Douleur à l'aine : symptômes, causes, sport, traitement

L’aine se situe entre le haut de la cuisse et le bas-ventre. Si vous ressentez une douleur dans cette région, il est prudent de consulter un médecin. Cela peut être une infection urinaire, une douleur d’origine musculaire ou articulaire, une tendinite… Il s’agit souvent d’un symptôme courant, mais il ne faut pas pour autant le négliger. Quelles sont les causes possibles d’une douleur à l’aine ? Quels sont les symptômes ? Le diagnostic ? Quand et qui consulter ? Comment la soigner rapidement et efficacement ?  Conseils avec Benjamin Dromson, masseur-kinésithérapeute.

Définition : qu’est-ce qu’une douleur à l’aine ?

L’aine, ou zone la inguinale, se situe entre le bas de l’abdomen et le haut de la cuisse. Elle est traversée par les artères et les veines fémorales, des ganglions inguinaux, plusieurs nerfs majeurs (nerf ilio-inguinal, nerf ilio-hypogastrique, nerf crural et nerf obturateur), ainsi que deux muscles. La douleur trouve donc plusieurs causes possibles. À noter que les douleurs inguinales sont souvent des irradiations dont l’origine se trouve dans une autre partie du corps :

  • un problème au niveau de la hanche,
  • une douleur au niveau des vertèbres
  • une douleur au niveau de certains organes (estomac, foie…)

Quels sont les symptômes d’une douleur à l’aine ?

Une douleur à l’aine peut se manifester de différentes manières selon le problème en cause :

  • Une sensation de petits coups d’aiguille ou d’électricité si la douleur est d’origine articulaire
  • Une douleur majorée à l’effort si la douleur est d’origine musculaire
  • Une douleur accentuée en position assise si la douleur est liée à une cruralgie
  • Une douleur progressive en cas d’arthrose à la hanche
  • Des fourmillements dans le haut des cuisses et dans les jambes
  • Une perte de sensibilité au niveau du haut des cuisses
  • Une boiterie à la marche

Quelles sont les causes d’une douleur à l’aine ?

→ Souvent, la douleur à l’aine a une origine gastro-intestinale, urologique (cystite, colique néphrétique) ou gynécologique (la zone s’avère par exemple souvent douloureuse en fin de grossesse).

→ Un traumatisme musculaire, articulaire ou osseux, peut également expliquer cette douleur. Celle-ci peut en outre provenir d’une pubalgie, une pathologie qui peut concerner les sportifs amateurs comme ceux de haut niveau. : il s’agit d’une inflammation de l’un des muscles qui viennent s’insérer sur le pubis. « Une pubalgie désigne toute pathologie affectant les tendons qui s’insèrent au niveau du bassin, de la hanche ou du pubis, explique Benjamin Dromson, masseur-kinésithérapeute. La douleur est assez proche d’un claquage, et est due à des blessures de sur-utilisation, des contraintes répétées, trop intenses.« 

→ Dans d’autres cas, la douleur est causée par une inflammation de type bursite, tendinite, arthrite ou par l’inflammation des ganglions lymphatiques, en réaction à une infection.

→ Une névralgie, telle qu’une hernie discale ou une sciatique, peut aussi expliquer ce symptôme. « La présence d’arthrose au niveau de la hanche peut être une autre cause possible, notamment chez les personnes âgées« , ajoute le spécialiste.

→ L’hernie inguinale peut également être la source du problème : une partie de l’intestin grêle est passée au travers du canal inguinal ou des muscles abdominaux. On la repère par la présence d’une petite masse située au niveau du pli de l’aine.

Douleur à l’aine après le sport

La douleur à l’aine liée à un exercice physique est fréquente chez les sportifs qui pratiquent une activité très régulière. En particulier ceux pratiquant des sports qui nécessitent de courir et de changer soudainement de direction (football, handball…). On appelle cela une pubalgie qui se caractérise par une douleur d’apparition progressive sur la zone couvrant l’aine, le pubis et les adducteurs. Elle se manifeste quand la personne contracte ses muscles situés dans la région du pubis. Elle est causée soit par une :

  • lésion au niveau de l’insertion des muscles sur l’os du pubis
  • lésion au niveau du tendon
  • lésion au niveau de la jonction tendon-muscle (déchirure musculo-tendineuse)

Le traitement consiste en des séances chez le kiné ainsi qu’en l’administration de médicaments (myorelaxants, anti-inflammatoire non stéroïdiens). Des infiltrations de corticoïdes sont parfois prescrites.

Comment faire le diagnostic ?

Le diagnostic différentiel d’une douleur à l’aine repose sur la localisation précise de la douleur dans la région inguinale concernée : région inguinale antérieure, région inguinale proximale (autour du ligament inguinal), région symphysaire (articulation antérieure du bassin), région inguinale interne (autour des adducteurs) ou région trochantérienne (partie du fémur).

Quand et qui consulter ?

« Dès que la douleur apparaît, qu’elle persiste, il est recommandé de consulter un médecin pour identifier rapidement la cause et ainsi éviter que les symptômes ne s’aggravent« , prévient Benjamin Dromson. Plusieurs indices permettront d’établir le diagnostic : est-ce que la douleur est ressentie en mouvement et/ou au repos ? Est-ce que son apparition a été soudaine ? Le médecin vérifiera notamment si d’autres symptômes d’ordre digestif, gynécologique ou urologique sont ressentis en parallèle.

Quels sont les traitements d’une douleur à l’aine ?

Dans la plupart des cas, des antalgiques (myorelaxants, anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont prescrits pour soulager la douleur. Si la cause est d’origine musculaire ou névralgique, des séances d’ostéopathie ou de kinésithérapie peuvent être nécessaires. « Les exercices de renforcement musculaire, guidés par un professionnel, sont essentiels pour éviter ce type de tracas, rappelle Benjamin Dromson. Dans le cas de la pubalgie notamment, ce qui pêche c’est la musculature au niveau de l’arrière des cuisses (les ischio-jambiers), des abdominaux, des adducteurs, des muscles fessiers, ou du tendon droit fémoral. » Enfin, en cas d’hernie inguinale, une intervention chirurgicale est parfois envisagée.

Merci à Benjamin Dromson, masseur-kinésithérapeute.


Source : JDF Santé