Douleur du genou : signification, comment la soulager ?

Avoir mal au genou est fréquent. Selon la Haute Autorité de Santé, les douleurs au genou ou « gonalgie » concernent près de 25 % des femmes et 22 % des hommes et peuvent être très handicapantes dans la vie de tous les jours. Les gonalgies peuvent survenir à la suite d’un choc ou d’un traumatisme du genou (accident de voiture, lors d’une activité sportive…) ou en dehors de tout traumatisme (l’arthrose est une cause fréquente au-delà de 40 ans).

Quelle est la définition de la gonalgie ?

Ce terme désigne la douleur ressentie au niveau d’un ou des deux genoux. « Chacun des éléments constituant cette articulation peut engendrer cette douleur : les ligaments, les tendons, le ménisque » précise le Dr Laurent Grange, rhumatologue et Président de l’Aflar (Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale). Le genou est une articulation majeure de l’organisme, car il assure la jonction entre la cuisse et la jambe. L’articulation du genou, pivot du corps, permet une bonne répartition du poids du corps et joue un rôle majeur dans la flexion de la jambe. L’articulation du genou représente l’ensemble constitué par l’extrémité inférieure du fémur, l’extrémité supérieure du tibia ainsi que la rotule située en avant. 

Quels sont symptômes associés au mal de genou ?

« Les symptômes sont de deux ordres essentiellement : la douleur et l’enraidissement. La douleur peut être d’horaire mécanique, c’est-à-dire qui se calme au repos et s’aggrave aux mouvements, ou d’horaire inflammatoire » décrit le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine (Paris). Dans ce cas, la douleur réveille la nuit. Le genou est alors souvent gonflé, chaud et parfois rouge. L’enraidissement provoque une difficulté à la flexion et l’extension gênant ainsi la marche. La gonalgie peut ne toucher qu’un seul genou, le droite ou le gauche. Voire les deux : les médecins parlent alors de gonalgie bilatérale.

Schéma du genou vue de face
Schéma du genou vue de face © HAS
Schéma du genou vue de profil
Schéma du genou vue de profil © HAS

Signification : quelles sont les causes d’une douleur au genou ?

Une douleur au genou peut avoir différentes causes. Elle est assez fréquente, le genou étant une articulation porteuse. « La douleur au genou peut être d’origine traumatique ou non, articulaire, tendineuse, ligamentaire ou méniscale«  explique le Pr Berenbaum. Voici les significations possibles d’un mal au genou : 

► Une fracture du genou : elle survient le plus souvent à la suite d’un accident

► Une fracture de fatigue surtout chez les sportifs, ou les personnes fournissant des efforts intenses et répétitifs, ou surentraînés (longues marches, sauts multiples, etc..).

► Une entorse du genou correspond à une atteinte des ligaments permettant la stabilité de l’articulation du genou et fait suite à un traumatisme, provoquée la plupart du temps lors de la pratique d’un sport, comme par exemple le basket-ball, le rugby, le football, et le ski qui sont responsables d’un tiers des entorses de genou.

► Une ruptures des ligaments (plus sévères lorsque les ligaments croisés sont touchés). « Les ménisques, coussinets de cartilage rendent l’articulation du genou plus stable. Leur élasticité et leur forme permettent de mieux répartir les contraintes. Ils absorbent les chocs de l’articulation du genou », expose le Pr Berenbaum. Avant d’ajouter : « Ils peuvent se fissurer à la suite d’un traumatisme aigu et provoquer des douleurs et un épanchement articulaire. Dans ce cas un geste arthroscopique est parfois proposé pour une suture ou une résection. » Il faut savoir que le fait de retirer chirurgicalement une partie du ménisque entraîne un risque de développer une arthrose chez une personne sur 2 dans les 10 ans qui suivent l’opération.

Des rhumatismes inflammatoires (polyarthrite rhumatoide, spondyloarthrite, rhumatismes psoriasique, etc.) peuvent toucher les genoux. Dans ces cas, le genou gonfle et s’accompagnent de douleurs d’horaire inflammatoire. L’hygroma du genou (ou bursite pré–rotulienne) est une inflammation de la bourse devant la rotule. Celui-ci devient alors douloureux et gonflé. Cette affection s’observe parfois chez les personnes qui travaillent à genoux (ex : carreleur).

► Une algoneurodystrophie ou Syndrome douloureux régional complexe correspond à un ensemble de symptômes survenant parfois après une intervention chirurgicale ou un traumatisme : douleurs, raideur articulaire, troubles circulatoires avec peau rouge et amincie, décalcification osseuse), etc.

► Une ostéonécrose aseptique des condyles fémoraux est une mort osseuse avec destruction d’une partie de l’os au niveau des extrémités du fémur ( condyle), d’origine non infectieuse. Elle survient souvent chez les personnes âgées.

► Une maladie d’Osgood–Schlatter est aussi appelée « épiphysite tibiale antérieure de croissance ». Il s’agit d’un défaut de croissance avec une inflammation et d’une fragmentation d’une zone de croissance de la tubérosité tibiale antérieure (petite bosse osseuse située à l’avant du tibia). Cette pathologie touche surtout  le garçon entre 10 et 15 ans

► Une port fréquent de talons hauts et un manque de souplesse sont aussi évoqués pour expliquer les douleurs au genou.

Quels examens faire quand on mal au genou ?

