C'est quoi l'ostéoporose ? Peut-on en mourir ?

L’ostéoporose est une maladie des os qui se caractérise par la diminution de la densité de l’os et les modifications de sa micro-architecture. Autrement dit, l’os est plus fragile et le risque de fracture (vertébral, poignet, col du fémur…) augmente. Quels sont les symptômes ? Qu’est-ce qui provoque l’ostéoporose ? Est-ce grave ? Quelles conséquences ? Est-ce qu’on peut en guérir ? En mourir ?

Définition : c’est quoi l’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une maladie qui touche les os. Cette maladie diffuse du squelette est caractérisée par une diminution de la densité osseuse et des altérations de la micro-architecture des os, peut-on lire sur le site de l’Assurance maladie. Cette maladie expose à un risque plus élevé de fracture. On constate généralement une perte osseuse accompagnée d’une fragilité, le plus souvent causée par un déséquilibre entre la formation de l’os et sa résorption. Cette perte de densité osseuse s’accompagne d’une modification de l’architecture osseuse globale. 

Quels sont les chiffres de l’ostéoporose en France ?

Elle touche près de 40% des femmes et 8% des homme. Un tiers des femmes concernées risque d’être victime d’une fracture secondaire à l’ostéoporose, et ceci dès 50 ans.

Quelles sont les causes de l’ostéoporose ?

Toutes les femmes ne sont pas atteintes d’une ostéoporose.

L’ostéoporose est le plus souvent causée par les changements hormonaux de la ménopause et de l’andropause chez l’homme. La baisse des œstrogènes et de la testostérone entraîne une augmentation de la vitesse du remodelage osseux à l’origine de la perte osseuse conduisant à cette fragilité. Pour autant, toutes les femmes ne sont pas atteintes d’une ostéoporose. Le risque de voir survenir cette pathologie dépend de nombreuses prédispositions. Jusqu’à environ 45 ans, les activités de résorption et de formation s’équilibrent et permettent le renouvellement de la structure osseuse. Avec le vieillissement, tant chez la femme que chez l’homme, il y a une diminution « naturelle » de la masse osseuse. Chez certaines personnes, cette perte de masse osseuse est sans conséquences graves. Chez d’autres, l’accélération anormale de la résorption osseuse non compensée par une formation osseuse suffisante conduit à une perte excessive de la masse osseuse et de sa résistance. Une ostéoporose apparaît.

Schéma du mécanisme de l'ostéporose
Schéma du mécanisme de l’ostéporose © rob3000 – 123RF

Quels sont les facteurs de risque de l’ostéoporose ?

Les antécédents d’ostéoporose dans la famille, notamment chez la mère, ou la minceur sont des facteurs de risque d’ostéoporose, de même qu’une puberté tardive, une ménopause précoce ou chirurgicale, une faible activité physique et un faible apport en calcium et en vitamine D. Une consommation importante d’alcool et de café aggrave le risque d’ostéoporose, tout comme la prise de certains médicaments (corticoïdes, hormones thyroïdiennes, héparine), et certaines maladies endocriniennes, comme l’hyperthyroïdie, lorsque leur traitement est tardif.

os ostéoporose
Schéma d’os atteint d’ostéoporose © 123RF-Alexey Kazakov

Quels sont les symptômes de l’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une maladie qui passe souvent inaperçue car elle ne provoque parfois aucune manifestation ni aucune douleur et elle n’est découverte qu’à l’occasion d’une fracture.

Les signes d’ostéoporose sont notamment les suivants :

  • Perte de taille de quelques centimètres
  • Fracture en dehors d’un choc violent à partir de la cinquantaine 
  • Scoliose ou cyphose 
  • Douleurs vertébrales violentes, difficultés à effectuer certains gestes de la vie quotidienne.

Quelles sont les conséquences de l’ostéoporose ?

Le risque majeur de l’ostéoporose est le sur-risque de fractures ostéoporotiques (fractures de fragilité) qui est d’autant plus important que la personne est âgée. Les fractures observées au cours de l’ostéoporose sont généralement de 3 types :

  • les fractures du poignet,
  • les fractures du col du fémur,
  • les fractures de la colonne vertébrale (des vertèbres).

Les fractures peuvent causer des douleurs ainsi qu’une perte d’autonomie particulièrement invalidante dans la vie quotidienne mais aussi une perte de confiance en soi.

Comment pose-t-on le diagnostic de l’ostéoporose ?

L’apparition de ces manifestations nécessite d’en parler à son médecin qui envisagera d’effectuer une ostéodensitométrie pour évaluer la quantité d’os déminéralisé. Cet examen permet un diagnostic précoce de l’ostéoporose, afin de mettre rapidement en œuvre un traitement et des mesures de prévention. Il permet également de surveiller l’évolution de l’ostéoporose. Avant de commencer un traitement contre l’ostéoporose, la Densité Minérale Osseuse (DMO) doit être mesurée par l’ostéodensitométrie qui quantifie la perte osseuse par le T-score. Plus il diminue, entre -1 et -4, plus le risque de facture augmente.

