Prurit : le reconnaître, comment le soigner ?

Le prurit renvoie aux sensations de démangeaisons cutanées ou envie de se gratter la peau. C’est un symptôme très fréquent : près de 30% des Français en souffrirait selon une enquête réalisée en 2011 par le service de dermatologie du CHU de Brest. Il existe différents types de prurit selon la zone qui gratte : prurit anal, sénile, vulvaire, aquagénique, gravidique (grossesse) notamment. C’est quoi le prurit ? Comment reconnaître un prurit ? Quels sont les causes ? Comment le soigner ? Avec des antihistaminiques ?

Définition : c’est quoi le prurit ?

Le prurit est le terme médical désignant la sensation de démangeaisons de la peau, et qui conduit à se gratter. Les causes purement psychologiques sont très rares, dans la plupart des cas, le prurit est « soit le symptôme d’une lésion cutanée, soit d’une maladie générale » indique le Dr Marie Estelle Roux, dermatologue.

Comment reconnaître un prurit ?

► Le prurit anal se traduit habituellement par des démangeaisons entraînant un besoin de se gratter l’anus ou le canal anal. Il est une cause fréquente de consultation, mais reste encore tabou et fréquemment sous-diagnostiqué, si bien que son incidence réelle est mal connue (elle est estimée entre 1 et 5 % de la population générale). L’avis d’un médecin généraliste, d’un dermatologue ou d’un proctologue est indispensable en cas de prurit anal, avant d’envisager tout traitement, car il peut avoir de nombreuses origines : eczéma, oxyures (vers), mycose, hémorroïdes… Il est indispensable de traiter la cause quand celle-ci est retrouvée (par exemple avec des corticoïdes locaux). Il ne faut pas oublier que les règles d’hygiène sont la base de tout traitement.

► Le prurit sénile se caractérise par des démangeaisons apparaissant à partir de 70 ans. Il est dû à une sécheresse et un amincissement cutanés. Ces phénomènes sont fréquemment dus à une déshydratation ainsi qu’à une baisse hormonale, notamment du taux d’androgènes. Le prurit sénile se caractérise par l’absence de lésion de grattage malgré l’intensité du prurit qui peut aller jusqu’à empêcher la personne de dormir. Une bonne hydratation ainsi que l’utilisation d’une crème peuvent apaiser les démangeaisons.

► Le prurit vulvaire se définit par des démangeaisons au niveau de la vulve et de l’ensemble des organes génitaux externes de la femme. La patiente ressent un besoin irrésistible de se gratter qui perturbe fortement ses nuits. Le prurit vulvaire peut être causé par une maladie (eczéma, herpès, mycoses), une allergie, un savon, un détergent ou un médicament. Un prélèvement mycobactériologique permettra d’identifier la cause responsable et d’adopter le traitement approprié.

► Le prurit aquagénique se définit par des démangeaisons, parfois importantes, ou parfois sous la forme de picotements, après un contact avec l’eau. On ne connaît pas encore les causes de cette affection, et en conséquence, les traitements proposés ne sont pas toujours efficaces.

« Le stress est un facteur aggravant de tous symptômes cutanés »

► Le prurit nasal est provoqué par une irritation de la peau ou de la muqueuse du nez. Ces régions étant richement innervées et vascularisées, la moindre lésion est ressentie de manière intense, surtout que cette zone est fortement exposée. Les causes du prurit nasal sont principalement des allergies, mais il peut aussi venir d’infections. En effet, en cas d’infection nasale, une inflammation se crée autour de la zone et provoque une sensation de picotement, voire de démangeaisons.

► Les démangeaisons au cours de la grossesse sont aussi appelées « prurit gravidique » ou « prurit gestationnel ». Elles sont généralement liées à une sécheresse cutanée due aux modifications hormonales. Sans gravité, elles disparaissent après l’accouchement. Cependant, elles peuvent avoir des causes plus graves comme l’herpès ou la cholestase intra-hépatique (aussi appelée jaunisse). Ces pathologies peuvent avoir de graves répercussions pour le fœtus (prématurité voire mort fœtale), c’est pourquoi un suivi médical est indispensable.

Quelles sont les causes d’un prurit ?

Photo d'un prurit lié à de l'urticaire
Photo d’un prurit lié à de l’urticaire © sashka1313-123RF

Le prurit peut être lié à de très nombreuses pathologies. Le docteur Marie Estelle Roux explique que lorsqu’une lésion cutanée est en cause, cela peut être « de l’eczéma, du psoriasis, de l’urticaire, une infection virale (varicelle…), ou fongique (mycose…), ou une sécheresse excessive de la peau ». Quant aux maladies générales qui peuvent déclencher le prurit, les démangeaisons peuvent être dues à « une insuffisance rénale, du diabète, une hépatite, une hypothyroïdie… il existe un millier de causes possibles ! » Néanmoins, il faut savoir que  « le stress est un facteur aggravant de tous symptômes cutanés, précise Marie Estelle Roux, il peut même être la cause du prurit dans le cas de l’urticaire ». Si cela vous arrive, pensez au yoga, à la méditation, ou à la relaxation pour ne pas vous laisser submerger par le stress. Vous devez éviter au maximum de transformer les démangeaisons en véritables obsessions.

Comment soigner un prurit ?

Le traitement pourra être prescrit par un médecin si la cause est identifiée, précise le Dr Roux. « Cela peut être de la crème à la cortisone contre l’eczéma, des antifongiques contre les mycoses, ou même des antibiotique… On ajoute aussi des soins émollients (pour réhydrater la peau). »  Si la cause n’est pas encore identifiée, il faut tout de même éviter de se gratter, car cela soulage sur le moment, mais entretient le prurit.

Comment éviter de se gratter ?

Il existe quelques astuces anti démangeaisons : penser à poser des glaçons (enveloppés dans un linge) sur les zones qui démangent le plus. Ne pas surchauffer les pièces, aérer tous les jours, prendre une douche rapidement après avoir fait du sport et porter des vêtements amples en fibres naturelles moins irritantes. « Il faut aussi régulièrement penser à hydrater la peau car la sécheresse aggrave les démangeaisons« , insiste le docteur Roux. Dans les cas les plus extrêmes, il existe des médicaments appelés antihistaminiques. « Ils permettent parfois de diminuer les démangeaisons, mais pas tout le temps, c’est vraiment le dernier recours. »

Merci au Dr Marie Estelle Roux, dermatologue.


Source : JDF Santé