Quels sont les dangers du Plavix ?

Le médicament Plavix® contient la substance active  nommée « clopidogrel ». Il s’agit d’un médicament appartenant à la famille des antiagrégants plaquettaires. Il est indiqué pour fluidifier le sang et pour réduire le risque de formation de caillots dans les vaisseaux sanguins, en empêchant l’agglutination des plaquettes sanguines. Il est donc utilisé chez les personnes à risque d’accidents cardiovasculaires dus à l’athérosclérose, chez les adultes qui ont déjà eu un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou qui souffrent d’artérite ou encore chez les personnes atteintes d’un syndrome coronarien aigu, en association avec l’aspirine. Le prix d’une boite de 30 comprimés de Plavix (75 mg) est de 10,74 euros. Ce médicament est uniquement disponible sur ordonnance (liste I). Pourquoi prendre du Plavix® ? Quels sont ses effets indésirables ? Ses contre-indications ? Quel médicament peut remplacer Plavix® ? Peut-on boire de l’alcool avec ?

Le Plavix est-il dangereux ?

Le médicament Plavix® (clopidogrel) peut présenter un danger s’il est utilisé de manière inappropriée. La prise de Plavix® doit être exclue chez les patients présentant une altération de la fonction du foie ou une maladie évolutive telle qu’une hémorragie intracrânienne ou un ulcère gastroduodénal. Pour limiter le danger, plusieurs précautions d’emploi sont à respecter. En raison de l’augmentation du temps de saignement induite par Plavix®, le traitement doit être interrompu 7 jours avant une chirurgie planifiée. De même, en amont d’un acte chirurgical, le patient doit informer le médecin de son traitement par antiagrégant plaquettaire. Dans le cadre d’un AVC causé par un caillot sanguin, le médicament ne doit pas être instauré avant 24 heures pour un AVC mineur et pas avant 7 jours pour un AVC sévère.

Quels sont les effets secondaires du Plavix ?

Plavix® est fréquemment responsable d’hémorragies qui se caractérisent notamment par des saignements prolongés du nez, de l’estomac et de l’intestin. En cas de saignement anormalement long ou de signes faisant suspecter une hémorragie, le patient doit consulter un médecin au plus vite afin de limiter les complications. Lors d’une piqûre ou d’une prise de sang, le temps de saignement est toujours allongé chez un patient sous antiagrégant plaquettaire. De même, des contusions évoluant vers des hématomes peuvent être observées avec ce traitement. En outre, des troubles digestifs tels que des diarrhées, des douleurs abdominales, une inflammation de la muqueuse de l’estomac et un inconfort intestinal sont fréquents. Plus rarement, une diminution des globules blancs, une hémorragie intracrânienne ou oculaire, des nausées et vomissements et des affections du foie ont été rapportés.

Quelle surveillance quand on prend du Plavix ?

Pour diagnostiquer une maladie des plaquettes, le test d’agrégation plaquettaire et la mesure du temps d’occlusion sont notamment utilisés. Toutefois, ces tests ne sont pas recommandés en routine pour évaluer l’efficacité de Plavix®. Contrairement aux antivitamines K (anticoagulants), aucun test biologique n’est préconisé dans le suivi du traitement. La surveillance recommandée repose sur une autosurveillance des symptômes faisant suspecter une hémorragie. Des signes hémorragiques comme la présence de sang dans les selles ou les urines, un saignement des gencives, une fatigue anormale ou une pâleur du visage doivent conduire le patient à consulter un médecin au plus vite. De même chez les patients allergiques à un antiagrégant plaquettaire de la même famille (la ticlopidine, le prasugrel), une surveillance des signes allergiques (éruption cutanée, démangeaisons) est essentielle.

Avec quels médicaments ne pas associer le Plavix ?

Aucun médicament n’est contre-indiqué avec la prise de Plavix®. Toutefois, en raison de la majoration du risque hémorragique, l’administration de Plavix® requiert une vigilance avec certains médicaments : les anticoagulants oraux, les héparines, l’acide acétylsalicylique. Ces associations sont déconseillées chez un patient ayant un ulcère de l’estomac ou du duodénum. Toutefois, certaines situations médicales nécessitent d’administrer un anticoagulant et un antiagrégant plaquettaire de manière concomitante. L’apparition d’une hémorragie doit alors être surveillée. De plus, les anti-inflammatoires non stéroïdiens majorent le risque d’hémorragie digestive. En outre, les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS) augmentent ce risque en bloquant l’action de la sérotonine sur les plaquettes, ce qui conduit à une réduction de l’agrégation plaquettaire. L’association de ces médicaments à Plavix® doit se faire avec prudence. Par ailleurs, d’autres associations avec Plavix® sont déconseillées. C’est le cas de la rifampicine qui majore le risque de saignement par augmentation des concentrations de clopidogrel dans l’organisme et par blocage de l’agrégation plaquettaire. De même, les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, ésoméprazole), la fluoxétine, le fluconazole, la carbamazépine diminuent les concentrations de clopidogrel et conduisent ainsi à l’inefficacité du traitement.

Peut-on mélanger le Plavix et l’alcool ?

La prise de Plavix® (clopidogrel) ne contre-indique pas la consommation modérée de boissons alcoolisées. Aucune interaction n’a été rapportée au sujet de cette association. En revanche, la prise d’alcool est déconseillée avec la spécialité Duoplavin® renfermant du clopidogrel et de l’acide acétylsalicylique. En effet, l’alcool associé à l’acide acétylsalicylique majore le risque de lésions gastro-intestinales.   

Sources : 
– Base de données publique des médicaments. ANSM
– Société française de cardiologie 


Source : JDF Santé