabagisme chronique a aussi un impact sur les traitements bucco-dentaires. La cicatrisation est notamment beaucoup plus longue et difficile chez le fumeur que chez le non-fumeur. « Le tabagisme chronique peut ainsi représenter une contre-indication à la pose d’un implant. Poser un implant sur des gencives inflammatoires, c’est prendre le risque d’un rejet, donc on ne traite qu’après un sevrage« . Ainsi, le tabac impacte directement et indirectement la santé et l’esthétique bucco-dentaire.
Fumer fait-il noircir les gencives et les dents ?
Selon notre spécialiste, « le tabagisme entraîne l’accumulation de dépôt de nicotine et de goudron. Il contribue à la coloration brunâtre inesthétique que prennent les dents chez les fumeurs ». Nicotine et goudron sont donc responsables d’un jaunissement puis d’un noircissement des dents. Habituellement roses lorsqu’elles sont saines, des gencives très rouges peuvent être le premier signe de la gingivite du fumeur.
Fumer fait-il saigner les gencives ?
Les saignements constituent parfois l’un des premiers symptômes d’une infection des gencives. « Toutefois il est tout à fait possible de souffrir d’une gingivite sans saignement, même si le saignement reste un signe de la gingivite« , précise notre interlocuteur.
Comment protéger ses dents et ses gencives quand on fume ?
L’arrêt du tabac est le seul moyen vraiment efficace contre les risques liés au tabagisme. Sans cela, il est important de prendre grand soin de ses dents et de sa bouche – se brosser efficacement les dents au moins deux fois par jour, réaliser des bains de bouche quotidiennement. Il faut aussi être vigilant au tout premiers signes d’infection : gencives rouges, saignements, légère sensibilité due au déchaussement. « Enfin, il est primordial de se rendre chez son dentiste très régulièrement afin de traiter au plus tôt les infections, car la très grande majorité des fumeurs, sinon la totalité, développera des pathologies liées au tabac« , conclut Edmond Binhas.
Merci à Edmond Binhas, chirurgien dentiste, pour son expertise.
La maladie de Chagas est une maladie provoquée par le parasite Trypanosoma cruzi, transmis à l’homme par le biais des excrétions des punaises de la famille des Reduviidae. « Cet insecte hématophage se nourrit du sang des hommes/animaux qu’il pique pendant la nuit. La démangeaison provoquée par cette piqûre va les inciter à se gratter et à répandre les déjections des punaises, porteuses du parasite, sur l’ensemble de leur corps et favoriser ainsi sa circulation et son incubation« , explique Paola Minoprio, directrice de recherche à l’Institut Pasteur.
La transmission se fait en général à travers la piqûre de l’insecte : les déjections déposées par l’insecte après son « repas sanguin » vont être répandues par grattage au niveau de la peau et des muqueuses. « Le parasite est présent dans les excrétions et du fait des démangeaisons que la piqûre provoque, la personne piquée va se contaminer par solution de continuité l’endroit de la piqûre avec les traces de fiantes sous les ongles, dans les yeux si elle se les frotte… Le parasite va ainsi par le biais de la piqûre et/ou au niveau des muqueuses rentrer dans la circulation sanguine et se développer au sein des cellules« , ajoute-t-elle. La maladie de Chagas peut également se transmettre par le biais d’une transfusion sanguine ou de la mère à l’enfant à naître quand le parasite est présent dans la circulation sanguine. « L’établissement français du sang propose aux personnes qui souhaitent faire don de leur sang un questionnaire complémentaire quand elles sont originaires des zones endémiques pour éviter une éventuelle contamination« , précise-t-elle.
6 millions de personnes sont touchées dans le monde par la maladie de Chagas
Par les punaises de lit ?
