Scandale Buitoni : image choc, combien d'enfants malades ?

[Mise à jour le 1er avril 2022 à 09h37] De nouveaux cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) sont signalés en France chez des enfants, indique Santé Publique France le 30 mars. L’agence de santé confirme ce jour le lien avec la consommation de pizzas surgelées Buitoni de la gamme Fraîch’Up Ce syndrome est une grave complication d’une intoxication provoquée par la bactérie Escherichia coli ou E.coli retrouvée dans les pizzas lors des analyses. 41 cas de SHU sont confirmés à date, deux enfants sont décédés. RMC a dévoilé des images choc de l’usine Buitoni de Caudry dans le nord de la France où sont produites les pizzas de la gamme Fraîch’Up. C’est un ancien salarié de l’usine qui a envoyé ces images montrant des conditions d’hygiène déplorables : « Quand on voit des champignons au mur, on sait que ça ne va pas. La peinture des barres en métal s’écaillait. Il y avait des bouts de nourriture qui restaient à certains endroits pendant plusieurs jours, plusieurs semaines. Dans des bacs de rattrapage de sauce, on pouvait retrouver des mégots de cigarettes. Là où la farine est envoyée sur les tapis, pour que la pâte ne colle pas, il y avait des vers de farine. » a-t-il raconté à nos confrères. Buitoni (groupe Nestlé) a reconnu que ces photos ont bien été prises dans l’usine mais que ce n’est « jamais aussi sale » habituellement. Des familles d’enfants malades ont porté plainte contre X et se regroupent maintenant pour lancer une procédure pénale. Quelles sont les pizzas concernées ? Que faire si on en a à la maison ? Peut-on être remboursé ? Qu’est-ce que la bactérie E.coli ?

C’est quoi le Scandale alimentaire lié à Buitoni ?

La marque Buitoni est au coeur d’un scandale alimentaire. En cause, un lien confirmé par les autorités sanitaires françaises entre leurs pizzas surgelées de la gamme Fraîch’Up et des cas graves d’intoxications alimentaires chez des enfants ayant entraîné (à date) deux décès. Les faits commencent en janvier 2022. Plusieurs cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) pédiatriques et d’infection grave à Escherichia coli sont signalés aux autorités sanitaires. 

► Au 24 février, le ministère de la Santé rapporte 13 cas de SHU chez des enfants, liés à des bactéries Escherichia coli présentant des caractéristiques similaires. Ces cas sont survenus dans 5 régions de France métropolitaine. Le premier décès est annoncé. La marque Buitoni n’est pas encore citée. Plusieurs sources de contamination sont investiguées dont l’ingestion d’aliments contaminés consommés crus ou peu cuits. 

► Le 11 mars, dans un nouveau point de situation, le ministère confirme 26 cas identifiés de SHU ayant les mêmes caractéristiques que ceux de février (13 de plus). Ces cas sont survenus dans 9 régions françaises. Un deuxième décès d’enfant est confirmé. Aucune source de contamination n’est encore incriminée.

► Le 17 mars, un nouveau cas de SHU est confirmé ce qui porte le nombre de cas totaux similaires à 27 cas.

► Le 18 mars, Buitoni rappelle toutes ses pizzas surgelées Fraîch’Up « après avoir été informé de la présence de bactéries E-coli dans la pâte d’une pizza surgelée » de cette gamme. « Les analyses épidémiologiques, microbiologiques et de traçabilité menées suggèrent, à ce stade, un lien possible avec la consommation de pizzas surgelées de la gamme Fraîch’Up de la marque Buitoni » précise le ministère de la Santé.

« Quand on voit des champignons au mur, on sait que ça ne va pas »

► Le 30 mars, Santé Publique France « confirme un lien entre plusieurs cas et la consommation de pizzas surgelées de la gamme Fraîch’Up de la marque Buitoni contaminées par des bactéries Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines ». 41 cas de SHU sont identifiés, soit 14 cas de plus par rapport au dernier point de situation du 17 mars. Ces cas sont survenus dans 12 régions métropolitaines.

