Bactérie E.coli : 75 intoxications en France, symptôme, traitements

[Mise à jour le 31 mars 2022 à 09h32] La bactérie E.coli ou Escherichia Coli est présente dans l’intestin de l’homme et de certains animaux. Certaines souches dangereuses peuvent se retrouver dans l’alimentation et entraîner des infections intestinales et/ou urinaires. Avec parfois des graves complications qui caractérisent le « syndrome hémolytique et urémique » (SHU). Depuis le 1er janvier 2022, les autorités françaises mènent des investigations sur des cas graves de SHU en France. Les analyses épidémiologiques, microbiologiques et de traçabilité ont confirmé un lien entre plusieurs cas et la consommation de pizzas surgelées de la gamme Fraîch’Up de la marque Buitoni contaminées par des bactéries Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines. Au 28 mars 2022, selon Santé Publique France, 75 cas sont en cours d’investigation, dont 41 cas de SHU présentant des caractéristiques similaires, ont été identifiés, soit 14 cas de plus par rapport au dernier point de situation du 17 mars. 34 cas supplémentaires sont en cours d’investigation. Ces 75 cas sont survenus dans 12 régions de France métropolitaine : Hauts-de-France (16 cas), Nouvelle Aquitaine (11 cas), Pays de la Loire (10 cas), Ile-de-France (9 cas), Bretagne (7 cas), Grand Est (5 cas), Auvergne-Rhône-Alpes (4 cas), Centre Val-de-Loire (4 cas), Provence-Alpes-Côte d’Azur (3 cas), Bourgogne Franche-Comté (2 cas), Normandie (2 cas) et Occitanie (2 cas). Les enfants malades sont âgés de 1 à 18 ans avec un âge médian de 7 ans. Deux enfants sont décédés. Symptômes, que faire, traitements : tout savoir sur cette bactérie.

C’est quoi la bactérie E.coli ?

Escherichia Coli ou « E.coli » est une bactérie présente dans l’intestin des êtres humains et de certains animaux, en particulier des ruminants. Utile, elle empêche d’autres bactéries de coloniser la flore intestinale et d’engendrer des maladies. Lorsqu’elles sont dans l’intestin, la majorité de ses souches sont inoffensives et ne provoquent aucun symptôme. Certaines sont en revanche pathogènes et provoquent des troubles intestinaux. La bactérie E. coli peut être à l’origine d’infections urinaires (cystites). Celles-ci touchent surtout les femmes en raison de leur anatomie. En effet, chez la femme, l’anus se trouve à proximité des voies urinaires, qui sont donc facilement colonisables par les bactéries. Dans des cas rares, la bactérie peut infecter d’autres organes tels que la vésicule biliaire. Elle peut aussi causer des méningites chez le nouveau-né.

Comment on attrape la bactérie Escherichia Coli ?

La contamination des intestins se fait par voie oro-fécale. La transmission à l’Homme se fait souvent via de la viande contaminée et mangée crue ou pas assez cuite. La consommation de fruits et légumes lavés avec de l’eau contaminée, de lait cru, ou une baignade dans une eau souillée par exemple, peuvent aussi être à l’origine de ces infections. « On associe un nombre croissant de flambées à la consommation de fruits et de légumes (graines germées, épinards, laitues, chou cru, salades) pour lesquels la contamination pourrait être due à un contact avec des matières fécales d’animaux domestiques ou sauvages à un stade ou à un autre de la culture ou de la manipulation » rapporte par ailleurs l’OMS.

Quelle est la durée d’incubation ?

La période d’incubation va de 3 à 8 jours avec une durée médiane de 3 à 4 jours.

Quels sont les symptômes d’une infection à E.coli ?

Lorsqu’elle est ingérée, elle peut provoquer des infections intestinales et donc des diarrhées. Celles-ci peuvent parfois être sanglantes, associées à de la fièvre, des vomissements, des douleurs abdominales, une déshydratation (les symptômes classiques de la gastro-entérite). Le délai d’incubation est de 4 jours en moyenne. Les infections urinaires quant à elles peuvent se manifester par une envie fréquente d’uriner, une douleur en bas du ventre, une brûlure au moment d’uriner et la présence de sang dans les urines.

Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique ?

La plupart des patients guérissent d’une infection à l’Escherichia Coli en 10 jours mais pour certains l’infection peut évoluer vers une forme grave potentiellement mortelle, comme le syndrome hémolytique et urémique (SHU). Celui-ci se caractérise par une insuffisance rénale aiguë, une anémie hémolytique et une thrombopénie (baisse des plaquettes). 