« Il ne s’agit de pas de punaises de lit« . Les punaises de la famille des Reduviidae sont des insectes que l’on retrouve uniquement en Amérique du Sud et en Amérique centrale, dans les forêts, dans les milieux ruraux et défavorisés. Elles peuvent mesurer entre 2 et 7 cm. Comme elles sont photophobes et évoluent la nuit, on peut s’en protéger grâce à une moustiquaire sur le lit et des répulsifs quand on vit ou on se trouve dans une zone endémique.
Peut-on l’attraper en France ?
La maladie de Chagas ne peut, par définition, s’attraper en France, ces insectes n’évoluant que dans le sud des États-Unis. La maladie de Chagas est endémique en Amérique latine, depuis le Mexique jusqu’en Argentine. Du fait de la forte immigration de ces populations, on peut retrouver aujourd’hui quelques insectes de la famille des Reduviidae au Texas et qui se sont adaptés et perpétués les cycles évolutifs du parasite Trypanosoma cruzi.
Quels sont les symptômes de la maladie de Chagas ?
Les symptômes de la maladie de Chagas sont assez proches de ceux de la grippe donc difficile à distinguer : un mauvais état général, une fatigue, une fièvre un peu élevée (39-40°C), desvomissements et/ou des diarrhées. En fonction de la porte d’entrée du parasite, seul un signe d’inflammation au niveau des yeux sera caractéristique : une conjonctivite bi-palpébrale et uni-oculaire : « un seul œil touché mais les deux paupières gonflées ». On peut aussi observer au niveau de la tuméfaction liée à la piqûre, sur le bras ou sur la main, une inflammation. La maladie évolue en deux phases.
► La phase aiguë, souvent paucisymptomatique, passe généralement inaperçue. « C’est dans cette phase que le parasite va circuler dans le sang, pendant les 30-60 premiers jours de l’infection« .
► Elle est suivie par la phase chronique. « Le parasite va évoluer au niveau des tissus et des organes : le cœur, les muscles, le système digestif… et cela pendant des années, et ne sera plus perceptible ». La majorité des patients reste asymptomatique toute leur vie.
Comment diagnostique-t-on la maladie de Chagas ?
Un test PCR ou une sérologie dans la phase aiguë de la maladie, pendant les symptômes, est la seule possibilité d’identifier le parasite qui circule dans le sang. « Si le test n’est pas réalisé, la maladie va progresser pendant des années« , insiste Paola Minoprio. Dans près d’un tiers des cas, des complications cardiaques, digestives ou neurologiques surviennent 10 ou 25 ans plus tard.
Quel traitement pour soigner la maladie de Chagas ?
Un traitement parasiticide (« cytostatique, cytolytique« ) doit être réalisé dans la période des 30 à 60 jours après l’incubation du parasite dans le sang pour stopper son cycle de reproduction dans les cellules de l’organisme. « Le traitement médicamenteux va agir uniquement dans la phase aiguë, ensuite il est très peu efficace« .
La maladie de Chagas est-elle mortelle ?
La maladie de Chagas est progressive et peut provoquer après des années une maladie fatale comme un infarctus du myocarde. « On parle alors de mort subite : le parasite a évolué au sein des tissus cardiaques pendant des années et en se multipliant a détruit les cellules, affaibli les muscles du myocarde. Le cœur lâche subitement« . D’après les dernières estimations, 6 millions de personnes sont touchées dans le monde par la maladie de Chagas et seulement 10 % d’entre elles pourront en mourir.
Merci à Paola Minoprio, directrice de recherche à l’Institut Pasteur de Paris et responsable du laboratoire des Processus Infectieux à Trypanosomatidés, de l’Institut Pasteur de São Paulo, au Brésil.
En France, 1 personne sur 50 sera directement atteinte par la maladie de Parkinson au cours de sa vie, selon l’association France Parkinson. Cette maladie constitue la 2ème cause de handicap moteur après les AVC et est en constante augmentation, Elle commence le plus souvent après 50 ans mais il y a aussi des formes jeunes. Les premiers symptômes n’apparaissent que cinq à dix ans après le début de la maladie. Les hommes sont atteints 1,5 fois plus que les femmes, selon les chiffres publiés par Santé Publique France.
