Dafalgan codéiné : surdosage, quand le prendre ?

C’est quoi du Dafalgan codéiné ?

Le Dafalgan codéiné® est un médicament antalgique qui vise à soulager les douleurs modérées. Il contient du paracétamol dosé à 500 mg et de la codéine dosée à 30 mg. Le paracétamol est un antalgique et un antipyrétique (contre la fièvre), tandis que la codéine est un antalgique central. Son effet analgésique est dû à sa conversion en morphine. L’association de paracétamol et de codéine possède une activité antalgique supérieure à celle de ces mêmes substances prises isolément, avec un effet plus prolongé dans le temps. Le Dafalgan codéiné® se présente sous forme de boîtes de 16 comprimés à avaler ou de 16 comprimés effervescents.

Indications : quand prendre du Dafalgan codéiné ? 

Le Dafalgan codéiné® est indiqué chez l’adulte et chez l’enfant de plus de 12 ans en cas de douleur aiguë d’intensité modérée qui n’est pas suffisamment soulagée par les autres antalgiques comme le paracétamol seul ou l’ibuprofène. Les douleurs neuropathiques ne répondent pas aux effets du Dafalgan codéiné®, ce médicament n’est donc pas indiqué dans ce type de douleurs.

Est-il disponible sur ordonnance ou en vente libre ?

Le Dafalgan codéiné® est un médicament inscrit sur la liste I des substances vénéneuses ce qui signifie qu’une ordonnance est nécessaire pour s’en procurer.

Au bout de combien de temps arrivent les effets ? 

L’absorption du Dafalgan codéiné® dans l’organisme est rapide et la concentration maximale du paracétamol et de la codéine est atteinte en environ 60 minutes après la prise. Ses effets sur les douleurs sont donc rapides. Toutefois, ils ne durent pas dans le temps puisque le médicament commence à s’éliminer progressivement au bout d’environ 2h, pour être quasi totalement éliminé au bout de 24h.

Quels sont les dangers et effets secondaires ? 

Une toxicité liée à un surdosage peut s’observer en cas d’insuffisance hépatique (limiter le paracétamol à maximum 3g par jour), d’insuffisance rénale (par accumulation de codéine et de paracétamol dans les reins : ajuster la posologie à 8h entre deux prises, réduire la dose au maximum et assurer une surveillance pendant le traitement), chez les personnes âgées (instaurer une demie dose en traitement initial puis augmenter si besoin la posologie selon la tolérance), en cas de malnutrition, d’alcoolisme, de déshydratation ou chez les adultes pesant moins de 50 kg (ajuster la dose maximale de paracétamol à 60mg/kg/j et maximum 3g par jour). Le paracétamol peut provoquer des réactions cutanées graves (pustulose exanthématique aiguë généralisée, syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique) qui peuvent être mortelles. L’apparition d’une éruption cutanée ou de tout autre signe d’hypersensibilité impose l’arrêt du traitement. Les effets de la codéine sur le système nerveux central peuvent provoquer une sédation ou une dépression respiratoire grave qui peut être mortelle. L’utilisation prolongée de codéine augmente le risque de maux de tête par abus médicamenteux. Aussi, la constipation, (souvent réfractaire à un traitement par laxatif), constitue un effet indésirable de la codéine et nécessite une surveillance du transit intestinal au cours du traitement. La codéine peut également provoquer des nausées et des vomissements, des démangeaisons, une diminution des taux d’hormones, une rigidité des muscles ou encore de la rétention urinaire. Un risque de tolérance existe avec le Dafalgan codéiné® qui se traduit par une diminution de l’efficacité sur les douleurs en cas d’usage prolongé. Cela peut conduire à augmenter en conséquence la posologie du traitement, ce qui ne fera qu’accroître le problème de tolérance. Enfin, le Dafalgan codéiné® peut provoquer une dépendance et conduire à des abus ou à des mésusages, liés à la présence de codéine dont l’utilisation prolongée entraîne une dépendance psychologique et physique. C’est pourquoi son utilisation doit se faire avec grande prudence chez les personnes ayant des antécédents de dépendance et/ou d’abus (alcool, médicaments) ou de troubles mentaux (dépression majeure par exemple). Un abus ou une dépendance peut conduire à un surdosage voire au décès.

Chez qui le Dafalgan codéiné est-il contre-indiqué ? 

