C'est quoi une drogue de synthèse ? C'est légal en France ?

Contrairement aux drogues d’origine naturelle (cannabis, cocaïne…), les drogues de synthèse (MDMA, GHB…) sont obtenues à partir de molécules chimiques produites en laboratoire (clandestin). Lorsqu’elles sont absorbées par l’organisme, ces substances de synthèse modifient les fonctions du corps et du système nerveux central et ont des effets sur les pensées, les émotions, les comportements et l’humeur. Quelle est la liste des drogues de synthèse ? C’est quoi les Nouveaux Produits de Synthèse comme la 3-MMC dont on entend de plus en plus parler ? Quels sont les effets ? Les dangers pour la santé ? Est-ce légal en France ?

Définition : c’est quoi une drogue de synthèse ?

On distingue les drogues d’origine naturelle (ou drogues traditionnelles) qui sont composées de produits naturels ou confectionnés à partir d’ingrédients naturels (plantes) comme la cocaïne ou le cannabis et les drogues dites de synthèse (ou drogues synthétiques) qui sont fabriquées à partir d’ingrédients chimiques de synthèse et qui nécessitent, pour être obtenues, des manipulations et des réactions chimiques. Autrement dit, les drogues de synthèse sont obtenues sans avoir besoin d’une plante. Les drogues de synthèse sont surtout fabriquées sous forme de pilule, un conditionnement facile à transporter et à commercialiser. 

Quels sont les effets d’une drogue de synthèse ?

Les drogues de synthèse ont pour but de reproduire les effets de produits naturellement psychotropes. Les effets recherchés lors d’une consommation de drogue de synthèse sont :

  • La sensation d‘ivresse et d’euphorie
  • La sensation de vitalité (ce qui permet de rester éveillé très longtemps)
  • Ou au contraire, l’effet relaxant et sédatif (le rythme cardiaque est ralenti)
  • L’augmentation de la sensibilité et la facilitation des contacts (propriétés empathogènes et entactogènes) : les drogues de synthèse désinhibent
  • La désorientation (difficulté à se situer dans l’espace ou le temps, d’où la sensation de « planer ») et la modification des perceptions et des sens (la vue, le toucher…) 

Les effets ressentis peuvent être plus ou moins intense d’une prise à une autre et peuvent varier en fonction de différents paramètres :  la morphologie de l’usager, ses habitudes de consommation, le dosage du produit, l’effet cumulatif de plusieurs drogues, l’effet cumulatif avec l’alcool, l’environnement… En fonction de la drogue et du consommateur, les effets peuvent durer quelques dizaines de minutes, voire plusieurs heures.

Liste d’exemples de drogues de synthèse

Photo-pilules-MDMA
Comprimés de MDMA © portokalis – stock.adobe.com

Parmi les drogues de synthèse les plus connues, il y a :

  • la méthamphétamine
  • l’amphétamine
  • l’ecstasy ou la MDMA
  • le GHB 
  • la kétamine
  • le PCP (phencyclidine)

Elles peuvent se présenter sous différentes formes en fonction du type de drogue : en poudre, en buvard, sous forme liquide, sous forme de cristaux

Drogues de synthèse classées selon leurs effets
Effets hallucinogènes/perturbateurs Effets dépresseurs Effets stimulants

Ecstasy (MDMA)

PCP (phencyclidine)

Kétamine

GHB

Métamphétamine

Amphétamine

Qu’est-ce qu’un nouveau produit de synthèse (NPS) ?

Parmi les drogues de synthèse, il y a les nouvelles drogues de synthèse ou les Nouveaux Produits de Synthèse (abrégés NPS) qui désignent en France des substances psychoactives qui ont pour vocation d’imiter les effets des drogues naturelles (cocaïne, cannabis) ou les effets des drogues de synthèse (MDMA, Amphétamines…). Elles sont fabriquées avec des dérivés de pétrole, d’acétone ou d’acides et sont « moins chères » que les drogues qu’elles imitent. Ces produits sont vendus sur Internet sous des noms qui paraissent inoffensifs comme « sels de bain », « engrais pour cactus », « encens », « mélange de plantes séchées » alors qu’ils sont généralement plus puissants, plus dangereux et plus addictogènes que les drogues imitées. « Ces appellations utilisées sur les sites de vente en ligne visent à masquer la réelle nature du produit pour contourner la législation sur les stupéfiants. Ils comportent généralement la mention « Not for human consumption » (impropre à la consommation humaine)« , précise le site Drogues Info Service. En effet, le fait de ne pas contenir les mêmes structures moléculaires que les drogues de synthèse leur permet de duper la législation sur les stupéfiants (la plupart des NPS n’ont pas de statut juridique clair et on connaît rarement leur composition exacte car leurs recettes sont très souvent modifiées), confirme l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives (OFDT). Les NPS sont classés en 8 familles (les 3 premières familles sont celles les plus répandues en France) :