Définition : qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?
« La maladie de Parkinson est une pathologie chronique neuro-dégénérative, qui entraîne une atteinte progressive et sélective des cellules du cerveau », explique le Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes. Cette destruction prématurée progressive et irréversible de certains neurones de la substance noire du cerveau entraîne un déficit en dopamine. Celui-ci est alors à l’origine des symptômes classiquement de la maladie : tremblements de repos, lenteur des mouvements et rigidité musculaire dit plastique.
Quelle est l’espérance de vie des malades de Parkinson ?
« De nombreuses recherches sont menées pour essayer de jouer sur le processus dégénératif, c’est-à-dire pour freiner l’évolution de la maladie, voir l’arrêter. Le but est ainsi d’éviter l’atteinte d’autres cellules cérébrales« , explique Philippe Damier. Selon les dernières observations de Santé Publique France, les personnes décédées de maladie de Parkinson sont en moyenne plus âgées que les personnes qui ne décèdent pas de cette maladie (84 ansvs 80 ans), moins souvent des femmes, La probabilité de survie à 5 ans est de 62% chez les hommes et de 68% chez les femmes. Plus de 90% des décès ont lieu après 70 ans. Les chutes, une maladie d’Alzheimer et une pneumopathie d’inhalation d’aliments sont les causes de décès les plus fortement associées à la maladie de Parkinson.
Qu’est-ce que la maladie de Parkinson idiopathique ?
La maladie de Parkinson idiopathique (MPI) est la forme la plus fréquente de la maladie de Parkinson, elle touche entre 7 et 8 patients sur 10. Le terme « idiopathique » signifie que la cause de la maladie est inconnue. La maladie de Parkinson, qui survient généralement à un âge avancé, résulte de la dégénérescence des neurones. Les patients atteints de MPI présentent les symptômes caractéristiques de la maladie : tremblements au repos, mauvaise coordination des mouvements, lenteur des mouvements, rigidité, troubles de l’humeur et du comportement. Les traitements proposés à base de lévodopa visent à freiner l’évolution de la maladie.
Quelles sont les causes de la maladie de Parkinson ?
« Les causes de la maladie de Parkinson sont multiples, mais on ne les a pas encore tous identifiés : on sait qu’il y a une origine génétique dans 10 à 15% des cas. Il y a alors un gène en cause, mais dans le reste des cas, c’est multifactoriel : ça peut être à la fois génétique et lié à un facteur environnemental« , détaille le spécialiste.
► La prédisposition génétique touche surtout les personnes jeunes de moins de 45 ans. Le lien entre la maladie de Parkinson et l’utilisation de pesticides par les agriculteurs est désormais reconnu grâce à un décret qui est entré en vigueur le 10 Mai 2012.
► Les facteurs de risques environnementaux sont les produits toxiques de type pesticides ou métaux lourds. La combinaison de ces deux facteurs, génétiques et environnementaux, semble être un facteur de risque de la maladie de Parkinson : la fragilité génétique provoquerait la destruction et la diminution des neurones dopaminergiques et serait aggravée par la présence de toxiques environnementaux.
► La survenue d’un traumatisme important est une autre hypothèse évoquée pouvant expliquer la survenue de cette pathologie.
« Les gens sont en effet persuadés que cette maladie ne touche que les personnes âgées »
Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau ?
La physiopathologie de la maladie de Parkinson permet de comprendre quels sont les mécanismes qui aboutissent à cette pathologie. On sait aujourd’hui que la maladie provient d’un dysfonctionnement du Locus Niger, le principal des noyaux gris centraux du cerveau. En effet, les noyaux gris centraux constituent le système extrapyramidal et c’est lui qui régule le tonus musculaire et les mouvements réflexes involontaires. Dans la maladie de Parkinson, le Locus Niger se dérègle, et cesse peu à peu de sécréter la dopamine. Celle-ci est un neurotransmetteur servant de messager chimique entre deux neurones, indispensable au contrôle des mouvements du corps. Ceci provoque une diminution de la quantité de dopamine. Les premiers signes surviennent lorsqu’environ la moitié des neurones dopaminergiques a disparu.