Quel traitement pour soigner l’ostéoporose ?

Des règles d’hygiène de vie permettent de diminuer les risques de voir survenir une ostéoporose ou d’en diminuer les manifestations. L’activité physique permet de préserver le capital osseux, quel que soit l’âge, en augmentant la fixation du calcium et éviter ainsi la déminéralisation osseuse. Dans certains cas, un traitement peut être proposé pour limiter le risque de fracture. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé en janvier 2023 :

Les médicaments utilisés en 1ère intention sont les bisphosphonates, le raloxifène, le romosozumab et le tériparatide. Les bisphosphonates se différencient entre eux notamment par leur tolérance, leur rythme et leur voie d’administration.

Le dénosumab est un traitement de 2e  intention en relais des bisphosphonates chez les patientes ménopausées à risque élevé de fracture.

Le raloxifène est réservé aux sujets à faible risque de fracture périphérique.

Le romosozumab est à utiliser uniquement chez les patientes ménopausées d’âge < 75 ans atteintes d’ostéoporose sévère, avec un antécédent de fracture sévère et en l’absence d’antécédent de coronaropathie (incluant les revascularisations et hospitalisations pour angor instable).

Le tériparatide est utilisé uniquement chez les patients ayant au moins 2 fractures vertébrales.

Avant d’instaurer un traitement, il convient :

  • de corriger une éventuelle carence en calcium et/ou en vitamine D ;
  • de rappeler l’importance du sevrage tabagique ;
  • de rappeler l’importance de l’exercice physique et de la prévention des chutes.

Quelle alimentation pour prévenir l’ostéoporose ?

La prévention de l’ostéoporose passe par une fois atteint l’âge adulte :

  • une alimentation peu salée,
  • un bon apport en vitamine D (poissons gras, foie)
  • une limitation des apports en protéines animales .
  • une consommation régulière de lait, de fromages, de yaourts ou de fromage blanc.
  • une consommation régulière de végétaux, également source de polyphénols, dont les effets sur la trame osseuse sont de plus en plus reconnus.

Quand se supplémenter en calcium et en vitamine D ?

Un apport en calcium et vitamine D suffisant doit être assuré, en particulier chez le sujet jeune, en pleine période de constitution de la masse osseuse. Une supplémentation en calcium et/ou vitamine D est parfois nécessaire en cas de carence en calcium et/ou vitamine D avérée.

Le calcium participe à la construction et au maintien de la masse osseuse. Les produits laitiers apportent naturellement du calcium. Les recommandations sont actuellement de 2 produits laitiers par jour, ce qui correspond par exemple à un yaourt nature et un morceau de fromage ou du fromage râpé sur les pâtes, gratins et quiches… Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est 3 ou 4 produits laitiers qu’il est recommandé de consommer. Un verre de lait est équivalent à 20 grammes de fromage ou à 1 yaourt de 125 grammes. Une supplémentation en calcium est nécessaire en cas de carence, mais elle est inutile chez les sujets non carencés. Le plus souvent, dans la population générale, il n’y a pas de carence d’apport calcique, mais une carence en vitamine D. Lorsque la carence en calcium est présente et à l’origine d’une perte de la masse osseuse, l’apport de calcium seul ne suffit pas, il est nécessaire également d’apporter de la vitamine D.

La vitamine D favorise l’assimilation et la fixation du calcium sur l’os. Elle augmente les possibilités de l’organisme à absorber le calcium des aliments. Elle est synthétisée essentiellement par le corps grâce à l’action du soleil sur la peau. Les femmes enceintes manquent souvent de vitamine D notamment en fin de grossesse et en hiver. La vitamine D est naturellement présente dans les poissons gras, les œufs, le foie et dans les produits laitiers. Les sujets âgés, dont beaucoup ne bénéficient que d’une faible exposition solaire manquent souvent de vitamine D. Une supplémentation en vitamine D est donc souvent utile sur ce terrain, notamment chez les sujets vivant en institution.

Peut-on mourir d’ostéoporose ?

L’ostéoporose n’est pas une maladie mortelle mais elle diminue fortement l’espérance de vie en raison, notamment, des conséquences des fractures qui peuvent altérer la qualité de vie. « Plutôt que d’attendre les conséquences de l’ostéoporose, mieux vaut la prévenir très tôt en renforçant son ossature grâce à une activité physique régulière et à une alimentation équilibrée riche en calcium et en vitamine D » conseille le Dr Claire Lewandowski, médecin spécialisée en médecine générale.

Source : Les médicaments de l’ostéoporose, HAS, mise à jour le 24 janvier 2023


Source : JDF Santé