Pléiocytose : définition, traitement, le signe d'une méningite ?

Qu’est-ce qu’une pléiocytose ? 

La pléiocytose désigne la présence de cellules en taux anormal dans le liquide cérébrospinal (anciennement dénommé le liquide céphalo-rachidien) due à une pathologie. « La pléiocytose peut se présenter avec une dominante d’hématies ou globules rouges (pléiocytose à hématies), ou avec d’autres types de cellules (monocytes, lymphocytes, leucocytes, cellules cancéreuses)« , souligne le Dr Jean-Philippe Delabrousse-Mayoux, neurologue au Centre hospitalier Samuel Pozzi à Bergerac. Le diagnostic de pléiocytose se fera sur l’étude du liquide cérébrospinal (LCS) par la réalisation d’une ponction lombaire. « S’il y a présence de signes cliniques déficitaires, il faudra toujours faire une imagerie cérébrale avant la réalisation de la ponction lombaire« , insiste le spécialiste. 

Est-ce le signe d’une méningite ?

Quelle qu’en soit l’étiologie, devant l’association de plusieurs facteurs, il faut s’inquiéter : des maux de tête (céphalées) quasi constants, précoces intenses, diffus, mal soulagés par les antalgiques habituels augmentés par différents stimuli : mouvements de la tête, exposition à la lumière (photophobie) ou au bruit (phonophobie). Des vomissements inconstants précoces spontanés, en jet, pouvant être favorisés par les changements de position. D’une raideur méningée : la flexion de la tête par l’examinateur entraînant une résistance invincible et douloureuse de la nuque, notamment. « Dans le cas d’un tableau de méningite aiguë infectieuse, il y a présence également d’un syndrome infectieux (fièvre, douleurs musculaires, sueurs, signes d’une infection associée : pneumopathie, foyer ORL (otite, sinusite, mastoïdite, rhinopharyngite, angine), infection urinaire, atteinte digestive (diarrhées), éruption cutanée, atteinte cardiaque (endocardite, myocardite) ». Un purpura doit faire évoquer une méningite à méningocoque et représente une urgence vitale.

Quels examens faire pour confirmer le diagnostic ? 

La ponction lombaire permet de faire un prélèvement du liquide céphalo-rachidien et de confirmer le syndrome méningé avec étude cytologique, bactériologique, chimique avec réalisation si besoin de PCR (dans le cas d’une suspicion d’une étiologie virale). « En cas de syndrome encéphalitique isolé ou associé parfois au syndrome méningé, la réalisation d’une imagerie cérébrale en urgence s’impose avant la réalisation de la ponction lombaire. » 

Quel traitement envisager en cas de pléiocytose ?

Les traitements vont être adaptés en fonction des étiologies. « Par exemple, dans le cadre des méningites infectieuses bactériennes, le traitement repose sur une antibiothérapie à large spectre à débuter après la réalisation de la ponction lombaire et à adapter ensuite en fonction des résultats de l’étude cytobactériologique associée à une corticothérapie. » Il faut également rechercher et traiter des portes d’entrée (infections locales pulmonaires, dentaires ou ORL de type rhinopharyngites et otites… Enfin, un traitement consiste en la mise en place d’une prise en charge préventive pour l’entourage du patient antibioprophylaxie, vaccination… « Les populations les plus à risques sont les nourrissons, les immunodéprimés, les personnes âgées au système immunitaire plus fragile pour lesquelles il est conseillé la vaccination préventive. » Toutes les méningites ne sont pas infectieuses, il existe des méningites inflammatoires, carcinomateuses… conclut le neurologue.

Merci au docteur Jean-Philippe Delabrousse-Mayoux, neurologue au Centre hospitalier Samuel Pozzi à Bergerac.


Source : JDF Santé