Préservatif qui craque, glisse, se coince dans le vagin : que faire ?

Quels sont les risques d’un préservatif qui craque ou qui glisse ? 

« S’il ne craque pas, s’il ne glisse pas et s’il n’y a pas de micro-fuite, le préservatif est aujourd’hui le seul moyen de se protéger des IST (infections sexuellement transmissibles)« , explique Fabienne Virbel, sage-femme. Mais dans la vraie vie, aux regards des accidents de préservatif, on s’aperçoit que son taux de protection n’est que d’environ 80%. « C’est pour cela que l’on conseille aux jeunes filles de prendre en complément un mode de contraception plus fiable (pilule, stérilet, implant) ». « Lorsqu’un préservatif craque ou glisse pendant les rapports sexuels, dans le cadre d’un couple hétérosexuel, que ce soit avant ou après l’éjaculation, les risques sont de deux ordres, D’un côté, un risque accru d’une grossesse non désirée, de l’autre le risque de transmission des maladies sexuellement transmissibles« .

Que faire si un préservatif a craqué ?

Si un préservatif a craqué pendant les rapports sexuels, il est important d’arrêter les rapports sexuels immédiatement et de jeter le préservatif. Il faut ensuite prendre rapidement des mesures pour limiter les risques de grossesse non désirée et de transmission des maladies sexuellement transmissibles (MST). « Le plus urgent, c’est le risque de grossesse non désirée, reprend la sage-femme. Si la femme dispose par ailleurs d’un autre moyen de contraception fiable (implant, pilule, stérilet…), il n’y a aucun risque et aucune démarche à faire. En revanche, si elle n’a aucune autre contraception, il faut envisager des options de contraception d’urgence« . En l’occurrence, la prise de la pilule d’urgence (ou du lendemain) qui va repousser la date d’ovulation. « Il est important de la prendre le plus rapidement possible ». « Cette pilule est gratuite et délivrée de façon anonyme en pharmacie, dans les centres de santé sexuelle et parfois même dans les lycées jusqu’à l’âge de 26 ans. Après 26 ans, la délivrance se fait sur ordonnance et est remboursée par la Sécurité sociale« . Sa fiabilité n’étant pas de 100%, on conseille de faire un test de grossesse 15 jours à 3 semaines après le rapport à risque. « Concernant les risques liés à une IST, et notamment le VIH, si les deux partenaires ont récemment fait des tests de dépistage, pas de soucis. En revanche, si ce n’est pas le cas, on propose un test de dépistage 6 semaines après le rapport à risque. Cela comprend une prise de sang, ainsi qu’un prélèvement d’urine chez l’homme et un prélèvement vaginal chez la femme« . Il existe également des autotests salivaires de dépistage du VIH. S’il y a une forte présomption de rapport avec VIH ou partenaires multiples, il est conseillé de se rendre aux urgences afin de demander un Traitement Post-Exposition (TPE) pour éviter une contamination par le VIH. « Le TPE doit être pris au plus tôt, de préférence dans les 4 heures après l’exposition et jusqu’à 48 heures. Plus le TPE est pris tôt, plus il est efficace« .

Que faire si un préservatif glisse lors du retrait ? 

Il existe des risques de grossesse non désirée et de transmission des maladies sexuellement transmissibles (MST) également, si le préservatif glisse lors du retrait. « Il est important de vérifier si la taille du préservatif est appropriée – tous les hommes ne font pas une taille standard – et de s’assurer que le préservatif est mis correctement pour éviter que cela ne se produise« , insiste la professionnelle de santé, rappelant que des démonstrations sont souvent proposées dans les collèges ou lycées. « Rappelons qu’on moment du retrait, l’homme doit tenir la base du préservatif pour le retirer sans risque« . La qualité du préservatif est aussi importante : « on ne les stocke pas dans des endroits chauds ou humides, mais au sec, et on contrôle la date d’expiration ».

Que faire si un préservatif s’enlève pendant le rapport ? 

« Si un préservatif s’enlève pendant le rapport, même avant l’éjaculation, c’est également une situation à risque, reconnait notre interlocutrice. Il suffit d’une goutte de sperme ou de liquide pré-éjaculatoire pour engendrer un risque de grossesse non désirée et la transmission des maladies sexuellement transmissibles (MST)« . Si le préservatif s’enlève pendant le rapport, la sage-femme conseille : 
D’arrêter le rapport sexuel pour éviter toute exposition supplémentaire aux fluides corporels.
► De retirer soigneusement le préservatif en veillant à ne pas laisser de fluides corporels dans le vagin ou sur le pénis.
► D’envisager rapidement une contraception d’urgence (pilule d’urgence).
► Utiliser un nouveau préservatif pour toute nouvelle relation sexuelle.
► De s’assurer que le préservatif est mis correctement, en vérifiant notamment que la taille est appropriée, et éviter les erreurs courantes comme déchirer l’emballage ou le mettre à l’envers.

Que faire si un préservatif s’est coincé dans le vagin ? 

« Si un préservatif s’est coincé dans le vagin, il suffit d’aller le chercher délicatement avec des doigts propres, propose Fabienne Virbel. Si vous ne parvenez pas à le retirer, consultez un médecin pour obtenir de l’aide« . Mais le sperme aura eu le temps de passer. « Il faut donc reprendre les mesures d’urgence pour éviter une grossesse non désirée et la transmission de MST ».

Quels conseils pour que le préservatif ne glisse pas pendant l’acte ?

Fabienne Virbel propose quelques conseils pour éviter que le préservatif ne glisse pendant l’acte sexuel :
Choisir la bonne taille avant de l’utiliser.
Vérifiez la date d’expiration des préservatifs avant de les utiliser pour éviter qu’ils ne soient périmés et qu’ils glissent.
► Vérifiez qu’il comporte bien le marquage « CE » obligatoire pour tout préservatif commercialisé sur le marché européen.
Ouvrir l’emballage du préservatif avec soin (pas avec les dents, ni avec des ciseaux) pour éviter de l’endommager ou de le rendre glissant.
► Vérifier que le préservatif est en place (on pince le réservoir pour chasser l’air avant de le poser), dans le bon sens, et qu’il est déroulé correctement.
Ne jamais utiliser 2 préservatifs (1 féminin et 1 masculin ou 2 masculins). Cela provoquerait un risque de fortement et donc de craquage.

Merci à Fabienne Virbel, sage-femme, au Centre de santé sexuelle du CHRU de Nancy.


Source : JDF Santé