Test Covid enfant : PCR, antigénique, salivaire, autotest…

[Mise à jour le 7 janvier 2022 à 13h28] Les enfants peuvent être dépistés du Covid par test PCR, antigénique, salivaire et même autotest (à partir de 3 ans). Les tests chez eux sont pris en charge à 100% sans avance de frais. Depuis le 3 janvier, selon le nouveau protocole dans les écoles, les enfants cas contacts doivent réaliser en plus d’un premier test de dépistage par PCR ou antigénique, deux autotests. Ces autotests sont distribués gratuitement en pharmacie et à faire à la maison. Comment tester son enfant ? Quand ? Quelles consignes en cas de test positif ? Les mêmes que chez l’adulte ? Marche à suivre.

Quand faire tester son enfant ?

« Les tests Covid sont utilisés chez les enfants lorsqu’ils sont malades ou lorsqu’ils sont cas-contact, avec des différences d’indications selon l’âge des enfants » informe Fabienne Kochert, pédiatre libérale à Orléans et Présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).

  • Si votre enfant présente de la fièvre (température supérieure à 38°C) et/ou une toux et/ou des signes digestifs (diarrhées et/ou vomissements), la première recommandation est de ne pas le mettre en collectivité.
  • Si votre enfant a moins de 6 ans, n’est pas cas-contact Covid et que son état n’est pas inquiétant (état général conservé, pas de trouble du comportement, fièvre bien tolérée) et que ses symptômes durent moins de 3 jours, un test Covid n’est pour l’instant pas nécessaire. « Un test Covid est effectué seulement en cas de symptôme inhabituel et cela pour éviter de faire trop de tests chez les jeunes enfants. Un test est effectué si les symptômes persistent plus de 3 jours«  précise le Dr Fabienne Kochert.
  • Si votre enfant malade a plus de 6 ans et n’est pas cas contact COVID, il est conseillé de consulter un médecin, notamment si les signes s’aggravent ou persistent. Celui-ci peut indiquer la réalisation d’un test Covid s’il l’estime nécessaire. C’est le cas si le diagnostic d’une autre maladie infectieuse n’est pas évident (par exemple scarlatine, entérovirose, infections urinaire…) ou si la circulation virale est importante.
  • Dans tous les cas, lorsque votre enfant quel que soit son âge présente des signes inquiétants (forte fièvre mal tolérée, difficultés respiratoires, apathie) il est recommandé de consulter un médecin en urgence ou d’appeler le 15 ou de se rendre aux urgences pédiatriques. Un test de dépistage du SARS-COV2 sera effectué. « Dans tous les cas il est important s’il n’y a pas de diagnostic évident de faire une PCR covid et aussi si l’enfant doit être hospitalisé il faut savoir s’il est covid ou non » précise la pédiatre.
  • Si votre enfant est un cas contact à l’école, il doit se faire immédiatement tester par test antigénique (le plus facilement accessible en pharmacie avec un résultat en 30 minutes à peine). Il peut aussi être testé en laboratoire par PCR (prélèvement dans le nez ou la salive) qui est l’analyse la plus fiable. S’il est cas contact à l’école, il doit depuis le 3 janvier 2022, faire en plus deux autotests à J+2 et J+4 du premier test.

On fera plus facilement un test Covid chez l’enfant de plus de 6 ans parce qu’après 6 ans, les enfants sont moins souvent malades (ils ont acquis l’immunité par rapport à toutes les viroses infantiles) et d’autant plus que le virus circule activement sur le territoire.

Test PCR ou antigénique ?

« Le test de référence est le test RT-PCR mais les tests antigéniques ont une grande utilité chez l’enfant malade si les indications sont bien respectées » informe la pédiatre. « Les tests antigéniques sont pertinents lorsque les enfants sont malades et que les symptômes ont débuté il y a moins de 4 jours » explique-t-elle. Lorsqu’un enfant est cas contact, la recommandation du gouvernement est de faire un test antigénique ou PCR (le PCR est le plus fiable). « Le test antigénique permet d’isoler les personnes contagieuses (adultes ou enfants qui ont une quantité importante de virus). En revanche, il est moins fiable que le test RT-PCR lorsque la charge virale est peu élevée » souligne le Dr Kochert. C’est pourquoi il n’est pas pertinent chez un enfant non malade (comme cela est le cas aussi pour les adultes).

