Staphylocoque doré : symptômes, s'en débarrasser, contagieux ?

Définition

Le staphylocoque est l’une des bactéries les plus fréquemment rencontrées à l’état naturel. Elle est présente sur la peau chez 20 à 30% des individus. Le staphylococcus aureus (staphylocoque doré) est, parmi les différents types de staphylocoques, celui qui a le plus grand pouvoir pathogène : il est à l’origine de différents types d’infections, plus ou moins sévères. Ce pouvoir pathogène tient à l’élaboration par la bactérie de différentes substances à effets nécrotiques au niveau de la peau, ou toxiques. 

Localisation 

« Le staphylocoque doré est un germe de la peau qui se met sur ce que l’on appelle des gîtes cutanés ou muqueux qui sont : le nombril, les narines et les aisselles. Il y a des endroits du corps où il peut particulièrement rester malgré une toilette minutieuse « , explique le Dr Valérie Rabier, infectiologue au CHU d’Angers.

Comment attrape-t-on un staphylocoque doré ?

Le staphylocoque doré se transmet principalement par le contact cutané, en particulier par les mains, la bactérie pouvant survivre longtemps sur une surface contaminée. D’où l’intérêt de se laver les mains fréquemment. « À l’hôpital, le lavage des mains entre chaque patient protège contre la diffusion de ce microbe « , commente l’infectiologue. Autrement dit, si la personne se touche le nez, la bactérie se retrouve sur ses doigts et va alors continuer de se propager via le serrage de mains où le toucher d’objets contaminés. 

Est-ce contagieux ?

Le staphylocoque est très contagieux mais l’infection se révèle bénigne le plus souvent. On ne va donc pas chercher à éradiquer la bactérie chez quelqu’un qui est porteur d’une souche sans marqueur de virulence. « Il existe des souches un peu plus virulentes qui circulent en Amérique du Nord, en Afrique et en Océanie. Ce type de staphylocoque sécrète des toxines de Panton Valentin qui entraîne des infections cutanées plus graves, notamment avec l’apparition de furoncles plus importants mais aussi des infections pulmonaires, des infections ostéo-articulaires qui peuvent être gravissimes et ce, d’autant plus que ces souches peuvent se diffuser dans un foyer, par exemple dans une famille ou dans une communauté. Ces souches que l’on souhaite éradiquer sont très contagieuses « , ajoute la spécialiste. 

20 % de la population est porteuse du staphylocoque doré et ne présente aucun symptôme

Quels sont les symptômes d’un staphylocoque doré ?

« 20% de la population est porteuse du staphylocoque doré et ne présente aucun symptôme. En revanche, quand on est porteur de souches un peu plus virulentes, les symptômes peuvent se manifester par des furoncles à répétition, indique le Dr Valérie Rabier. D’autres souches un peu particulières de staphylocoque doré peuvent donner chez les enfants des impétigos avec des infections sur le pourtour de la bouche. Ce sont surtout des infections cutanées mais le staphylocoque doré peut malheureusement entraîner des manifestations beaucoup plus graves lorsqu’il franchit la barrière cutanée, il peut entraîner des septicémies avec des atteintes du cœur, des os, des vertèbres et du poumon« . 

Quelles maladies peut causer un staphylocoque doré ?

Le staphylocoque doré est la principale bactérie en cause dans les infections cutanées avec formation de pus notamment dans le cas de :

  • furoncles,
  • panaris,
  • folliculite,
  • sycosis,
  • impétigo,
  • orgelet
  • abcès.

Les autres infections localisées liées au staphylocoque doré sont notamment :

  • des infections de l’appareil respiratoire : pneumonie et pleurésie
  • l’endocardite (coeur), 
  • des phlébites septiques
  • des sinusites
  • les infections des os et des articulations : ostéomyélites, arthrite et spondilodiscite.

Comment entraîne-t-il une septicémie ?

Une infection par staphylocoque non traitée peut évoluer en septicémie (multiplication de la bactérie dans le sang). Elle peut entraîner de graves complications (ex : choc septique, potentiellement mortel ou le syndrome du choc toxique (SCT). « Lorsqu’on est fragile (diabétique, cirrhotique.), on est plus à risque de contracter un staphylocoque « , souligne l’infectiologue.

