
La "faim de printemps" : comment contrer ce phénomène pour ne pas prendre 3 kilos en avril ?

Le retour du soleil, les jours qui rallongent, l’énergie qui revient… et l’appétit avec. « Il y a deux moments dans l’année où les gens ont particulièrement faim : au printemps et à l’automne » nous partage Anne-Gaël Florand, praticienne en hypnose à Paris (Médoucine). Ce n’est donc pas qu’une question d’envie ou de gourmandise si vous avez tout le temps envie de grignoter ces derniers jours. « Ces périodes activent des mécanismes hormonaux puissants. On produit davantage de sérotonine, qui régule l’humeur, mais aussi de ghréline, l’hormone de la faim, et de leptine (hormone de satiété). » On dort souvent un peu moins, on bouge plus, on sort davantage… et on a donc besoin de plus d’énergie. Résultat : l’envie de grignoter devient une réponse naturelle et le risque de grossir augmente.
Cette « faim de printemps, je la vois tous les ans » nous confirme Floriane Lecointe Faidy, hypnothérapeute à Saint-Maixent-l’École (79) (Médoucine). Même chez les enfants : « Leur rythme biologique est chamboulé, leur sommeil est parfois moins réparateur, et leur niveau d’énergie fluctue. Cela peut entraîner un rapport plus impulsif à la nourriture. » Et ce n’est pas seulement biologique : « Il y a une dimension émotionnelle forte. Le printemps, c’est la saison du renouveau, des sorties, de la projection vers les vacances… Cela crée à la fois de l’enthousiasme et de la pression ». Chez les ados, « s’ajoute la montée des hormones, ce qui rend l’équilibre plus complexe à trouver ».
« Le printemps, c’est aussi le moment où surgissent partout les injonctions à se reprendre en main, à mincir, à se préparer pour l’été » analyse Anne-Gaël Florand.« plus on se met la pression, plus on risque de déclencher des compulsions alimentaires. Dès qu’on s’interdit quelque chose, on crée de la frustration. Et le cerveau cherche immédiatement à compenser cette tension par une source de plaisir, comme le sucre. » Mais bonne nouvelle : « Le corps finit par retrouver son équilibre, un peu comme quand on descend d’un bateau : on tangue un peu, puis on retrouve son ancrage », rassure Anne-Gaël Florand. Selon elle, il faut « boire de l’eau régulièrement, manger salé le matin pour éviter les pics glycémiques, prévoir des collations saines comme des fruits rouges ou des oléagineux (amandes, pistaches…). Et surtout, éviter la culpabilité. »
L’hypnose peut aussi « permettre de faire la différence entre une vraie faim et une faim émotionnelle. Rien que de se poser la question : « Est-ce que je m’ennuie ? Est-ce que je compense quelque chose ? » peut changer la façon dont on écoute son corps » explique Floriane Lecointe Faidy. Alors si vous avez envie de chocolat à 10h ou de biscuits ou glaces à 16h, respirez, buvez une tisane, posez-vous deux minutes… et s’il reste une vraie envie ? Alors savourez sans culpabiliser.
Source : JDF Santé