Rare avant l’âge de 50 ans, sa fréquence augmente ensuite fortement avec le vieillissement. L’âge moyen au diagnostic se situe autour de 75-80 ans. La forme précoce de la maladie, survenant avant l’âge de 40 ans, toucherait entre 5 et 10 % des personnes diagnostiquées. « Lorsque l’on apprend à un patient qui n’a pas 50 ans qu’il a Parkinson, c’est l’incrédulité qui prédomine chez ce dernier. Les gens sont en effet persuadés que cette maladie ne touche que les personnes âgées, voire très âgées. Pourtant les chiffres sont sans appel : la moyenne d’âge des patients atteints lors du diagnostic n’est que de 58 ans. » En conséquence, on imagine bien que ce malentendu rend l’acceptation de la maladie, aussi bien par le patient que par son entourage, particulièrement délicate. Pour Isabelle May, quadra active, l’annonce de sa maladie a été terrible : « Comment pouvais-je, si jeune, avoir cette maladie de vieux ? C’était incompréhensible. L’annonce passée, j’ai réalisé que je ne pouvais pas arrêter de vivre à 48 ans. Une colocataire indésirable nommée « Miss Parkinson » s’était installée dans ma vie et il fallait que j’arrive à l’apprivoiser et à vivre au quotidien avec elle. J’ai refusé de me résigner à être stigmatisée par le regard des autres, aussi mal informés sur la maladie que je l’étais moi-même avant d’en être diagnostiquée. J’ai donc décidé d’aller à la rencontre d’autres jeunes patients via France Parkinson, pour échapper à cette double peine ; pour moi c’était vital d’essayer de changer le regard des autres sur cette maladie et essentiel pour mon entourage qui a subi la violence de l’annonce et qui vit mes fluctuations d’humeur, ma fatigue, mes troubles du sommeil, mes difficultés de concentration. »
Quels sont les symptômes de la maladie de Parkinson ?
« Les premiers signes sont variables« , indique Philippe Damier mais on observe généralement :
le tremblement de repos, (c’est-à-dire un tremblement sans effort), souvent à la main et au bras.
une lenteur au niveau des gestes.
une raideur douloureuse.
En effet, le patient atteint de la maladie de Parkinson éprouve alors des difficultés à effectuer certains mouvements, qui deviennent longs, saccadés et rigides : on appelle ça la bradykinésie. Il a alors de moins en moins tendance à être actif. La rigidité et la raideur atteignent le plus fréquemment les muscles de la colonne vertébrale, la nuque ainsi que les articulations des membres. La symptomatologie est alors trompeuse : les patients touchés par ces symptômes consultent un rhumatologue ou un généraliste, et le médecin ne pense pas à faire des tests cliniques ou à contacter un neurologue. «
Diagnostic : quels examens pour dépister Parkinson ?
La question du diagnostic de la maladie de Parkinson est épineuse. « La maladie met du temps à être diagnostiqué. De plus, la maladie débute de nombreuses années avant les premiers symptômes. Sa progression est à vitesse variable d’un patient à l’autre : il y a des maladies bien contrôlées par traitement médicamenteux et chirurgical, et d’autres plus difficiles« , reconnait le professionnel. Le premier critère pour poser le diagnostic est la présence de deux au moins des trois symptômes majeurs de la maladie :
lenteur dans les mouvements
rigidité
tremblement aux repos.
Une imagerie cérébrale, scanner ou IRM, et une prise de sang sont fréquemment réalisées. Souvent, une amélioration initiale des symptômes sous traitement est un argument fort en faveur du diagnostic de maladie de Parkinson.
« Le principe de base des traitements médicamenteux est de rapporter au cerveau la dopamine »
Quels sont les traitements de la maladie de Parkinson ?
