Comment arrêter une thérapie ? Conseils pour "rompre" avec son psy

Les relations entre patients et psychologues sont uniques en leur genre. Elles sont basées sur la confiance et l’intimité, « on essaye de construire une alliance thérapeutique« , indique d’emblée Catherine Demangeot, psychothérapeute. Et parfois, comme toutes les relations, elles peuvent atteindre un point où il est temps de se dire au revoir. « Le terme rompre renvoie au fait de briser, se libérer, terminologie qui questionne la relation thérapeutique. On préfère le terme « arrêter » une thérapie« , suggère Catherine Demangeot. Pourquoi arrêter une thérapie ? Comment mettre fin à une thérapie de la meilleure des façons ? Y a-t-il un bon ou un mauvais moment ?

Pourquoi arrêter une thérapie ?

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles on peut vouloir mettre fin à votre relation thérapeutique. Parfois, une relation de dépendance ou de manipulation peut se développer, remettant en question l’équilibre et la confiance entre le thérapeute et le patient. Vous pouvez aussi vous rendre compte que vous projetez constamment votre névrose sur votre psy, ce qui peut freiner votre développement personnel. Par ailleurs, « le/la psychologue ne doit pas devenir indispensable dans la vie du patient. L’objectif est d’arriver à un stade d’autonomie où le patient prend ses responsabilités en s’acceptant. Il doit être capable d’exprimer pleinement son libre arbitre et être plus assertif dans sa vie » souligne la psychothérapeute. 

Quand rompre avec son psy ?

« Le bon moment pour mettre fin à une thérapie est lorsque vous avez surmonté vos inhibitions, vos résistances, et que vous comprenez les schémas répétitifs à ne pas reproduire. C’est lorsque vous vous sentez moins empêché dans votre vie personnelle ou professionnelle et que vous êtes en mesure de faire face à l’échec » indique Catherine Demangeot. Il est important de ne pas vouloir tout régler, la psychothérapie est un processus d’introspection continu. « Dès lors que le patient connait ses mécanismes, qu’il a déconstruit et reconstruit ses schémas de pensées et qu’il est capable de parler de lui avec de la bienveillance, il semble que la thérapie a achevé son objectif » ajoute notre experte.

Comment se séparer de son psychologue de façon saine ?

Pour annoncer votre décision, il est recommandé de le faire durant une séance, en face à face. Cela respecte le principe de relation thérapeutique de confiance et de respect mutuel et donne la possibilité de discuter de votre décision de manière sécurisée. « On prend soin de la rencontre et du début de la relation. Il est tout aussi important de prendre soin de la séparation » défend la psychothérapeute. En général, la décision de mettre fin à la thérapie doit être prise par le patient, bien que cela puisse varier en fonction des méthodes thérapeutiques. Le thérapeute est là pour identifier si le patient est clair et conscient à ce sujet. « Je pose un cadre dès le départ. Si le patient veut interrompre la thérapie, il doit pouvoir le verbaliser, en discuter afin d’éviter que cette décision soit une rupture brutale » souligne notre interlocutrice qui recommande de programmer 2 séances de clôture pour faire le bilan de la thérapie.

​​​​​​Peut-on garder un lien avec son psy après une thérapie ?

« Il est préférable de ne pas maintenir de lien avec le psychologue après la fin de la thérapie, préconise la psychothérapeute. En effet, « mélanger les sphères peut révéler une difficulté à se séparer et à clore réellement le processus thérapeutique ».

Quelles sont les mauvaises manières de finir une thérapie ?

Tenter d’interrompre brutalement le travail et l’accompagnement est l’une des pires façons de mettre fin à une thérapie. Prendre la décision unilatérale d’arrêter la thérapie sans en informer le psy peut conduire à une séparation brutale qui ne permet pas de donner du sens à ce départ. « Ne pas être capable de se séparer sainement, mettre un terme à une relation (ici avec son psy) révèle une problématique sous-jacente de séparations » mentionne Catherine Demangeot. « Lors d’une thérapie, il y a une période dite de plateau qui se manifeste souvent par le sentiment de tourner en rond. Il faut absolument éviter de quitter le travail thérapeutique à ce moment-là. Il est indispensable pour se confronter à ses problématiques. Par contre, si cette période dure trop longtemps, il ne faut pas hésiter à le verbaliser auprès de son thérapeute » conclut notre experte.

Merci à Catherine Demangeot, psychothérapeute et sexothérapeute spécialisée dans les thérapies de couple, certifiée en méthode TRE et fondatrice du podcast « Qui m’aime me suive ».


Source : JDF Santé