Mal au ventre ? 6 troubles digestifs apparemment bénins mais dont vous devez parler à votre médecin

Ballonnements, brûlures d’estomac… Les troubles digestifs, s’ils sont isolés, sont la plupart du temps sans gravité et finissent par passer avec les traitements adaptés. Pour autant, en cas de récurrence ou de persistance, il est conseillé de consulter pour avoir un avis médical et ne pas passer à côté d’un problème plus sérieux… Voici 6 troubles digestifs fréquents et les conseils de notre gastro-entérologue. 

1. Des nausées fréquentes

La nausée correspond à une forte envie de vomir, qui est le plus souvent, accompagnée de maux de ventre, d’une perte d’appétit et de fatigue. Les causes d’un état nauséeux peuvent être multiples : alimentaires, liées au stress, à une pathologie (gastro-entérite, migraine, méningite…) mais aussi à la grossesse, au mal des transports, aux effets indésirables de médicament… « Les nausées sont généralement bénignes. Mais ça devient sérieux en cas de fièvre associée ou quand ça se répète tous les jours sur une longue période car les conséquences peuvent être importantes : déshydratation, troubles hydrolytiques, problèmes d’acidité gastrique, alcalose métabolique… Il paraît donc indispensable de consulter son médecin généraliste lorsqu’il n’y a pas d’amélioration, particulièrement chez les enfants et les personnes âgées », recommande le Pr Robert Benamouzig, chef du service de gastro-entérologie de l’hôpital Avicenne à Bobigny. Une prise de sang sera peut être prescrite pour poursuivre les investigations. .

2. Des ballonnements inhabituels

Lorsque la digestion est difficile, une sensation de lourdeur, associée souvent à des rots et des maux de ventre sont les symptômes classiques des ballonnements. Les causes les plus courantes sont les mauvaises habitudes alimentaires, l’excès d’alcool ou les repas copieux (trop de graisses, trop de sucres…). Le stress peut aussi être une cause de ballonnements occasionnels. « Si vous avez l’habitude d’avoir des ballonnements de temps en temps, par exemple après les repas copieux, pas d’inquiétude. Par contre, lorsqu’ils sont inhabituels et se répètent, il faut consulter son médecin traitant. Ils peuvent cacher une autre pathologie comme, par exemple, une hypothyroïdie. Je dirais qu’au-delà de 2 semaines de gêne, il faut consulter« , insiste notre interlocuteur. De manière générale, après un épisode d’intenses ballonnements, il vaut mieux manger léger, avec peu de matières grasses pendant plusieurs jours afin de laisser le temps à l’estomac de se remettre. Evitez le café, les crudités, les plats en sauce et les épices, par exemple.

3. Des brûlures d’estomac depuis plus de 2 semaines

Deux symptômes sont caractéristiques des brûlures d’estomac, aussi appelées reflux gastro-œsophagien (RGO). Le premier est la remontée d’acidité depuis l’estomac dans l’œsophage qui se traduit par une brûlure qui remonte dans la poitrine derrière le sternum. Le second est la remontée de liquides que l’on appelle régurgitations. Il y a aussi beaucoup de symptômes moins typiques mais qui sont parfois liés au reflux comme la gêne pharyngée ou la toux nocturne par exemple. « Si les brûlures d’estomac sont isolées, il peut aussi bien s’agir d’un reflux que d’une autre pathologie comme un ulcère, une gastrite ou un simple trouble fonctionnel sans gravité lié à une hypersensibilité du tube digestif. Il est utile de consulter dès que les symptômes deviennent gênants, d’autant qu’il existe des traitements. Si c’est un événement unique, il est possible de prendre un antiacide ou un pansement gastrique pour faire passer les symptômes. Mais si ça perdure plus de 2 semaines, il faut consulter son médecin traitant qui pourra adapter les traitements et prescrire une fibroscopie« , indique notre expert. Il faut aussi consulter un médecin si la personne qui souffre de reflux a : des nausées associées, plus de 50 ans, maigri brutalement, fume ou a une consommation d’alcool élevée. Il peut y avoir un risque d’hémorragie digestive qu’il faut traiter rapidement.

4. Un ralentissement anormal du transit

La constipation correspond au ralentissement du transit ou à une difficulté à évacuer les selles qui sont dures et sèches. Le transit variant d’une personne à une autre, on estime la constipation à une fréquence de moins de 3 selles par semaine. Les causes peuvent être variables : ralentissement des contractions des intestins, mauvaises habitudes alimentaires, inactivité physique, stress, hémorroïdes… « Il faut consulter si on constate un ralentissement anormal ou s’il est associé à des vomissements. Sinon, il ne faut pas s’inquiéter et simplement prendre quelques mesures alimentaires pour rétablir l’ordre« , indique le Pr Benamouzig. Pour lutter contre la constipation, il est important de bien s’hydrater, de pratiquer une exercice physique, de consommer plus de fruits et de légumes, de manger des fibres. Et si malgré tout ça, il n’y a pas d’amélioration du transit, il faut consulter.

5. Une diarrhée accompagnée de fièvre

A l’inverse de la constipation, la diarrhée se manifeste par des selles fréquentes, de molles à liquides. On parlera de diarrhée au-delà de 3 selles de ce type par jour. Les causes les plus courantes sont les virus (souvent les virus de l’hiver), les bactéries (via l’eau, la nourriture), des parasites, la prise de médicaments (antibiotiques, par exemple) ou le stress. « En cas de diarrhées chroniques, il faut toujours consulter, ce n’est pas normal. En cas d’épisode soudain de diarrhée, il faut s’assurer qu’il n’y a pas de fièvre associée. S’il y a de la fièvre, on n’hésite pas : on consulte son médecin, insiste le Pr Benamouzig. Le principal risque de la diarrhée sans fièvre est la déshydratation, qu’on peut facilement éviter en faisant attention et en buvant ou faisant boire régulièrement la personne malade. Ensuite, il est utile de consulter si la diarrhée persiste plus de quelques jours.« 

6. Du sang dans les selles

Les hémorroïdes se manifestent par des saignements de sang rouge (non digéré) provenant de l’anus. Il peut s’agir de saignements débutant au niveau de l’intestin, du côlon, du rectum ou de l’anus. « Deux situations peuvent se présenter : s’il y a toujours du sang visible dans les selles ou à l’essuyage, il faut consulter obligatoirement. Et ce, rapidement après 50 ans ou si un autre trouble du transit apparaît. Par contre s’il y a du sang de temps en temps, cela ne nécessite pas une consultation rapide, pensez simplement à demander l’avis de votre médecin à la prochaine consultation », explique le gastro-entérologue.


Source : JDF Santé