Oeufs de poules déconseillés en Île-de-France : quels risques santé ?

Mise en garde aux Franciliens qui possèdent leur propre poulailler ou qui achètent leurs oeufs chez des particuliers. L’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France recommande de ne plus consommer ces œufs de production domestique non contrôlée sur l’ensemble de la région, pour cause de contamination aux polluants organiques persistants (POP). Une étude réalisée en mars 2023 par l’ARS sur les œufs de 25 poulaillers domestiques d’Île de France a révélé que les sols et les œufs des poulaillers de la région sont contaminés par trois familles de polluants organiques persistants (POP) : les dioxines (PCDD), les furanes (PCDF) et les polychlorobiphényles (PCB). 14 des poulaillers analysés sont situés près des trois plus grands incinérateurs d’ordures ménagères de la région à savoir Ivry-sur-Seine, Issy-Les-Moulineaux et Saint-Ouen. « Les polluants sont présents dans tout l’environnement urbain, et non pas spécifiquement aux abords des incinérateurs » souligne l’ARS. Sur les 25 poulaillers analysés, « deux sites, [situés à plus de 3 kilomètres d’un des incinérateurs] présentent des teneurs particulièrement élevées en PCB dans les œufs, dépassant de 40 à 50 fois les seuils réglementaires européens pour les œufs commercialisés ».

C’est quoi les polluants organiques persistants (POP) ?

Les dioxines et les furanes sont des sous-produits indésirables de la combustion des déchets (incinération des ordures ménagères, brûlage de déchets verts) et de certains procédés industriels (blanchiment des pâtes à papier par exemple). Les PCB sont aujourd’hui interdits en France. Leur présence dans l’environnement est liée à des utilisations passées (adhésif, huiles, peintures, pesticides) ou des fuites d’usines. Les POP  « sont lipophiles et se concentrent donc dans les tissus adipeux des organismes vivants, et s’accumulent tout au long de la chaine alimentaire. L’alimentation constitue donc la principale voie d’exposition pour la population générale » alerte l’ARS. Selon le Ministère de la Transition écologique, les POP sont :

  • persistants : la substance se dégrade « lentement »,
  • bioaccumulables : la substance « s’accumule » au sein des êtres vivants,
  • toxiques : l’exposition à la substance est susceptible de provoquer des effets nocifs,
  • mobiles sur de grandes distances : des concentrations élevées sont mesurées loin des points de rejet (en Arctique par exemple).

Quels sont les risques pour la santé ?

Selon l’ARS, consommer des aliments contaminés par des POP peut avoir des effets sur la santé à long terme comme :

  • une augmentation du risque de cancer
  • des troubles de la fertilité
  • des troubles de la grossesse
  • des effets métaboliques comme le diabète 
  • des effets comme perturbateur endocrinien

« Il n’existe aucun traitement pour éliminer ces substances de l’organisme. La principale mesure de prévention consiste à éviter la consommation de produits alimentaires contaminés » préconise l’ARS. L’Agence recommande, en attendant les investigations complémentaires, de ne pas consommer les œufs et produits animaux de production domestique non contrôlée sur l’ensemble de la région francilienne (surtout Paris et la petite couronne). L’étude ne concerne pas les productions d’œufs intégrés à une filière commerciale, vous pouvez toujours consommer des œufs vendus dans le commerce, ils sont contrôlés.

Sources :

– Polluants organiques persistants : l’Agence recommande à titre conservatoire de ne pas consommer les œufs des poulaillers domestiques en Île-de-France, ARS Ile-de-France, 19 avril 2023

– Les polluants organiques persistants (POP), Ministère de la Transition écologique, 22 mars 20223


Source : JDF Santé