Le Dafalgan codéiné, en raison de la présence de codéine, est contre-indiqué chez les enfants de moins de 12 ans car la codéine peut se transformer en morphine une fois absorbée dans l’organisme, cette quantité de morphine ainsi produite étant variable. Elle peut être la cause d’une toxicité opioïde. Ce médicament est également contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à l’un des composants du médicament, en cas d’insuffisance hépatique sévère ou encore chez les patients asthmatiques ou souffrant d’une insuffisance respiratoire, même légère. Le Dafalgan codéiné® ne doit pas être pris pendant l’allaitement ni après un retrait des amygdales ou des végétations dans le cadre d’une apnée du sommeil chez les mineurs en raison des effets potentiellement graves que la codéine pourrait entraîner (jusqu’au décès). Le Dafalgan codéiné® est contre-indiqué chez les personnes connues pour être des métaboliseurs ultra-rapides du cytochrome P2D6. Il ne faut pas prendre de Dafalgan codéiné® en concomitance avec d’autres médicaments contenant de la codéine ou du paracétamol, si cela conduit à dépasser les doses maximales à savoir 240 mg/j de codéine et 4 g/jour de paracétamol (chez les adultes sans facteur de risque). La codéine doit être utilisée avec précaution chez les personnes épileptiques en raison de sa capacité à réduire le seuil de crise, ainsi que chez les personnes ayant des antécédents de dépendance à l’alcool ou aux médicaments ou souffrant de troubles mentaux (risque de mésusage et de surdosage). Enfin, le Dafalgan codéiné® doit être utilisé avec prudence en cas de prise d’alcool, d’hypertension intracrânienne, de toux productive, de faible poids, d’anorexie ou de boulimie, de malnutrition chronique, de déshydratation, d’insuffisance hépatique, de syndrome de Gilbert et de déficience en G6PD. Une vigilance s’impose chez les personnes âgées plus à risque de surdosage, d’effets indésirables (dépression respiratoire, constipation) et d’interactions médicamenteuses. Les comprimés effervescents sont contre-indiqués en cas d’intolérance au fructose, de syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou de déficit en sucrase/isomaltase (maladies héréditaires rares) en raison de la présence de saccharose et de glucose, en cas d’intolérance héréditaire au fructose en raison de la présence de sorbitol (E420) et en cas de phénylcétonurie en raison de la présence d’aspartam.

Quels sont les risques d’un surdosage ? 

Les risques d’un surdosage sont une intoxication grave survenir plus fréquemment chez les personnes âgées, chez les jeunes enfants, en cas d’atteinte hépatique, en cas d’alcoolisme chronique, en cas de malnutrition chronique et en cas de consommation de médicaments inducteurs enzymatiques. L’intoxication peut parfois être mortelle, y compris un surdosage en paracétamol. Les signes peuvent être : une dépression aiguë des centres respiratoires (cyanose, ralentissement respiratoire), de la somnolence, un rash, des vomissements, un prurit, des difficultés à parler, un œdème pulmonaire, un ralentissement de la fréquence respiratoire, des pauses respiratoires, un myosis, des convulsions, des bouffissures du visage, une rétention urinaire, une anorexie, une pâleur, un malaise, une sudation ou des douleurs abdominales.

Avec quels médicaments ne pas prendre de Dafalgan codéiné ? 

Il est conseillé de ne pas cumuler plusieurs médicaments contenant du paracétamol et/ou de la codéine, et de s’assurer dans tous les cas que les doses maximales quotidiennes ne soient pas dépassées, à savoir maximum 240 mg de codéine par jour et maximum 4g de paracétamol par jour. Le Dafalgan codéiné® est contre-indiqué avec l’oxybate de sodium (risque de dépression respiratoire pouvant être fatale). Si son utilisation est requise, une surveillance et un ajustement des doses peuvent s’avérer nécessaires en cas de prises d’autres médicaments. C’est le cas des antivitamines K (risque hémorragique), de la flucloxalline (risque d’acidose métabolique), des médicaments contenant de l’alcool ou ayant des effets sédatifs (altération de la vigilance par addition des effets sédatifs de la codéine), du bupropion, du cinacalcet, de la duloxetine, de la terbinafine, de la fluoxétine, de la paroxétine et de la quinidine (risque d’inefficacité ou de moindre efficacité de la codéine), des morphiniques (diminution de l’effet antalgique), des antitussifs morphiniques, de la méthadone, des barbituriques et des benzodiazépines et apparentés (risque de dépression respiratoire pouvant être fatale) et des médicaments atropiniques (risque d’akinésie colique et de constipation sévère).


Source : JDF Santé