► Le 31 mars, RMC dévoile des images choc de l’usine Buitoni de Caudry dans le nord de la France où sont produites les pizzas de la gamme Fraîch’Up. C’est un ancien salarié de l’usine qui a envoyé ces images montrant des conditions d’hygiène déplorables : « Quand on voit des champignons au mur, on sait que ça ne va pas. La peinture des barres en métal s’écaillait. Il y avait des bouts de nourriture qui restaient à certains endroits pendant plusieurs jours, plusieurs semaines. Dans des bacs de rattrapage de sauce, on pouvait retrouver des mégots de cigarettes. Là où la farine est envoyée sur les tapis, pour que la pâte ne colle pas, il y avait des vers de farine. » a-t-il raconté à nos confrères. Buitoni (groupe Nestlé) a reconnu que ces photos ont bien été prises dans l’usine mais que ce n’est « jamais aussi sale » habituellement. Nestlé a confirmé que les tests qu’il réalise lui-même dans son usine de Caudry sont négatifs, les autorités sanitaires poursuivent leurs investigations.

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Quels sont les produits rappelés par Buitoni ?

L’entreprise Buitoni rappelle toutes les pizzas de la gamme Fraîch’Up, de marque Buitoni, commercialisées. Par exemple :

  • Fraîch’Up 4 fromages
  • Fraîch’Up Royale
  • Fraîch’Up Poulet
  • Fraîch’Up Bolognaise
  • Fraîch’Up Reine blanche
  • Fraîch’Up 3 viandes
pizza buitoni ecol
Exemple d’une pizza Fraîch’Up de Buitoni rappelée. © Buitoni

Les autorités demandent aux personnes qui détiendraient des pizzas Fraîch’Up de marque Buitoni de ne pas les consommer (même après cuisson) et de les détruire. Chaque foyer est invité à s’assurer que son congélateur n’en contient pas. Il est également recommandé aux personnes détenant dans leur congélateur des pizzas surgelées ayant été séparées de leur boîte, et dont la gamme et la marque ne peuvent pas être formellement identifiées ou clairement connues, de ne pas les consommer et de les détruire. Au-delà des contrôles, si des consommateurs constatent que des pizzas Fraîch’Up de la marque Buitoni sont encore commercialisées, ils sont invités à réaliser un signalement sur la plateforme SignalConso.

Combien de décès sont recensés ?

Selon Santé Publique France, au 30 mars, deux enfants sont décédés. En cause, le syndrome hémolytique et urémique (SHU). Il s’agit d’une complication infectieuse le plus souvent d’origine alimentaire rare en France mais grave. On parle de syndrome « Hémolytique » car cela signifie qu’il y a « une destruction des globules rouges du sang » (responsable d’une anémie et d’une baisse des plaquettes) et « Urémique » car il y a de l’urée dans le sang. L’urée est un déchet du corps éliminé par les reins dans les urines. L’augmentation de l’urée dans le sang et d’autres déchets comme la créatinine traduit une insuffisance rénale. 

Qu’est-ce que la bactérie E.coli à l’origine de la contamination ?

Escherichia Coli ou « E.coli » est une bactérie présente dans l’intestin des êtres humains et de certains animaux, en particulier des ruminants. Utile, elle empêche d’autres bactéries de coloniser la flore intestinale et d’engendrer des maladies. Lorsqu’elles sont dans l’intestin, la majorité de ses souches sont inoffensives et ne provoquent aucun symptôme. Certaines sont en revanche pathogènes. Eliminées par les selles des animaux, elles peuvent contaminer l’environnement (eau, fumier, sol) et les aliments. Elles supportent bien le froid (survie de plusieurs jours dans un réfrigérateur) mais normalement pas la cuisson. 

Quels signes doivent alerter après la consommation des pizzas ?

Les autorités rappellent qu’après la consommation des produits concernés par le rappel, il est important de consulter rapidement un médecin en signalant cette consommation si :

  • dans les 10 jours (ou moins), les personnes présentent de la diarrhée, des douleurs abdominales ou des vomissements ;
  • dans les 15 jours les personnes présentent, des signes de grande fatigue, de pâleur, une diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées. 

En l’absence de symptômes dans les 15 jours suivant la consommation, il est également rappelé qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Comment se fait le remboursement des produits ? 

Munis d’une photo de l’emballage avec les références du produits (Date Limite de Consommation, numéro de code barre, numéro de lot, heure de production), les consommateurs peuvent appeler le numéro de téléphone mis à disposition par l’entreprise pour obtenir un remboursement : 0800 22 32 42.

Sources : 

Cas graves de syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez l’enfant : de nouveaux cas signalés, les autorités sanitaires rappellent les conduites à tenir. 30 mars 2022. Santé Publique France.

Communiqués de presse du ministère de la Santé.


Source : JDF Santé