  1. Les phénétylamines (exemple : le 2C-B)
  2. Les cannabinoïdes de synthèse (exemple : Buddha Blue ou le PTC)
  3. Les cathinones (exemple : la 3-MMC ou la 4-MEC dont les effets sont proches de la MDMA ou de la cocaïne)
  4. Les opioïdes de synthèse (exemples : les fentanyloïdes)
  5. Les tryptamines (exemples : la psilocine, psilocybine, DET, DMT)
  6. Les pipérazines (exemple : la BZP, la mCPP ou la TFMPP)
  7. Les benzodiazépines de synthèse
  8. Les arylcyclohexylamines/arylakylamines (exemple : la MXE)

Attention, les sites vendant ces nouvelles drogues de synthèse utilisent des serveurs hébergés dans des pays disposant de législations différentes […] « Par ailleurs, il ne faut jamais se fier aux informations sur la composition et les taux de pureté annoncés sur les sites de vente en ligne. En effet, la fabrication des drogues de synthèse n’est soumise à aucun contrôle. D’un lot à l’autre, des impuretés peuvent apparaître suite à une mauvaise synthèse et les pourcentages de produit actif peuvent être très différents. Parfois, la molécule commandée n’est même pas celle qui est livrée. Elle est remplacée par une autre molécule sans que l’usager en soit averti et sans qu’il en connaisse les effets et les risques », tient à avertir la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduits actives (MILDECA). L’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) a identifié quatre types de sites de vente en ligne problématiques :

  1. Les sites prétendument « commerciaux »,
  2. Les sites destinés à un public averti
  3. Les sites du  » deep web  » (réseaux cachés, non accessibles aux moteurs de recherche, avec des adresses confidentielles)
  4. Les sites de petites annonces et les réseaux sociaux qui servent de relais informationnels aux produits et aux sites

Les drogues de synthèse sont-elles légales en France ?

► Concernant les drogues de synthèse : elles sont considérées comme des stupéfiants et sont donc illégales en France (c’est aussi bien illégal d’en acheter que d’en consommer). En effet, le terme « stupéfiant » désigne ainsi toutes les drogues interdites, rappelle le site Drogue Info Service. En France, environ 200 substances psychoactives sont interdites. Pour interdire une substance, un arrêté est promulgué par le Ministre de la Santé, qui l’ajoute à la liste française des stupéfiants. En France, l’usage illicite de toute substance ou plante classée comme stupéfiant constitue un délit passible de peines pouvant atteindre jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende de 3 750 euros (art. L.3421-1 du CSP).

► Concernant les Nouveaux Produits de Synthèse : Le principal moyen de contrôle législatif des NPS demeure leur inscription sur la liste de toutes les substances classées comme stupéfiants en France. Cette liste en France est fixée par un arrêté du 22 février 1990, établie à partir des conventions internationales sur les stupéfiants de 1961 et 1971. Elle est régulièrement complétée depuis l’apparition des NPS. « La majorité des NPS consommés en France sont classés sur la liste des stupéfiants […] L’usage et le trafic des substances ou plantes classées comme stupéfiants sont prohibés, selon les termes de la loi du 31 décembre 1970, et le commerce à des fins pharmaceutiques ou industrielles est fortement régulé« , indique l’OFDT dans son rapport Drogues et addictions – Données essentielles de 2019. En théorie, tous les NPS sont illégaux en France. Mais pour échapper à la législation et aux radars des autorités, les fabricants changent les recettes, modifient les structures moléculaires et apposent des mentions « impropre à la consommation humaine » alors que ces produits ont clairement une vocation de drogues.   

Quels sont les risques et effets secondaires des drogues de synthèse ?

Une seule prise de drogues de synthèse peut déjà avoir des effets sur la santé et provoquer :

  • Nausées
  • Maux de tête
  • Perte de sensibilité
  • Hallucinations
  • Crises de panique
  • Convulsions
  • Risques respiratoires (avec insuffisance respiratoire, sensation d’étouffement)
  • Troubles de la mémoire
  • Paralysie
  • Hypertension
  • Forte fièvre
  • Troubles cardiaques
  • Sur le long terme : risques liés à la perte de poids (associé à l’absence de faim), insomnies chroniques, troubles de l’humeur, sensation d’épuisement, état dépressif, paranoïa, toxicité pour la plupart des organes du corps comme l’estomac, les reins, le cœur…
  • Le surdosage, qui peut survenir à chaque prise, même la première fois, et conduire au décès.

Comment se sortir d’une addiction aux drogues de synthèse ?

Comme pour toute dépendance à une drogue, un sevrage brutal et réalisé seul peut être très dangereux pour l’organisme. Il convient plutôt de faire appel à un spécialiste des addictions qui pourra proposer un traitement médicamenteux adapté, de faire une thérapie personnelle ou de participer à des discussions de groupe. Pour vous mettre en relation avec un spécialiste des addictions, dirigez-vous vers votre médecin traitant, une association (Association Addictions France, SOS Addictions, Groupe SOS…) ou un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

Sources :

– Drogues-info-service.fr

Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduits actives (MILDECA)

– Les drogues de synthèse, G.A.E Conseil, Experts des addictions en Entreprise

– Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives (OFDT)

– Société Française de Médecine d’Urgence

– Early Warning System on NPS, European Monitoring Centre For Drug and Drug Addiction

– Substances vénéneuses (Listes I et II, stupéfiants, psychotropes), Agence du médicament, ANSM, mise à jour le 30 août 2022. 


Source : JDF Santé