4ème dose de vaccin Covid : pas de généralisation en France

Le rappel vaccinal (2e, 3e ou 4e dose) permet de rebooster le système immunitaire et de limiter les formes graves d’une infection au coronavirus. En France, seuls les patients sévèrement immunodéprimés, doivent effectuer quatre doses de vaccin contre le Covid-19 conformément à l’avis du Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale (COSV) de novembre 2021. Et la généralisation à toute la population ne semble pas d’actualité. « Le Conseil considère que les données disponibles n’appellent pas actuellement à la mise en place d’un second rappel vaccinal [quatrième dose], une seconde dose de rappel vaccinal n’apporterait en effet pas de bénéfice individuel significatif » a tranché le COSV dans un avis publié mercredi 26 janvier. « Sur le plan épidémiologique, la bonne conduite des campagnes de primo-vaccination et de rappel vaccinal apporterait des effets supérieurs à la mise en place d’une seconde dose de rappel,«  a-t-il défendu. La 4ème dose « n’est pas nécessaire. Ils (le reste de la population) en auront besoin dans quatre ou six mois s’ils n’ont pas attrapé le Covid entre-temps« , avait estimé dans le même sens l’infectiologue Eric Caumes le 14 janvier sur Europe 1. Israël, Hongrie et Chili ont commencé à administrer une quatrième dose de vaccin anti Covid à leurs populations. Une étude de l’hôpital Sheba en Israël, qui doit se prolonger sur 6 mois, a révélé que la quatrième dose multipliait par cinq les anticorps des participants mais n’était que partiellement efficace contre le variant Omicron. « De nombreuses personnes infectées par Omicron ont reçu la quatrième dose, l’essentiel est que le vaccin est excellent contre Alpha et Delta mais pour Omicron, il n’est pas assez bon » a précisé la professeure Gili Regev-Yochay, experte en maladies infectieuses qui dirige cette étude. Qui doit faire 4 doses en France ? Combien de temps après la troisième injection ? Avec quel vaccin ? Pfizer ou Moderna ? Quelle est la situation en Israël ?

Qui doit faire une 4ème dose de vaccin en France ?

Aujourd’hui, en France, les patients sévèrement immunodéprimés, doivent effectuer une 4ème dose de vaccin contre le Covid-19. « Pour les personnes très immunodéprimées, on est déjà à la 4ème dose depuis un bon moment » rappelait le Pr Alain Fisher, président du COSV, le 3 janvier sur BFM-TV. Conformément à l’avis du COSV de novembre, les personnes sévèrement immunodéprimées concernées par la 4ème dose sont :

  • personnes transplantés d’organes solides,
  • personnes transplantés récents de moelle osseuse,
  • patients dialysés,
  • patients atteints de maladies auto-immunes sous traitement immunosuppresseur agressif de type anti-CD20 ou anti-métabolites,
  • patients atteints de certains types de lymphomes traités par anti-CD20 ou inhibiteurs de BTK,
  • patients atteints de leucémie lymphoïde chronique,
  • patients atteints de formes rares de déficits immunitaires primitifs,
  • myélomes sous traitement

Demain, une 4ème dose pour tous ?

« Le Conseil [d’orientation de la stratégie vaccinale) considère que les données disponibles n’appellent pas actuellement à la mise en place d’un second rappel vaccinal [quatrième dose], une seconde dose de rappel vaccinal n’apporterait en effet pas de bénéfice individuel significatif » a tranché le COSV dans un avis publié le mercredi 26 janvier. « Le COSV note toutefois qu’il convient de maintenir une surveillance attentive de l’évolution de la courbe des hospitalisations des personnes âgées de 80 ans ou plus ayant reçu leur premier rappel vaccinal. Si la légère hausse du nombre d’hospitalisations, débutée en décembre venait à se poursuivre au cours des prochaines semaines, le COSV pourrait recommander l’administration systématique d’un second rappel vaccinal pour ces personnes. A
l’heure actuelle, ce signal ne semble toutefois pas suffisant pour émettre une telle recommandation ».
Le COSV a toutefois déclaré que sa position pourrait évoluer en fonction de la parution de nouvelles données scientifiques. « Si une 4e injection permet de protéger les plus fragiles vis-à-vis du risque de formes graves, nous la ferons« , avait défendu Olivier Véran sur LCI le 25 janvier. « Si en revanche elle n’est pas nécessaire, nous ne le ferons pas« , avait-il ajouté.

Qu’en disent les laboratoires de production des vaccins ? Stéphane Bancel, PDG de Moderna, avait assuré, lors d’une conférence de presse le 6 janvier qu’une 4e dose de vaccin anti-Covid sera très probablement nécessaire : « Je crois toujours que nous aurons besoin de boosters à l’automne 2022 et au-delà. » Albert Bourla, PDG de Pfizer, a déclaré sur BFM-TV lundi 17 janvier : « Pour le moment, il est important d’avoir trois doses pour une vaccination complète, peut-être une quatrième dose un peu plus tard pour la population générale avec quelques exceptions pour les personnes immunodéprimées. Nous sommes en train de tester la quatrième dose mais nous n’avons pas encore de données. Au mois de mars, nous aurons les données sur l’efficacité d’une quatrième dose. »

Quelle est l’efficacité de la 4ème dose ?

