Hypotonie : causes, comment renforcer ses muscles ?

Le corps est composé de muscle qui sont comme des élastiques, ils se contractent et se relâchent. L’hypotonie se produit lorsque ces muscles sont un peu plus « mous » ou « relâchés » que la normale. Dans ce cas, les muscles fonctionnent moins bien. Les personnes qui ont de l’hypotonie peuvent se sentir plus faibles ou avoir des difficultés à bouger leurs bras, leurs jambes ou d’autres parties de leur corp ou encore à accomplir certaines tâches qui nécessitent de la force musculaire. Parfois, cela peut aussi affecter la façon dont ils parlent ou mangent. Certaines personnes naissent avec de l’hypotonie, ce qui signifie qu’elles l’ont depuis leur naissance. D’autres peuvent développer de l’hypotonie en raison de problèmes de santé. Quels sont les différents types d’hypotonie ? Quels sont les symptômes de l’hypotonie ? Et les causes ?

Définition : c’est quoi l’hypotonie ?

L’hypotonie, à l’inverse de l’hypertonie, désigne une diminution du tonus musculaire, c’est-à-dire de la force des muscles. Elle se manifeste par une absence de mouvement ou une moindre résistance au mouvement passif des articulations. L’origine est généralement soit une atteinte nerveuse, soit une atteinte musculaire qui peuvent être isolées ou s’inscrire dans des pathologies plus globales. Les muscles atteints répondent peu ou moins à des stimuli ou sollicitations. 

Quels sont les différents types d’hypotonie ?

L’hypotonie axiale concerne à la fois la tenue de la tête, mais aussi la station assise, et les membres. Elle peut toucher le nourrisson et être à l’origine de troubles dans son développement, soit transitoirement, à l’occasion d’une maladie aiguë quelle qu’elle soit, ou de façon constante.

Une hypotonie pyélique désigne une baisse du tonus musculaire au niveau du pyélon, c’est à dire le bassinet rénal. L’hypotonie pyélique se produit lorsque le bassinet, qui est comme un petit réservoir dans le rein, devient plus large et distendu que la normale. Cela peut arriver si l’endroit où l’urine passe du bassinet à l’uretère est bloqué ou rétréci. Lorsque cela se produit, l’urine a du mal à s’écouler correctement du rein vers la vessie. Cela peut causer des problèmes comme des douleurs dans le ventre ou le bas du dos, et des infections urinaires.

L’hypotonie oculaire apparaît lorsque les yeux ont une pression plus basse que la normale. Lorsque les yeux ont une pression trop basse, cela peut causer certains problèmes. Par exemple, les yeux peuvent sembler mous ou flasques, et la vision peut être affectée. Les personnes atteintes d’hypotonie oculaire peuvent avoir des difficultés à voir clairement ou à mettre au point les objets. Elles peuvent également ressentir une sensation d’inconfort ou de fatigue oculaire.

L’hypotonie périnéale ou du périnée. « Elle désigne un tonus [muscles] du périnée inférieur à la normale. La femme pourra avoir des sensations de pesanteur, des fuites urinaires et/ou de gaz et une diminution du plaisir lors des rapports sexuels » indique le Dr Erwann Le Rumeur.

L’hypotonie néonatale. L’hypotonie est souvent détectée à la naissance ou pendant la petite enfance. Un nourrisson atteint d’hypotonie présente alors un relâchement musculaire qui le rend incapable de garder les genoux ou les coudes partiellement pliés. L’enfant peut plus tard avoir du mal à s’alimenter et à développer des compétences motrices. L’hypotonie peut retarder la tenue de la tête, puis la station assise, .elle peut aussi prédominer au niveau des membres… L’hypotonie peut être transitoire lors d’une pathologie aigue par exemple ou être permanente.

Comment se manifeste l’hypotonie ?

L’hypotonie se manifeste par une faiblesse ou un manque de tonus musculaire. Cela signifie que les muscles ne sont pas aussi forts ou actifs qu’ils devraient l’être. Les symptômes de l’hypotonie peuvent varier d’une personne à l’autre, mais voici quelques signes courants :

  • difficultés de mouvement : ils peuvent avoir du mal à se tenir debout, à s’asseoir ou à marcher de manière stable.
  • manque de force musculaire : ils peuvent avoir du mal à soulever des objets lourds ou à effectuer des tâches qui nécessitent de la force.
  • difficultés d’équilibre : ils peuvent se sentir instables ou avoir tendance à tomber plus facilement.
  • retard du développement moteur chez les nourrissons et les enfants
  • difficultés de coordination (ataxie)
  • incontinence urinaire ou anale, douleurs dans l’hypotonie du périnée

Quelles sont les causes de l’hypotonie ?

L’hypotonie peut être déclenchée par diverses causes parmi lesquelles :

Une anomalie liée au système nerveux, avec l’hypotonie centrale ou l’hypotonie périphérique, ou une anomalie liée au système musculaire. Par exemple, des troubles tels que la dystrophie musculaire, la paralysie cérébrale ou les maladies du motoneurone peuvent affecter la force musculaire et provoquer une hypotonie.

► Une hypotonie peut également être liée à une blessure du système nerveux ou des yeux.

► Certains médicaments, comme ceux impliqués dans l’anesthésie par exemple ou les neuroleptiques, ont pour effet recherché un relâchement des muscles.

► L’hypotonie peut aussi être provoquée par un accident vasculaire cérébral (AVC) en particulier si elle ne concerne que la moitié du corps.