Afin de déterminer la cause d’une gonalgie et la conduite à tenir la plus appropriée, à l’issue de l’examen clinique du patient, le médecin peut être amené à demander un examen d’imagerie. Dans ce cas, le premier examen à réaliser est une radiographie (réalisée debout). La radio permet de visualiser, par exemple des signes d’arthrose, des calcifications, une fracture, voire une autre atteinte osseuse, un épanchement, des anomalies de l’alignement des os. Souvent, cet examen d’imagerie suffit ; l’Imagerie par résonance magnétique (IRM) est rarement nécessaire. En juin 2022, la Haute Autorité de Santé a actualisé ses recommandations concernant la réalisation d’examens en cas de gonalgie pour éviter de surcharger les plateaux d’IRM.

► Si les radiographies montrent des signes typiques d’arthrose, l’IRM n’est généralement pas indiquée car elle ne va pas modifier la prise en charge du patient.

► En cas d’évolution clinique atypique, si les radiographies ne suffisent pas à expliquer l’origine de la douleur ou si elles mettent en évidence un autre problème que de l’arthrose, l’IRM ou d’autres examens d’imagerie comme une échographie ou un scanner peuvent être indiqués.

Après un traumatisme : Si les radiographies montrent une fracture, un avis chirurgical est nécessaire. En l’absence de fracture, l’IRM peut être utile dans certains cas si une lésion des ménisques ou des ligaments est suspectée

« Dans tous les cas, la répétition d’imagerie en cas de nouvel épisode de gonalgie chez un patient dont la pathologie est connue et qui a des symptômes habituels n’est pas recommandée«  estime l’autorité.  

Quand consulter ?

Il faut consulter en urgence, après un traumatisme du genou, quand la douleur est très intense et que vous ne pouvez plus ni rester debout ni marcher. En dehors d’un traumatisme du genou, si vous ressentez des douleurs très intenses, non soulagées par le repos, s’intensifiant rapidement, qui vous empêchent de dormir, et si celles-ci sont associées à un gonflement du genou ou à de la fièvre.

Quels sont les traitements pour soulager une douleur au genou ?

Ils dépendent de la cause et de la gravité : 

► Les douleurs bénignes du genou peuvent être soulagées facilement grâce à du repos, l’application de poche de froid sur la zone douloureuse et la prise d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) soit par voie topique (crème, gel) soit par orale ou un antalgique (ex : paracétamol).

« Les gonalgies liées à l’arthrose peuvent être traités par une association de prise en charge pouvant comporter : perte de poids, activité physique, renforcement musculaire, kinésithérapie, cure thermale,  genouillère et/ou de semelles orthopédiques, application d’un gel AINS ou à base de capsaicine ou AINS AASAL anti arthrosique d’action lente (type chondroitine, glucosamine, insaponifiable de sofa ou d’avocat par exemple), infiltrations de cortisone ou d’acide hyaluronique (viscosupplémentation) « , précise le Dr Grange.

► Des injections de corticoïdes en cas de poussée inflammatoire et/ou d’acide hyaluronique sont parfois proposées.

► Si cela est insuffisant, une intervention chirurgicale afin de remplacer tout ou partie du genou par une prothèse pourra être envisagée. Dans 90 % des cas, elle permet de mettre définitivement un terme aux douleurs.

En cas de fracture ou de rupture des ligaments, le patient peut être orienté vers un chirurgien orthopédiste pour discuter une intervention chirurgicale suivie d’une période de rééducation ou d’une prise en charge par immobilisation type plâtre.

Chaussures : pas plus de 3 cm de talons.

Pourquoi l’arthrose donne mal au genou ?

L’arthrose du genou, provoquée par une détérioration du cartilage de l’articulation du genou, provoque des manifestations invalidantes, comme des douleurs et l’impossibilité de pratiquer certaines activités physiques sportives ou de la vie quotidienne. Par exemple l’arthrose fémoropatellaire (entre le fémur et la rotule) entraîne des difficultés à la descente des escaliers. Les douleurs mécaniques sont les principales manifestations de l’arthrose du genou. Elles s’aggravent lors d’un effort et se calment au repos et gênent l’extension et la flexion du genou. Apparaissent également une raideur et une limitation des mouvements, , des épisodes de dérobement du genou, une boiterie et parfois une déformation du genou atteint. L’arthrose du genou peut survenir chez des gens jeunes (en cas d’antécédent de traumatisme méniscal ou ligamentaire) chez les patients obèses et augmente avec l’âge. Ainsi, Le vieillissement de la population explique en partie l’apparition de plus en plus de cas de personnes présentant une arthrose du genou.

Comment diminuer les douleurs du genou ?

Des règles d’hygiène de vie peuvent aider à réduire le risque d’apparition de la gonalgie :

► Perdre du poids : les kilos en trop pèse sur l’articulation : 1kg perdu, c’est 4kg de pression en moins sur chaque genou !

Pratiquez une activité physique : elle a l’intérêt de vous aider à maintenir une bonne mobilité de l’articulation. 2 à 3 fois par semaine, durant 30 minutes, pratiquez le yoga, la natation, le taï-chi, l’aquagym ou la marche à pied. Vous aimez courir ? La pratique du running n’est pas interdite mais pour éviter de vous faire mal, échauffez-vous avant la séance pour préparer l’articulation, préférez un sol meuble comme la terre, l’herbe ou un stade plutôt que le bitume et faites faire chez un podologue des semelles sur-mesure qui absorberont les chocs. Enfin, le port d’une genouillère, en verrouillant l’articulation, limite l’amplitude et diminue les douleurs.

► Alternez vos chaussages : si les talons hauts dessinent une jolie jambe, évitez de les porter chaque jour et optez pour des chaussures dont le talon ne dépasse pas 3 cm. 

Merci au Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine (Paris) et au Dr Laurent Grange, rhumatologue et Président de l’Aflar (Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale).

Source : Douleurs du genou : quel examen d’imagerie réaliser ? Communiqué de presse, 27 juin 2022. 


Source : JDF Santé