« Sur le plan épidémiologique, la bonne conduite des campagnes de primo-vaccination et de rappel vaccinal apporterait des effets
supérieurs à la mise en place d’une seconde dose de rappel (4e dose, ndlr)
« 
a défendu le COSV dans son avis. « Des études en vie réelle ont démontré une relative efficacité du [premier} rappel vaccinal face au variant Omicron en ce qui concerne l’infection, bien que cette protection soit inférieure à celle conférée contre le variant Delta. Une étude britannique suggère également que le rappel permet de maintenir une bonne protection contre les formes sévères: trois doses de vaccination réduit le risque d’hospitalisation de 68% en comparaison aux non-vaccinés, et offre une protection de 88% [78%-93%] contre l’hospitalisation due à Omicron. En France, les données d’hospitalisation, d’admission en soins critiques et de décès de la DREES suggèrent également que le rappel protégerait efficacement contre les formes sévères, bien que la protection soit inférieure contre le variant Omicron par rapport à celle contre le variant delta » a précisé le COSV. « Les immunités ‘hybrides’ (vaccin et infection) confèrent également de meilleures capacités de neutralisation. Or, face à la très forte circulation virale actuelle, il est très probable que la part de la population disposant d’une immunité hybride soit en augmentation » indique encore le COSV. Selon les premiers résultats d’une étude menée à l’hôpital Sheba de Tel Aviv initiée fin décembre 2021, l’administration d’une quatrième dose de vaccin contre le Covid-19 permettrait de multiplier par 5 les anticorps une semaine après l’injection mais n’était que partiellement efficace contre le variant Omicron. « De nombreuses personnes infectées par Omicron ont reçu la quatrième dose, l’essentiel est que le vaccin est excellent contre Alpha et Delta mais pour Omicron, il n’est pas assez bon » a précisé la professeure Gili Regev-Yochay, experte en maladies infectieuses qui dirige cette étude. 

Quel est le délai pour faire sa 4ème dose ?

Chez les personnes immunodéprimées, la quatrième dose de vaccin contre le coronavirus fait partie de leur schéma complet de primo-vaccination. Ils peuvent ensuite faire un rappel sur avis médical. Comme le rappelle le COSV en novembre 2021, la troisième dose (D3) et la quatrième dose (D4) se distinguent d’un rappel en ce qu’elles sont effectuées un mois après la dernière dose, contrairement au rappel qui lui est effectué au moins près 3 mois.

Moderna ou Pfizer : quel vaccin pour la 4ème dose ?

La dose de rappel vaccinal pour les personnes immunodéprimées se fait uniquement avec un vaccin à ARNm, soit Pfizer (dosage à 30 µg) ou Moderna (dosage à 50 µg) quel(s) que soi(en)t le ou les vaccins utilisés précédemment selon le COSV. Le vaccin Pfizer est le seul à être recommandé pour les personnes âgées de moins de 30 ans.

Quels résultats en Israël ?

Israël a commencé le 3 janvier 2022 à injecter une quatrième dose « aux personnes âgées de 60 ans et plus, au personnel médical et aux employés des établissements de santé et de protection social« , en plus des personnes immunodéprimées concernées depuis le 31 décembre selon le ministère de la Santé du pays. Selon Zvika Granot, immunologue israélien à l’Université hébraïque de Jérusalem cité dans l’avis du COSV du 26 janvier, « l’initiative de commencer une campagne de quatrième dose [en israël] n’est basée sur aucun essai clinique. Il n’y a aucune garantie que cela soit sans danger« . « Elle est ouverte aux plus fragiles, mais elle n’est pas nécessairement recommandée (…). On n’a pas suffisamment de données en ce qui concerne l’efficacité et la sûreté de cette quatrième dose« , a admis Cyrille Cohen, immunologue à l’université Bar-Ilan de Tel-Aviv (Israël), auprès de franceinfo, le 3 janvier 2022. L’équipe de l’hôpital Sheba a initié un essai clinique prévu sur 6 mois, vaccinant 154 soignants avec une quatrième dose Pfizer et 120 autres volontaires avec une quatrième dose Moderna. Ils avaient tous reçu une troisième dose il y a plus de quatre mois et la quantité de leur anticorps semblait avoir décru. L’hôpital a indiqué qu’une semaine après le début de l’essai clinique, les anticorps des participants avaient été multipliés par cinq. « Cependant, nous constatons que de nombreuses personnes infectées par Omicron ont reçu la quatrième dose. Certes, un peu moins mais quand même beaucoup d’infections » a précisé la professeure Gili Regev-Yochay, experte en maladies infectieuses qui dirige cette étude. Selon la professeure, « l’essentiel est que le vaccin est excellent contre Alpha et Delta mais pour Omicron, il n’est pas assez bon. »

Sources :

Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale Recommandations pour la protection des personnes sévèrement immunodéprimées contre le Covid-19 (Vaccination et prophylaxie primaire) – 19 novembre 2021

Lancement de la campagne de rappel vaccinal contre la Covid-19 pour les populations prioritaires- DGS- 27 août 2021

Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale Avis du 19 août 2021 – Délai minimal entre la primo-vaccination et le rappel de vaccination

Source : JDF Santé