Incontinence d'effort : causes femme/homme, la soigner

Définition : qu’appelle-t-on une incontinence d’effort ? 

De manière générale, « on appelle incontinence d’effort des fuites urinaires sans besoin concomitant. Majoritairement, ces fuites concernent les femmes âgées de 40 à 60 ans » indique le Pr Xavier Deffieux, gynécologue-Obstétricien, Pelvi-périnéologie, chirurgien gynécologue. La toux, le rire, la marche rapide, le fait de soulever un sac, le jogging ou toute activité exerçant une augmentation de la pression sur l’abdomen peuvent déclencher ces fuites involontaires. Il s’agit souvent soit d’efforts violents (sport), soit d’efforts modérés. « On peut également voir apparaître cette incontinence d’effort chez les jeunes sportives et athlètes de très haut niveau« , précise le spécialiste. 

Comment se manifeste une incontinence d’effort ?

L’incontinence d’effort présente un réel impact sur la vie quotidienne. « Elle se manifeste par des fuites urinaires qui vont empêcher la pratique de certaines activités et engendrer une gêne quotidienne car elles nécessitent de porter des protections urinaires. » De plus, les fuites peuvent provoquer des odeurs et gêner la sexualité. Il faut insister sur la qualité des protections pour éviter les irritations et obtenir un maximum de confort, « il y a une véritable science de la protection urinaire méconnue, ainsi les couches de nuit sont différentes des couches de jour par exemple, toutes les protections n’offrent pas le même degré d’absorption« , insiste le Professeur.

Quelles sont les causes d’une incontinence d’effort chez la femme ? 

Les causes sont multifactorielles : « il peut s’agir de la qualité des tissus de base à la naissance, des modifications liées à la grossesse, de l’âge, de l’obésité ou encore d’anomalies de fonctionnement de coordination des muscles…« . Par exemple, pendant la grossesse, 40 % des femmes présentent des fuites urinaires à l’effort au troisième trimestre, ajoute le gynécologue-obstétricien. 

Quelles sont les causes d’une incontinence d’effort chez l’homme ? 

Chez les hommes, les causes sont différentes :  Cette incontinence survient après une opération de la prostate. « Les patients souffrent alors d’une insuffisance ou déficience du muscle sphincter après des efforts importants. » Ce type d’incontinence se révèle fréquent dans les trois mois qui suivent une intervention de la prostate.

Comment soigner une incontinence d’effort ? 

L’incontinence d’effort reste encore un sujet tabou, même si des campagnes d’informations sont de plus en plus réalisées à ce sujet et que les médecins généralistes sensibilisent à ce trouble et incitent les patients à en parler. Le diagnostic repose sur un interrogatoire par le biais de questionnaires standardisés d’une dizaine de questions pour cerner la gêne et éliminer d’autres pathologies par le biais d’examens complémentaires, du type fuites urinaires. « On va les faire tousser également et voir ce que la toux génère« . Les traitements de base, explique le spécialiste concernent la rééducation du périnée pour apprendre à le recontracter, soit chez un kinésithérapeute, soit avec une sage-femme spécialisés dans ce type de rééducation. « En général, il faut compter une première salve d’une dizaine de séances. Si les fuites s’améliorent, on peut alors represcrire de 10 à 20 séances. » D’ailleurs, il est intéressant de faire remarquer que pendant leur grossesse, les femmes peuvent également faire de la rééducation périnéale avec des exercices de contraction des muscles. Dans tous les cas, on ne demande pas aux personnes d’arrêter le sport. « Il existe également des dispositifs nommés pessaire à placer à l’intérieur du vagin, qui empêchent les fuites urinaires à l’effort. » Et pour celles qui ne souhaitent pas rencontrer de professionnels, elles ont la possibilité de s’auto-rééduquer par différents outils, en téléchargeant des applications sur mobile pour rééduquer le périnée grâce à des fiches conseils ou d’exercices ou en achetant des dispositifs de sondes vaginales par électrostimulation et faire du biofeedback.

Dans le cas de l’obésité, la solution consiste à perdre du poids, la prise en charge est donc plus globale. « En dernier recours, en cas d’inefficacité des autres traitements, la chirurgie peut s’avérer nécessaire en pratiquant des injections autour de l’urètre. Nous disposons d’une panoplie chirurgicale adaptée à chaque patiente« , conclut le spécialiste. 

Merci au Professeur Xavier Deffieux, Secrétaire général SIFUD-PP, gynécologue-Obstétricien, Pelvi-périnéologie, chirurgien gynécologue à l’Université Paris-Saclay, Hôpital Antoine Béclère de Clamart (APHP).


Source : JDF Santé