Pré-albumine : norme, basse, haute, c'est quoi ?

C’est quoi la pré-albumine sérique ? 

La pré-albumine sérique, également connue sous le nom de transthyrétine, est une protéine produite principalement dans le foie et dans les cellules de la glande thyroïde. Elle sert de transporteur pour certaines hormones thyroïdiennes et pour la vitamine A. « La mesure de la pré-albumine sérique est souvent utilisée comme indicateur de l’état nutritionnel d’une personne, car sa concentration diminue rapidement en cas de malnutrition ou de carence en protéines, explique le Docteur Alexis Guérin, biologiste médical. C’est pourquoi la pré-albumine sérique est souvent utilisée en complément d’autres marqueurs biologiques pour évaluer la gravité de la malnutrition et la réponse à la thérapie nutritionnelle ».

Comment se passe le dosage de la pré-albumine ? 

Le dosage de la pré-albumine sérique se fait par une simple prise de sang. Il est souvent effectué en combinaison avec d’autres marqueurs biologiques pour évaluer l’état nutritionnel d’une personne. « Le sérum prélevé est ensuite analysé en laboratoire pour déterminer la concentration de pré-albumine« , poursuit le biologiste. 

Pré-albumine dans le sang : les normes 

Les normes de la pré-albumine sérique peuvent varier légèrement d’un laboratoire à l’autre en fonction de la méthode d’analyse utilisée. « En général, la concentration normale de pré-albumine sérique se situe entre 20 et 40 mg/dL (milligrammes par décilitre) », répond le spécialiste. Cependant, les normes peuvent varier en fonction de l’âge, du sexe et de l’état de santé général d’une personne. « Par exemple, les personnes âgées peuvent avoir des concentrations de pré-albumine sérique plus faibles en raison d’une diminution de la fonction hépatique ou d’une inflammation chronique« .

Pré-albumine basse : causes 

Il existe plusieurs facteurs qui peuvent expliquer une concentration basse de pré-albumine sérique. Parmi eux : 
► « Etant donné que la pré-albumine est souvent utilisée comme marqueur biologique de l’état nutritionnel d’une personne, une concentration basse de pré-albumine sérique peut indiquer une malnutrition ou une insuffisance de l’apport en protéines« , explique le médecin.
► « Les maladies inflammatoires chroniques telles que la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse peuvent également provoquer une baisse de la pré-albumine sérique en raison de l’augmentation des processus inflammatoires ».
► La pré-albumine est produite principalement dans le foie. « Une insuffisance hépatique peut entraîner une diminution de la synthèse de la pré-albumine et donc une concentration basse dans le sang ».
► Le Syndrome inflammatoire de réponse systémique (SIRS) peut être causé par des infections, des traumatismes ou des interventions chirurgicales majeures. « Il peut provoquer une baisse de la pré-albumine sérique en raison de la libération de cytokines inflammatoires et de l’inhibition de la synthèse de la protéine« .
► Enfin, « certains types de cancer, tels que le cancer du poumon, peuvent entraîner une baisse de la pré-albumine sérique en raison de la consommation accrue de protéines par les cellules cancéreuses« .

La pré-albumine est souvent utilisée comme marqueur biologique de l’état nutritionnel  

Pré-albumine haute : causes 

Une concentration élevée de pré-albumine sérique est moins fréquente qu’une concentration basse de pré-albumine. Cependant, elle peut être associée à certaines conditions. « Une hyperthyroïdie peut augmenter la synthèse de la pré-albumine par le foie, entraînant ainsi une concentration élevée de pré-albumine sérique », observe le biologiste. De même, « les corticostéroïdes peuvent stimuler la synthèse de la pré-albumine et ainsi entraîner une concentration élevée de la protéine dans le sang ».

Pré-albumine et dénutrition

La pré-albumine est souvent utilisée comme marqueur biologique de l’état nutritionnel d’une personne. En effet, une concentration basse de pré-albumine sérique est un indicateur de dénutrition aigue. « La pré-albumine est également utilisée dans le suivi de patients dénutris bénéficiant d’une thérapeutique nutritionnelle, assure le Dr Guérin. La dénutrition, est un état pathologique caractérisé par une carence en nutriments essentiels tels que les protéines, les lipides et les glucides. La dénutrition peut être causée par un défaut d’apport en nutriments essentiels ou dans des contextes de malabsorption digestive (inflammation digestive, cancers…) ».

Merci au Docteur Alexis Guérin, biologiste médical, directeur des laboratoires Cerballiance de la Manche et de Vire Normandie.


Source : JDF Santé