Comment savoir si on fait de l'apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil correspond à des pauses respiratoires qui surviennent pendant le sommeil et dont la durée est supérieure à celles que l’on peut avoir quand on parle ou on respire. « Quand on a une apnée du sommeil, la ventilation s’arrête et par conséquent les échanges gazeux s’interrompent. On élimine plus le gaz carbonique (CO2) et on inspire plus d’oxygène. L’oxygène dans le sang baisse et le gaz carbonique augmente. Plusieurs conséquences physiologiques vont alors apparaître« , explique en préambule le Dr Didier Cugy, somnologue, interviewé pour l’occasion. Comment peut-on savoir si on en fait ? Quels sont les signes d’alerte ? Qui consulter en cas de doute ? 

Comment savoir si on fait de l’apnée du sommeil si on dort seul ?

« Savoir si on fait de l’apnée du sommeil est assez facile parce qu’en général l’efficacité du sommeil est moins bonne et il y aura forcément un retentissement diurne et des signes cliniques facilement identifiables« , précise le Dr Didier Cugy. Le sommeil non récupérateur et la fatigue au réveil sont deux éléments qui permettent de penser à l’apnée du sommeil. D’autres signes d’alerte permettent de suspecter cette pathologie même si on dort seul (voir plus bas).

Quels signes peuvent alerter ?

  • la fatigue matinale/au réveil (le sommeil n’a pas été récupérateur)
  • la transpiration nocturne 
  • la nycturie : le fait de se lever plusieurs fois la nuit pour uriner (les urines sont abondantes)
  • la sécheresse buccale et des ronflements accompagnés de bruits de reprise respiratoire : « du fait d’une obstruction de la filière aéro-respiratoire au niveau du nez et du pharynx, on va respirer par la bouche« , précise-t-il.

Où faire un test pour savoir si on fait de l’apnée du sommeil ?

Une polygraphie peut être réalisée chez un spécialiste de l’apnée du sommeil pour ainsi enregistrer les paramètres respiratoires du sommeil : la ventilation au niveau du nez, les efforts de la respiration (thorax et abdomen), l’oxygénation du sang. D’autres capteurs complémentaires peuvent être ajoutés à ce test. « Cet enregistrement permet de mesurer, de compter et de dénombrer les événements respiratoires, de savoir s’ils sont plus importants quand on dort sur le dos ou sur le côté et déterminer les facteurs de gravité« , décrit le spécialiste. Un index d’apnées sera calculé sur la base de cet enregistrement : il est normal quand il est < 5 apnées/heure. Une prise en charge peut être envisagée à partir de 15 apnées/heure et quand il existe des facteurs concomitants : hypertension, antécédents cardiovasculaires, obésité

Qui consulter en cas de doute ?

« Une fois que l’on a perçu les signes d’alerte, que l’on s’interroge, il faut en parler à son médecin traitant« , insiste notre interlocuteur. Le médecin traitant est le premier interlocuteur dans le parcours de soin, qui en général va orienter vers un professionnel de santé spécialisé autour de cette problématique pour ainsi confirmer le diagnostic : médecins du sommeil, pneumologues, ORL, cardiologues, endocrinologues et certains médecins généralistes formés.

Merci au Dr Didier Cugy, somnologue à Bordeaux


Source : JDF Santé