Retarder ses règles : comment faire ? Sans danger ?

Quelle femme n’a pas déjà été contrariée à l’idée d’avoir ses règles dans un moment délicat ? Comme une soirée en amoureux, un marathon, une compétition de piscine, des vacances à la mer, un mariage ou « un examen qui ne doit pas se faire pendant la période des règles comme par exemple l’hystéroscopie, une chirurgie gynécologique ou une procédure de fécondation in vitro (FIV) pour laquelle il faut maîtriser le cycle à quelques heures près » ajoute le Pr Xavier Deffieux, gynécologue-obstétricien. Autre raison médicale de retarder ses règles : si la femme souffre de règles très douloureuses (adénomyoseendométriose, de fibromes utérins) ou de ménorragies (saignements menstruels abondants et prolongés). Le retardement des règles pendant plusieurs mois peut aider à soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie. Certaines femmes souffrent de migraines menstruelles qui surviennent généralement peu de temps avant ou pendant leurs règles. Retarder les règles peut prévenir ou réduire la fréquence et l’intensité de ces migraines. Mais comment faire ? Différentes options sont disponibles mais il est important de rappeler qu’elles doivent être discutées avec un professionnel de santé afin de prendre une décision adaptée et sans risque. Conseils de notre expert.

Comment retarder ses règles avec la pilule ? 

Si vous prenez une pilule contraceptive combinée (contenant à la fois des hormones progestatives et oestrogéniques), vous pouvez prendre les comprimés sans interruption en sautant la semaine du cycle menstruel autrement dit en enchaînant deux plaquettes de pilule sans pause. Attention, si votre plaquette contient des comprimés placebo, il ne faut pas les prendre.

Progestatif. Les pilules progestatives peuvent également être utilisées pour retarder les règles en la prenant en continu mais il faut s’y prendre un mois avant les règles à bloquer. La patiente peut commencer à prendre une pilule progestative le premier jour de ses règles et la continuer jusqu’à la période souhaitée pour les retarder. Les pilules progestatives en continu font disparaître les règles.

Quels médicaments permettent de retarder les règles ?

Des médicaments injectables (piqûres) permettent de mettre la femme en état de ménopause thérapeutique ce qui arrête ses règles en abaissant le taux d’œstrogènes dans le sang. « Ce sont les agonistes ou antagonistes de la GnRH c’est-à-dire qu’ils bloquent l’action de la GnRH, une hormone qui participe à la production des hormones dans le corps impliquées dans le cycle menstruel. Triptoréline ou leuproréline sont deux médicaments proposés avec cette indication » explique le gynécologue. Ces médicaments ne peuvent être prescrits que sur avis médical puisqu’ils répondent à des indications précises dont l’endométriose ou les fibromes utérins.

« On évite de modifier intentionnellement son cycle menstruel sans avis médical »

Le médecin associe l’add-back thérapie à ces injections. Il s’agit d’un traitement médicamenteux qui consiste à apporter des œstrogènes pour atténuer les effets secondaires (par exemple la déminéralisation des os liée à la situation de ménopause artificielle) sans compromettre les bénéfices thérapeutiques du traitement.

Comment retarder ses règles d’un jour ?

Hormis le cas où une femme est sous pilule, « si une patiente souhaite un moyen pour décaler ses règles rapidement, à savoir dans les 1 à 2 jours, ce ne sera pas faisable » répond catégoriquement notre expert.

Est-ce que c’est risqué de retarder ses règles ?

Décaler sa pilule de temps en temps pour un évènement n’aura pas d’impact majeur sur la santé si le traitement est pris depuis longtemps et bien toléré par l’organisme de la patiente. Cela peut néanmoins provoquer des effets secondaires tels qu’une perturbation des cycles menstruels ultérieurs avec des saignements irréguliers et de légères pertes de sang (spotting). « Certes, les règles font partie de la physiologie de la femme en tant que témoin d’un cycle hormonal normal. En revanche dès lors qu’elle ne souhaite pas être enceinte, bloquer ses règles n’entraine pas de problèmes de santé » soutient le gynécologue. Quant aux autres effets secondaires, on retrouve ceux liés aux traitements hormonaux (pour les femmes sous contraceptif hormonal) selon les classes thérapeutiques à savoir :

  • une prise de poids
  • des troubles de l’humeur
  • des bouffées de chaleur 
  • des tensions mammaires 

​​​​​​« Concernant les médicaments prescrits pour retarder le cycle menstruel en mettant la femme sous ménopause artificielle, sous réserve qu’il soit bien accepté et sans contre-indication de phlébite, ils ne posent aucun problème pour la santé. Les médicaments macroprogestatifs peuvent causer des méningiomes, mais c’est exceptionnel » tient à rappeler notre interlocuteur. Cependant, il est conseillé d’en discuter avec un professionnel de santé. Ils pourront évaluer votre situation individuelle, discuter des options disponibles, expliquer les avantages et les risques potentiels, et vous fournir des recommandations personnalisées. « On évite de modifier intentionnellement son cycle menstruel sans avis médical » conclut le gynécologue. 

Merci au Pr Xavier Deffieux, gynécologue obstétricien à Clamart.


Source : JDF Santé