Dysthymie : test, causes de ce trouble de l'humeur

Définition : qu’est-ce que la dysthymie ?

La dysthymie correspond à un trouble de l’humeur chronique caractérisé par un syndrome dépressif d’intensité modérée, mais de durée persistante. « Les anglophones l’appellent parfois  »high-functioning depression » (qui veut dire  »dépression avec un haut niveau de fonctionnement », en français), ce qui illustre bien la dysthymie. Les psychologues français la nomment aussi la dépression à bas bruit, car elle n’est pas suffisamment intense pour vous empêcher de vivre au quotidien« , explique Fanélie Raban, psychologue clinicienne et psychothérapeute. « Pour autant, les personnes peuvent avoir l’impression de fonctionner plutôt que de vivre, car elles n’arrivent pas à prendre du plaisir dans leurs activités quotidiennes. Elles accomplissent les différentes tâches qui leur sont assignées, mais les émotions positives qui pourraient accompagner leur quotidien ont quasiment disparu », détaille-t-elle. Pour la spécialiste, le diagnostic de cette « dépression à bas bruit » peut prendre du temps. 

Quelles sont les causes de la dysthymie ? 

Les causes de la dysthymie sont multiples. « Pour cette raison, il est difficile d’identifier une cause évidente de ce trouble de l’humeur, car c’est parfois une combinaison de plusieurs facteurs qui va être le déclencheur« , explique la psychologue. « Cela peut aller de facteurs intrinsèques tels qu’un trouble psychique préexistant, une prédisposition génétique ou familiale à un épuisement professionnel ou parental« .  Elle poursuit. « Pour certaines personnes, c’est réactionnel, et retrouver un équilibre de vie va permettre de sortir de cette « phase ». Pour d’autres, notamment en cas de déficit chimique, il va falloir soutenir l’humeur avec un traitement médicamenteux« . Selon elle, certains facteurs tels que le manque de soutien social, des pathologies préexistantes, les difficultés financières, le deuil ou le stress au quotidien majorent le risque. 

Quels sont les symptômes de la dysthymie ?

Si la dysthymie n’est pas une dépression majeure, elle rassemble de nombreux symptômes dépressifs. Ces symptômes vont du trouble de l’appétit aux troubles du sommeil en passant par la fatigue. « Que vous mangez beaucoup plus que d’habitude ou que vous perdez l’envie de vous nourrir, le rapport à la nourriture est en tout cas modifié. Concernant les troubles du sommeil, vous rencontrez des insomnies ou à contrario, vous dormez beaucoup plus que d’habitude, voire trop et cela peut vous empêcher de profiter de certains moments. Vous pouvez aussi vous sentir fatigué et avoir l’impression de subir une perte d’énergie« , énumère Fanélie Raban. Les autres symptômes sont la faible estime de soi, la difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions ainsi que le pessimisme. « Vous posez un regard sombre sur le futur et il est difficile de garder espoir. Le pessimisme envahit vos perceptions« , ajoute la psychothérapeute. Elle précise. « Malgré les similarités avec un syndrome dépressif majeur, il est cependant plus facile de gérer la maladie au quotidien. Les personnes peuvent continuer leurs études ou aller au travail, par exemple, mais à l’intérieur elles se sentent épuisées, frustrées et emplies de lassitude« . 

Y a-t-il un test pour diagnostiquer la dysthymie ?

Le diagnostic de la dysthymie est posé par un médecin-psychiatre sur la base des critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). « Si les personnes présentent au moins deux de ces symptômes précédemment évoqués, il est possible qu’elles souffrent de dysthymie« , affirme Fanélie Raban. Le DSM-5 indique que le diagnostic ne peut être posé qu’au bout de deux ans. « Vous devez avoir expérimenté ces symptômes d’un niveau d’intensité faible à moyenne pendant au moins 2 ans« , complète la psychologue clinicienne. 

Comment soigner la dysthymie ?

Selon la psychothérapeute, il est primordial d’entamer une psychothérapie. « C’est une étape essentielle. Il peut s’agir d’une thérapie par le dialogue, avec un psychologue, par exemple, mais cela peut aussi passer par un traitement médicamenteux« . La prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques est aussi parfois la solution pour aller mieux. « Avec des soins adaptés, il est tout à fait possible d’aller mieux », tient à préciser notre experte.

Merci à Fanélie Raban, psychologue clinicienne et psychothérapeute.


Source : JDF Santé