Gastropérésie : causes, traitement, un cancer ?

Quelle est la définition d’une gastroparésie ?

La gastroparésie est un trouble de la motricité digestive. Elle se caractérise par un ralentissement de la vidange gastrique alors qu’aucun obstacle mécanique n’est retrouvé. Dès lors, les aliments stagnent dans l’estomac durant de longues heures. « Cette affection touche plus volontiers les jeunes femmes. Cette maladie concerne 0,2 à 0,3 % de la population« , précise le Pr. Guillaume Gourcerol, gastro-entérologue et hépatologue.

Quelles sont les causes d’une gastroparésie ?

Dans plus d’un tiers des cas, il n’est pas retrouvé de cause au développement d’une gastroparésie. Dans les autres cas, elle relève de différentes causes :

  • Un diabète de type 1 ou 2. Les études de population montrent qu’1 à 5 % des patients diabétiques développent une gastroparésie. Le risque de développer une gastroparésie est 4 fois plus fréquente dans le diabète de type 1 que le type 2.
  • Les suites d’une chirurgie digestive
  • La prise de médicaments, tels que les opioïdes, les antidépresseurs (notamment les tricycliques, le L-Dopa…)
  • Une infection (virus Epstein-Barr, virus de la varicelle, du zona…)
  • Une maladie neurologique : sclérose en plaque, AVC, maladie de Parkinson…
  • Un syndrome de Zollinger-Ellison, une maladie qui se caractérise par des ulcères gastriques et duodénaux
  • Des lésions gastro-intestinales provoquées par un traitement de radiothérapie
  • Une hypothyroïdie
  • Une insuffisance rénale chronique

Il faut fragmenter l’alimentation en plusieurs petits repas

Quels sont les symptômes d’une gastroparésie ?

La maladie se caractérise par :

  • Une satiété rapide lors du repas
  • Une perte de poids
  • Des nausées voire des vomissements
  • Un manque d’appétit
  • Des douleurs au niveau du creux de l’estomac
  • Des ballonnements
  • Des brûlures d’estomac
  • Un reflux gastro-œsophagien

La présence répétée de ces symptômes doit vous pousser à consulter un médecin traitant.

La gastroparésie est-elle un signe de cancer ?

Bien que les symptômes d’un cancer de l’estomac se rapprochent fortement de ceux d’une gastroparésie, cette affection n’est pas le signe d’un cancer.

Quels examens pour diagnostiquer une gastropérésie ?

« En cas de symptômes sévères, une gastroscopie sera systématiquement proposée, explique le Pr. Gourcerol. C’est un examen qui consiste à insérer une petite caméra dans le tube digestif jusqu’à l’estomac pour permettre de visualiser l’intérieur de cet organe« . Dans un second temps, une scintigraphie gastrique permettra de mesurer la vitesse à laquelle les aliments sont digérés : suite à un repas léger, cet examen d’imagerie permet de suivre le rythme auquel le repas traverse l’estomac.

Quels traitements pour guérir d’une gastroparésie ?

Dans un premier temps, des recommandations hygiéno-diététiques seront mises en place : fragmentation de l’alimentation en plusieurs petits repas, réduction des fibres et des lipides, deux nutriments difficiles à digérer, et traitement de la constipation. En parallèle, la prise d’un médicament de la famille des prokinétiques pourra être prescrit : ils permettent de stimuler la vidange gastrique. En cas d’échec des traitements, deux autres solutions peuvent être proposées :
► La stimulation électrique gastrique. « Elle consiste à placer 2 électrodes au niveau de l’estomac afin de produire de légères impulsions électriques. Elle a pour but de soulager les symptômes de la gastroparésie, en particulier les vomissements« , indique le Pr. Gourcerol.
► Une intervention par voie endoscopique. « Au cours d’une endoscopie sous anesthésie générale, le gastro-enterologue va sectionner le sphincter (nommé pylore) contrôlant l’évacuation de l’estomac afin de l’accélérer. Cette intervention s’appelle G-POEM pour  » Gastric –Per Oral Endoscopic Myotomy «  », explique notre expert.

Quels sont les aliments à éviter en cas de gastroparésie ?

Il sera désormais recommandé de privilégier les repas légers et de fractionner la prise alimentaire en 5 voire 6 repas quotidiens. Certains aliments doivent désormais être éviter : il s’agit principalement des fruits et légumes fibreux et crus, comme les oranges et les brocolis, car ils peuvent occasionner des bézoards (accumulation de matière partiellement digérée ou non digérée pouvant se coincer dans l’estomac), ainsi que des aliments très gras comme les fromages, les fritures, les plats en sauce, la charcuterie, les viandes grasses…  Enfin, l’alcool et les boissons gazeuses sont également à limiter. 

Merci au Pr Guillaume Gourcerol, gastro-entérologue et hépatologue au CHU de Rouen.


Source : JDF Santé