Comment diagnostiquer l’E.Coli ? Dans les urines ?

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique (manifestations et symptômes de la maladie, aspect des selles), un examen cytobactériologique des urines, si infection urinaire (ECBU) (il est conseillé de bien appliquer les règles de désinfection préalable du méat urétral et de recueillir que le « milieu de jet » pas le premier), une numération formule sanguine, un ionogramme sanguin, les taux d’urée et de créatinine (atteinte rénale) et éventuellement une hémoculture en présence de fièvre. La coproculture (analyse de selle) est utile en cas de diarrhées persistantes.

Quels sont les traitements contre la bactérie Escherichia coli ?

► En cas d’infection intestinale : La déshydratation liée aux diarrhées et vomissements peut-être très importante, en particulier chez le nourrisson et la personne âgée. C’est pourquoi, dans la majorité des cas, l’unique traitement consiste à boire beaucoup d’eau. Si les symptômes touchent une personne fragile (enfant, personne âgée, malade chronique), s’ils comprennent une diarrhée sanglante ou s’ils durent plus de deux jours, consultez un médecin. Celui-ci pourra prescrire des antibiotiques s’il le juge nécessaire. « E.coli fait partie de l’équilibre du microbiote intestinal et la prescription d’antibiotique ne doit en aucun cas être systématique en raison du risque de perturbation du microbiote, à l’origine de nombreuses pathologies« , conseille toutefois le Dr Anne-Christine Della Valle, médecin généraliste.

► En cas d’infection urinaire : Consultez votre médecin dès les premiers symptômes, il pourra vous prescrire des antibiotiques et/ou vous donner des conseils pour la faire disparaître. Le traitement recommandé pour les cystites non compliquées de la femme jeune à E. coli est la fosfomycine par voie orale en prise unique ( » traitement minute « ). La résistance acquise à la fosfomycine reste rare, malgré un usage fréquent. Ceci permet de réduire l’usage des quinolones et des céphalosporines qui sélectionnent des souches résistantes à ces antibiotiques utiles dans le traitement des infections sévères. Le traitement des pyélonéphrites et des bactériémies fait appel aux céphalosporines de 3ème génération, aux aminosides ou aux fluoroquinolones. Le traitement de la méningite néonatale repose sur l’association d’une céphalosporine de 3ème génération IV à forte doses (doses méningées) et d’un aminoside.

Quels aliments éviter pour prévenir l’infection E.coli ?

Dans le cadre de la prévention du syndrome hémolytique et urémique de l’enfant, deux catégories d’aliments sont notamment en cause : les viandes hachées et les produits à base de lait cru. Pour éviter une infection alimentaire grave, selon les recommandations du ministère de la Santé

  • La viande hachée par le boucher à la demande doit être consommée dans la journée, et les steaks hachés surgelés ne doivent pas avoir subi une rupture de la chaine du froid ou une décongélation.
  • La cuisson des viandes, et surtout de la viande hachée de bœuf, doit être effectuée à cœur. Pour cela, il faut s’assurer que la viande est cuite au centre et qu’elle n’est plus rosée.
  • Le lait cru et les fromages à base de lait cru ne doivent pas être consommés par les jeunes enfants et en particulier ceux de moins de 5 ans ; préférer les fromages à pâte pressée cuite (type Emmental, Comté, etc.), les fromages fondus à tartiner et les fromages au lait pasteurisé.
  • Le lavage des mains doit être systématique avant la préparation des repas, en sortant des toilettes ou après avoir changé les couches d’un nourrisson.
  • Les légumes, les fruits et les herbes aromatiques doivent être soigneusement lavés, particulièrement lorsqu’ils sont consommés crus.
  • Les plats cuisinés et les restes alimentaires doivent être suffisamment réchauffés et consommés rapidement.
  • Les enfants ne doivent pas boire d’eau non traitée (eau de puits…)
  • La conservation des aliments crus doit se faire séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés.
  • Les ustensiles de cuisine et le plan de travail doivent être soigneusement lavés, en particulier lorsqu’ils ont été en contact préalablement avec de la viande crue.

Pour éviter les infections urinaires, il est recommandé de boire 1,5L d’eau au minimum par jour, de s’essuyer d’avant en arrière après la selle, et d’uriner juste avant et après chaque rapport sexuel.

Merci au Dr Anne-Christine Della Valle, médecin généraliste.

Source : Escherichia coli/ Shigelle. SFM-Microbiologie.org


Source : JDF Santé