Comment faire un autotest à son enfant ?

AUTOTEST COVID ENFANT
Utilisation d’un autotest Covid chez l’enfant. © Ministère de la Santé

La Haute Autorité de Santé a validé le recours aux autotests de dépistage du Covid chez les moins de 15 ans en avril 2021. Ils sont autorisés à partir de 3 ans. Ce test peut être utilisé, notamment dans le cadre d’un dépistage collectif (école, centre aéré, colonie de vacances, etc.), sur place en pharmacie ou chez soi. L’autotest est destiné aux personnes sans symptôme et cas contacts (depuis le 3 janvier 2022). « Chez les enfants uniquement, l’utilisation est possible en cas de symptômes mineurs compatibles avec la Covid (par exemple : nez qui coule, toux, fièvre modérée). Au moindre doute, en cas de symptômes ou de contact avec une personne testée positive à la Covid » informe le ministère de la Santé. Leur efficacité varie entre 50 et 60% chez les asymptomatiques ; et 70-80% chez les symptomatiques.

  • Un autotest positif doit être confirmé par un test RT-PCR, notamment pour identifier le variant en cause. L’enfant doit s’isoler en attendant.
  • Un résultat négatif n’exclut pas que la personne testée soit porteuse du virus. La HAS rappelle donc la nécessité de continuer à respecter les gestes barrières.

Test salivaire chez l’enfant

La Haute Autorité de Santé a rendu un Avis favorable au déploiement des tests salivaires chez les enfants, dans les écoles, le 11 février. A compter de cette date, une école peut ainsi proposer un dépistage collectif des enfants par test salivaire. Le test est réalisé par recueil d’un crachat de l’enfant dans un petit pot stérile. Les tests salivaires sont analysés par RT-PCR (la même méthode d’analyse que le test nasopharyngé). Le recueil du consentement auprès des parents ou du représentant légal est systématique avant la première intervention dans un établissement et valable pour l’ensemble des opérations de dépistage qui y seront réalisées. Réalisé en laboratoire, le test salivaire chez le mineur est pris en charge sans avance de frais par l’Assurance maladie. Tous les laboratoires n’en font pas, mieux vaut poser la question ou regarder sur Sante.fr.

Quel test quand l’enfant est cas contact ?

Quand un enfant est cas-contact (contact sans respect des mesures barrières avec une personne malade ou PCR +) à l’école, le gouvernement recommande la réalisation d’un test antigénique en pharmacie (le plus simple) ou PCR (dans un laboratoire d’analyses médicales) qui est le plus fiable. Ce test doit être réalisé immédiatement puis deux autotests doivent être faits à J+2 et J+4. Dans la sphère privée, les consignes sont les mêmes pour l’enfant et pour l’adulte. L’enfant ayant un schéma vaccinal complet doit réaliser un test TAG ou RT-PCR dès qu’il sait qu’il est cas contacts, puis effectuer des autotests à J2 et J4. Si le test est positif, la personne devient un cas et démarre un isolement. L’enfant non vacciné ou ayant un schéma vaccinal incomplet doit s’isoler 7 jours à compter de la date du dernier contact et pour sortir de quarantaine doit réaliser un test antigénique ou RT-PCR et avoir un résultat négatif au bout des 7 jours (pleins).

protocole école 2022
Nouvelles règles d’isolement à partir du 3 janvier 2022 pour les enfants à l’école. © Ministère de l’Education nationale

Quel test quand l’enfant a des symptômes Covid ?

En cas d’indication d’un test, l’enfant peut être testé directement au cabinet médical si votre médecin traitant ou votre pédiatre fait les tests antigéniques. « Cela permet de ne pas multiplier les intervenants auprès des enfants ce qui est anxiogène, et de pouvoir expliquer tout de suite aux enfants et aux parents le résultat du test et les mesures à prendre. La famille part avec un diagnostic et une conduite à tenir » estime le Dr Fabienne Kochert. Si votre médecin ne fait pas les tests Covid dans son cabinet médical, un test antigénique peut être fait dans les pharmacies qui les effectuent ou dans un laboratoire d’analyses médicales. Si un enfant présente des symptômes depuis plus de 4 jours, c’est un test RT-PCR qu’il faut réaliser dans un laboratoire d’analyses médicales.