► Dans certains cas, l’hypotonie peut être due à des problèmes génétiques qui affectent le développement des muscles. Cela signifie que la personne est née avec une prédisposition à avoir des muscles plus faibles ou moins toniques. Des maladies génétiques comme le syndrome de Down, le syndrome de Prader-Willi, la maladie de Tay-Sachs et la trisomie 13 peuvent être en cause.

Prématurité : Les bébés nés prématurément ont parfois des muscles moins développés, ce qui peut entraîner une hypotonie. 

► Au niveau du rein elle est principalement en lien avec une maladie de la jonction pyélo-urétérale (à l’endroit où l’uretère rencontre le bassinet du rein), et au niveau oculaire avec un traumatisme. 

► « L’hypotonie du périnée résulte souvent de maladies neurologiques, de certains traitements, d’une cause hormonale (ménopause), de chirurgies, d’une constipation chronique avec efforts de poussée répétés (distension des tissus) ou encre à la suite d’un accouchement » détaille le Dr Le Rumeur.

Comment diagnostiquer l’hypotonie ?

► L’hypotonie peut être diagnostiquée dès la naissance lors de l’examen initial, ou plus tard après observation des symptômes. Le médecin interroge la mère sur le déroulement de la grossesse et de l’accouchement, et sur les antécédents médicaux de l’enfant. Il procède à un examen physique complet pour évaluer les capacités de l’enfant. Des examens complémentaires (analyses de sang, imagerie) peuvent s’avérer utiles pour détecter d’éventuelles anomalies et identifier les causes de l’hypotonie.

► Chez l’adulte, l’hypotonie musculaire est observée lors d‘un examen clinique et neurologique. Un EMG (électromyogramme) peut être utile ainsi que des examens d’imagerie comme un scanner et/ou une IRM. En cas d’hypotonie oculaire, c’est la mesure de la pression oculaire qui confirme le diagnostic, en particulier lors d’une baisse soudaine de l’acuité visuelle ou après un traumatisme. 

► Lorsque l’hypotonie concerne le rein, c’est l’échographie qui permet de faire le diagnostic.

► Lorsque l’hypotonie concerne le périnée, « l’examen consiste à examiner le tonus du muscle au repos en appuyant sur le noyau fibreux central (zone du périnée entre le vagin et l’anus). Si il n’y a pas de résistance, on est dans une hypertonie » souligne notre expert.

Comment soigner l’hypotonie ?

La prise en charge de l’hypotonie nécessite généralement le recours à une équipe pluridisciplinaire, et repose essentiellement sur un traitement des symptômes. Le traitement peut également être spécifiquement lié à la cause de l’hypotonie. Dans le cas de l’hypotonie du périnée par exemple, la rééducation sera primordiale. « Certains exercices sont intéressants pour contracter et renforcer le périnée comme des exercices de contractions de faible intensité mais longs sur la durée. Des traitements avec radio fréquence ou par lasers sont également intéressants dès lors qu’ils jouent sur le tonus des tissus non contractiles en stimulant la fabrication de collagène » poursuit le Dr Erwann Le Rumeur.

L’ergothérapie a pour objectif d’aider les patients à retrouver leur autonomie en cas de handicap. Elle peut s’avérer utile aux enfants hypotoniques si la faiblesse musculaire est trop invalidante pour effectuer correctement les gestes du quotidien : marcher, manger, parler, s’habiller, etc. L’ergothérapeute évalue dans un premier temps les difficultés et se renseigne sur son environnement pour préconiser des aides matérielles et/ou humaines.

La physiothérapie est indiquée pour rétablir la motricité. Le recours à cette spécialité peut donc être envisagé en cas d’hypotonie. Elle permet de corriger la posture, la coordination, et apporte de la stabilité, au moyen d’exercices réguliers et de manipulations. La thermothérapie (par le chaud), la cryothérapie (par le froid) et l’hydrothérapie (par l’eau) font partie des applications de la physiothérapie. La physiothérapie est généralement pratiquée par les kinésithérapeutes.

L’orthophonie est recommandée pour les patients hypotoniques dont le manque de tonus affecte la bouche et la mâchoire. Des exercices de stimulation de la zone oro-faciale permettent d’améliorer le langage et la respiration.

► Les enfants souffrant de maladies comme la myasthénie suivent un traitement spécifique et de longue durée. Si l’hypotonie est associée à l’une de ces maladies, elle est prise en charge dans le cadre du traitement. Les antibiotiques pris en cas de méningite peuvent également contribuer à soulager les symptômes de l’hypotonie. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire en cas d’hypotonie rénale. En cas d’hypotonie oculaire inflammatoire, des médicaments anti-inflammatoires sont prescrits.

Est-il possible de prévenir l’hypotonie ?

Dans de nombreux cas, il peut être difficile de prévenir complètement l’hypotonie, surtout si elle est due à des conditions génétiques ou neurologiques. Mais certaines mesures peuvent être prises pour aider à prévenir ou minimiser le risque d’hypotonie, en fonction de la cause sous-jacente. Consulter régulièrement son médecin traitant, maintenir une alimentation équilibrée pour éviter les carences (et notamment en protéines pour nourrir les muscles) et pratiquer une activité sportive régulièrement sont des façon de contribuer à réduire les risques d’hypotonie. « Concernant l’hypotonie du périnée, manger des fibres, faire du sport, prendre en charge rapidement la constipation surtout si elle est répétée permettent de diminuer les risques » conclut le kinésithérapeute.

Merci à Erwann Le Rumeur, kinésithérapeute.


Source : JDF Santé