Intoxications alimentaires à cause du staphylocoque doré

Le staphylocoque doré peut être impliqué dans les intoxications alimentaires (généralement bénignes). En France, il est d’ailleurs en tête des bactéries responsables d’intoxications alimentaires. Les principales causes de l’intoxication sont la présence, dans l’aliment ingéré, d’une entérotoxine produite par staphylococcus aureus, la mauvaise conservation des aliments (ex : décongélation-recongélation), ou la contamination de l’aliment lors d’une manipulation comme par exemple des mains souillées. 

Maladies nosocomiales causées par le staphylocoque doré

Le staphylocoque doré est fréquemment impliqué dans les infections dites nosocomiales, qui sont contractées dans un établissement de santé. Cette situation est due à la sélection naturelle des germes dans l’écosystème hospitalier, qui a plusieurs facteurs comme par exemple la prescription d’antibiotiques aux patients, l’utilisation de produits antiseptiques et de désinfectants, qui favorisent le développement de germes dits résistants à l’environnement. Dans les hôpitaux, le risque de transmission du staphylocoque doré est majoré par l’utilisation de différents équipements médicaux : aiguilles, sondes, canules, cathéters, drains, etc. Les patients s’exposent notamment au risque de transmission du staphylocoque doré multirésistant, une souche résistante à l’antibiothérapie, et qui peut être à l’origine de nombreuses complications. « Grâce au lavage des mains par des solutions hydro-alcoolique, on limite la diffusion de ces infections« , commente la spécialiste.

Comment se débarrasser du staphylocoque doré ?

« Quand on n’est pas malade et que la souche ne présente pas de virulence particulière, on ne fait rien. À contrario, lorsque la souche est particulièrement virulente, on propose aux différentes personnes du foyer des douches antiseptiques, des crèmes dans le nez, sous les aisselles et dans le nombril « , explique l’infectiologue. Ces traitements relèvent d’une décontamination. Si la bactérie entraîne une infection, des antibiotiques ont prescrits

Que faire en cas de furoncle à cause d’un staphylocoque doré ?

La Haute Autorité de Santé a donné des recommandations précises sur la prise en charge des furoncles causés par un staphylocoque doré. Cette prise en charge est mise en place par le médecin traitant : 

Furoncle isolé et non compliqué chez l’adulte et chez l’enfant : ne pas traiter par antibiothérapie locale ou générale. La prise en charge recommandée comprend uniquement des soins locaux : pas de manipulation du furoncle ; soins de toilette quotidiens (lavage à l’eau et au savon) ; incision de l’extrémité par un professionnel de santé et protection de la lésion avec un pansement.

► Furoncle compliqué ou à risque de complication chez l’adulte : Réalisation d’un prélèvement bactériologique ; Antibiothérapie (clindamycine ou pristinamycine) ; changement de linge et toilette à l’eau et au savon tous les jours. Il est recommandé de ne pas utiliser une antibiothérapie locale (crèmes).

► Furoncle compliqué ou à risque de complication chez l’enfant : Réalisation d’un prélèvement bactériologique. Antibiothérapie  (amoxicilline-acide clavulanique). En cas d’allergie à la pénicilline : sulfaméthoxazole-triméthoprime (enfants < 6 ans) ; clindamycine (enfants > 6 ans).

Que faire en cas d’impétigo à cause d’un staphylocoque doré ?

La HAS recommande : 

  • Soins de toilette quotidiens ou biquotidiens, avec nettoyage à l’eau et au savon.
  • Ne pas appliquer d’antiseptiques locaux en plus des soins de toilette.
  • Impétigos localisés ou peu étendus : pas d’antibiotique par voie générale mais antibiothérapie locale (mupirocine en première intention plutôt que l’acide fusidique) 
  • Forme grave d’impétigos : applications biquotidiennes de vaseline (après les soins de toilette) ; antibiothérapie par voie générale (pristinamycine ou céfalexine chez l’adulte) ; (amoxicilline-acide clavulanique ou céfadroxil chez l’enfant – si allergie à la pénicilline : josamycine).

Merci au Dr Valérie Rabier, infectiologue au CHU d’Angers.


Source : JDF Santé