Qu'est-ce que le cancer de l'endomètre dont souffre Julie Piétri ?

[Mis à jour le 1er mars 2023 à 15h18] La chanteuse Julie Piétri a annoncé sur son compte Instagram le 28 février 2023 être atteinte d’un cancer de l’endomètre. « Je vais être opérée le 7 mars. Pour ça, vous savez que je suis prête à lutter même si des fois j’ai le cœur qui s’emballe et que je ne vais pas très bien« , explique la chanteuse en vidéo, âgée de 67 ans, demandant le soutien de sa communauté tout au long de son combat contre la maladie. Le cancer de l’endomètre qu’on appelle aussi cancer du corps de l’utérus est le cancer de l’appareil reproducteur de la femme le plus fréquent en France avec environ 8 000 nouveaux cas par an contre 5 000 pour le cancer de l’ovaire et 3 000 pour celui du col de l’utérus. C’est un cancer qui touche surtout les femmes après la ménopause, avec un âge moyen de diagnostic aux alentours de 70 ans. Contrairement au cancer du col de l’utérus, il n’existe pas de dépistage du cancer de l’endomètre. La chirurgie est le traitement de référence (hystérectomie totale).

​​​​​​​C’est quoi un cancer de l’endomètre ?

Schéma montrant l'endomètre chez la femme
Schéma montrant l’endomètre chez la femme © 123rf/JournaldesFemmes

L’utérus, un organe génital féminin primordial pour la reproduction, peut être atteint de tumeurs cancéreuses, dont deux types sont distincts : d’une part, le cancer du col de l’utérus dont on entend plus souvent parler et d’autre part, le cancer de l’endomètre (aussi appelé cancer du corps de l’utérus). L’endomètre est l’autre nom de la muqueuse utérine, couche de cellules tapissant l’intérieur de cette cavité (voir le schéma ci-joint). Le plus souvent, les cancers de l’endomètre prennent naissance à partir d’une cellule de la première couche de l’endomètre, l’épithélium.

Quels sont les symptômes d’un cancer de l’endomètre ?

Dans la grande majorité des cas, le cancer de l’endomètre se découvre :

  • devant des métrorragies, qui sont des pertes génitales de sang survenant en dehors des règles. Ainsi, tout saignement chez la femme ménopausée doit être exploré. 
  • des pertes blanches inhabituelles
  • des infections (urinaires ou gynécologiques) récidivantes
  • parfois des douleurs dans le bas du ventre.

Quel est l’âge moyen d’un cancer de l’endomètre ?

Le cancer de l’endomètre est un cancer de la femme âgée, majoritairement ménopausée, entre 60 et 70 ans. En France, l’âge moyen au moment du diagnostic est de 69 ans. Il en existe différents types, mais le plus fréquent se développe à partir des glandes de la muqueuse : on parle d’adénocarcinome. « Ce cancer touche la femme ménopausée, souvent obèse, parce qu’après la ménopause, l’endomètre reste stimulé par les œstrogènes contenus dans la masse grasse sans être contrebalancés par la progestérone que les ovaires ne fabriquent plus« , précise le Dr Odile Bagot. 

Quelles sont les chances de survie ?

« Le cancer de l’endomètre est de bon pronostic (survie relative à 5 ans = 95 %) puisqu’il entraîne des signes d’alerte assez tôt. Par conséquent, le diagnostic est posé de façon précoce et les chances de survie sont importantes », indique le Dr Odile Bagot. 

Un cancer de l’endomètre fait-il mal au dos ?

« Le cancer de l’endomètre n’est pas associé au mal de dos », observe le Dr Odile Bagot. 

Comment diagnostique-t-on un cancer de l’endomètre ?

Devant ces signes évocateurs, une échographie endovaginale sera réalisée. Puis, un examen de la cavité utérine et de l’endomètre sera possible, via une biopsie d’endomètre au cabinet et/ou une hystéroscopie, c’est-à-dire la visualisation directe de l’intérieur de l’utérus à l’aide d’une mini caméra. Si des lésions sont retrouvées, ce qui sera le cas dans les cancers, des prélèvements ou biopsies seront faits pour permettre l’analyse histologique de la tumeur. En cas de cancer, un bilan d’extension sera nécessaire, c’est-à-dire la recherche par divers examens d’autres localisations du cancer par migration de cellules. « Face à une femme ménopausée et en surpoids, on recommande le dépistage systématique du cancer de l’endomètre par des échographies endovaginales régulières », commente la gynécologue. L’imagerie permettra de déterminer le stade et le grade du cancer avant l’intervention chirurgicale. Ils sont définis à partir de la taille de la tumeur, de sa localisation et de son éventuelle propagation. ​​​​​​​

Quels sont les différents stades d’un cancer de l’endomètre ?

Le cancer de l’endomètre évolue en quatre stades : 

  • Stade 1 : la tumeur se trouve dans l’utérus. 
  • Stade 2 : la tumeur s’est propagée au col de l’utérus.
  • Stade 3 : la tumeur s’est propagée au-delà de l’utérus et du col (organes génitaux de la femme : vagin, ovaire, trompe de Fallope). 
  • Stade 4 : la tumeur s’est propagée à d’autres organes comme la vessie, les intestins.  

« Les stades sont d’autant plus graves que les cellules cancéreuses pénètrent en profondeur dans le muscle utérin« , ajoute la gynécologue. 

Quel traitement pour soigner un cancer de l’endomètre ?

Le traitement du cancer de l’endomètre va dépendre de la nature de la tumeur et des résultats des biopsies mais aussi de ceux du bilan d’extension. Classiquement dans les stades peu avancés, une ablation chirurgicale de la totalité de l’utérus ainsi que des structures avoisinantes, trompes et ovaires, sera réalisée : on parle d’hystérectomie totale élargie avec annexectomie. Les ganglions situés à proximité seront aussi prélevés. Parfois une partie du vagin sera aussi enlevée. Une radiothérapie, une chimiothérapie ou une curiethérapie, c’est-à-dire un traitement localisé après implantation d’une source radioactive, seront envisagées en fonction des critères de classification de la tumeur. 

Comment prévenir un cancer de l’endomètre ?

Il n’est pas possible de prévenir le cancer de l’endomètre. « On sait cependant que la prise de la pilule en diminue le risque de manière significative (de même que le risque de cancer de l’ovaire). Le plus important est de lutter contre l’obésité qui représente le principal facteur de risque du cancer de l’endomètre« , ajoute la gynécologue. 

Merci au Dr Odile Bagot, gynécologue et auteure de « Vagin & Cie, on vous dit tout ! » aux éditions Mango.


Source : JDF Santé