Comment se déroule le test chez les enfants ?

Les tests RT-PCR et antigénique se déroulent de la même façon chez les enfants que chez les adultes. « Il s’agit dans les deux cas d’un prélèvement naso-pharyngé postérieur, le geste est un peu invasif mais parfaitement supportable s’il est bien expliqué à l’enfant » précise le Dr Fabienne Kochert. Avec les autotests, le prélèvement est nasal donc moins profond. Enfin, les laboratoires peuvent réaliser des tests salivaires analysés ensuite par la technique RT-PCR, quasiment aussi fiables donc que le test nasopharyngé.

Quelles recommandations quand le test est négatif ?

Si le test de dépistage est négatif, l’enfant n’est a priori pas contaminé par le virus de la Covid-19 mais il doit continuer de respecter les gestes barrières (masque, distance…). A l’école, l’enfant de moins de 12 ans cas-contact dont les tests sont négatifs peut continuer d’aller en classe. Même chose pour les plus de 12 ans vaccinés. En revanche, les plus de 12 ans non vaccinés ou ayant un schéma vaccinal incomplet doivent s’isoler 7 jours et faire un test PCR ou antigénique au bout des 7 jours. L’isolement sera levé si ce test est négatif.

Que faire en cas de test positif ?

Pour les enfants positifs ayant un schéma vaccinal complet (rappel réalisé conformément aux exigences du pass sanitaire) : l’isolement est d’une durée de 7 jours (pleins) après la date du début des signes ou la date du prélèvement du test positif. Au bout de 5 jours, l’enfant peut sortir d’isolement s’il effectue un test antigénique ou RTPCR et celui-ci est négatif ; s’il n’a plus de signes cliniques d’infection depuis 48h. Si le test réalisé est positif ou si la personne ne réalise pas de test, son isolement est maintenu à 7 jours. Elle ne réalise pas un second test à J7.

Pour les enfants positifs ayant un schéma vaccinal incomplet (rappel non réalisé) ou non vaccinés : l’isolement est de 10 jours (pleins) après la date du début des signes ou la date du prélèvement du test positif. Au bout de 7 jours, l’enfant peut sortir d’isolement s’il effectue un test antigénique ou RTPCR et celui-ci est négatif et s’il n’a plus de signes cliniques d’infection depuis 48h. Si le test est positif ou si l’enfant ne réalise pas de test, l’isolement est de 10 jours. En cas d’autotest positif : le résultat doit être confirmé par un test RT-PCR.

Combien coûtent les tests chez les enfants et est-ce remboursé ?

Les tests ne sont pas payants pour les mineurs, qu’il s’agisse des tests antigéniques réalisés en pharmacie ou des tests PCR en laboratoire. Pour les autotests, s’ils sont réalisés pour un enfant cas contact dans le cadre du protocole scolaire, ils sont aussi gratuits. En revanche, s’ils sont achetés pour un dépistage dans la sphère privée, il faut les payer (5.20 euros l’autotest comme chez l’adulte).

Quand faire un test à l’école ?

Des tests peuvent être proposés aux élèves dès la maternelle après autorisation parentale dans le cadre de la stratégie de maîtrise de la circulation des variants du coronavirus, informe le ministère de l’Education. Ces tests peuvent être antigéniques nasaux (tests rapides TDR, TROD et autotest) ou salivaires. Ils « apparaissent pertinents pour briser des chaines de contamination, notamment en milieu scolaire » indique la HAS le 26 avril en délivrant des résultats en 15 à 30 min. Leur efficacité analysée dans la population générale asymptomatique varie de 50 à 58%. Chez les enfants « les quelques études cliniques sont rassurantes quant à leurs performances », indique la HAS. Le recueil du consentement auprès des parents ou du représentant légal est systématique avant la première intervention dans un établissement et valable pour l’ensemble des opérations de dépistage qui y seront réalisées. Les résultats ne sont communiqués qu’aux parents, pas à l’école.

Merci à Fabienne Kochert, pédiatre libérale à Orléans et Présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).

Source : JDF Santé