Même si aucun traitement ne peut à ce jour guérir la maladie de Parkinson, des médicaments anti-parkinsoniens associés à une prise en charge globale, à de la kinésithérapie et à des règles hygiéno-diététiques permettent de mieux vivre avec cette maladie. « Le principe de base des traitements médicamenteux est de rapporter au cerveau la dopamine« , explique le spécialiste. Il y a deux possibilités :
► La Levodopa ou L-dopa, précurseur de la dopamine, médicament le plus utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson. Cela signifie qu’il se transforme en dopamine dans le cerveau. « Il est généralement assez bien supporté. Il nécessite au moins 3 prises par jour, à des horaires précises, mais si de trop fortes doses sont données, cela peut entraîner une réponse trop forte, comme de la dyskinésie (mouvements anormaux)« , détaille le neurologue.
► Les agonistes dopaminergiques agissent en mimant l’action de la dopamine. Ils ont une action un peu plus large que la L-Dopa et peuvent avoir un effet sur certains signes non moteurs tels que la dépression. Ils engendrent moins de dyskinésies que la L-Dopa mais ils peuvent provoquer d’autres effets secondaires et notamment des changements de comportement qu’il faut alors signaler au neurologue.
► Quand la maladie évolue, il faut ajuster le traitement avec le temps. « Malheureusement, avec l’âge, on va avoir tendance à avoir une évolution de la maladie au-delà du système à dopamine. Cela signifie que d’autres cellules sont atteintes. Mais cela est difficile à traiter, car les médicaments actuels se concentrent sur la dopamine« , précise Philippe Damier. Ces lésions non-dopaminergiques entraînent deux grandes catégories de symptômes : « Les troubles axiaux : troubles de l’équilibre, parole, avaler… qui ne sont pas bien corrigés par le traitement ». Le second est une atteinte des fonctions intellectuelles : manque d’entrain, difficultés de concentration ou à supporter les traitements. « Ceux-ci rendent confus, hallucinés… C’est le principal problème évolutif de la maladie qui persiste » explique le neurologue.
Le traitement chirurgical de la maladie de Parkinson
Le traitement chirurgical consiste en une stimulation cérébrale profonde (implantation d’électrodes dans le cerveau). Cette forme de traitement étant lourde, elle est réservée à des cas difficiles à traiter. La décision de tenter l’opération se fait au cas par cas. Certains critères guident en outre la décision :
Il s’agit d’une maladie de Parkinson et non d’un syndrome parkinsonien
La maladie a cinq ans d’évolution au moins (cela permet de s’assurer du caractère précédent)
Les signes moteurs ne sont pas trop développés
Il faut avoir moins de 70 ans (il a y, sinon, un risque de séquelles cognitives)
Il n’y a pas de troubles cognitifs ou psychiatriques importants
Il n’y a pas d’autre affection évolutive grave
Quelles sont les conséquences de la maladie de Parkinson ?
Plus la maladie de Parkinson évolue et plus la personne atteinte a des difficultés à bouger, s’habiller, sortir de chez elle… Les complications générales surviennent peu à peu :
les chutes se répètent,
la marche devient très pénible voire impossible,
les pertes d’équilibre s’aggravent ce qui impose peu à peu au malade de rester dans son lit.
les troubles de l’élocution et de la déglutition deviennent de plus en plus handicapants.
un besoin urgent d’uriner est fréquent, car la vessie tend à se contracter alors qu’elle est à peine remplie.
l’apparition d’escarres, de surinfection pulmonaire, une baisse de la tension artérielle en position debout ainsi que des vertiges, des céphalées et des malaises peuvent également s’observer.
des problèmes infectieux peuvent compliquer l’état du malade.
des troubles de l’attention et une difficulté à entreprendre des tâches complexes sont fréquemment observés.
ue dépression peut s’installer progressivement,
des troubles de la mémoire, des épisodes de délire, voire une démence, peuvent survenir également
Merci au Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes.